Citation

Critiquer et combattre les religions est et restera toujours pour les incrédules non seulement un droit inaliénable, mais un devoir impérieux tant que ces religions resteront oppressives.Et elles ne peuvent mieux les inciter à le faire qu'en osant invoquer les droits de l'Homme au secours de Dieu qu'en osant se réclamer des Lumières pour défendre l'obscurantisme , qu'en osant brandir l'étendard de la tolérance contre le libre examen et qu'en osant prétendre lutter contre le racisme quand elles cherchent à perpétuer l'asservissement .

René Pommier
Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 08:52
Lundi 28 Mai 2012


Jacques Sapir - Economiste


Tollé général après les propos tenus par Christine Lagarde sur la Grèce, ce week-end. L'économiste Jacques Sapir démontre que les Grecs payent davantage leurs impôts que ce qui est raconté et que c'est l'investissement et les taux d'intérêt sur la dette qui asphyxient le pays.


(Oli Scarff/AP/SIPA)
(Oli Scarff/AP/SIPA)
Madame Christine Lagarde, ci-devant responsable du FMI et ancienne ministre des Finances de la République française, est décidément fâchée avec les chiffres. Elle a une excuse, elle n’est pas la seule !

En effet, contrairement aux idées reçues, et à ce qu’affirment tant les dirigeants allemands que Mme Christine Lagarde, les impôts représentent une part non négligeable de la richesse intérieure grecque. Il est donc parfaitement faux de dire que les Grecs ne payent pas d’impôts, même si on peut supposer que l’assiette fiscale est injuste et mal répartie et que certains contribuables fraudent de manière conséquente.

Importance des prélèvements fiscaux en Grèce


  2007 2008 2009 2010 2011
Part des recettes en % du PIB 40,8% 40,7% 38,2% 39,7% 40,9%
Montant brut des recettes en milliards d’Euros 90,91 94,83 88,60 90,25 88,07
Charge des intérêts en milliards d’Euros   11,94 11,92 13,19 15,03
Intérêts en pourcentage du PIB   5,1% 5,1% 5,8% 6,99%
Déficit budgétaire en % du PIB   -9,8% -15,6% -10,3% -9,1%
Déficit hors charge des intérêts   -4,7% -10,5% -4,5% -2,1%

Source : ELSTAT (Hellenical Statistical Authority), Fiscal data for the years 2008-2011 et Fiscal data for the years 2007-2010, Press release, 23 avril 2012 et 17 octobre 2011, Athènes.


Si l’on fait exception de l’année 2009 où il y a eu, effectivement, une importante dérive des comptes publics dans l’année électorale, on voit qu'une part majeure, et en 2011 absolument décisive, du déficit budgétaire grec est provoqué par la charge des intérêts de la dette. Plutôt que de chercher à culpabiliser la population grecque, Madame Lagarde ferait mieux de s’attaquer aux effets des intérêts de la dette.
 
D’ailleurs, la contraction rapide du PIB, provoquée par le mémorandum qu’elle défend avec autant d’obstination que de mauvaise fois, joue elle aussi un rôle très néfaste dans l’aggravation de la situation économique de la Grèce. Les politiques d’austérité mises en œuvre depuis le début de 2010 ont en effet provoqué une contraction importante du PIB qui a accru le poids nominal de la dette et par là même le poids des intérêts. Pire encore, ces politiques ont provoqué un effondrement de l’investissement productif, ce qui empêche l’économie grecque de retrouver un dynamisme et une compétitivité mise à mal dans les années précédentes.

Impact de la crise sur les investissements

Grèce : pourquoi Christine Lagarde a tout faux


Pourtant, on constate un frémissement du commerce extérieur de la Grèce. La baisse autoritaire des salaires et le compression de la demande ont provoqué un accroissement des exportations et une baisse des importations.
 

Mouvements de la balance commerciale grecque


  2007 2008 2009 2010 2011
Exports en % du PIB 26,8% 27,5% 21,5% 24,4% 27,3%
Imports en % du PIB 42,2% 43,8% 34,2% 34,4% 35,7%
Balance commerciale en % du PIB -15,4% -16,4% -12,7% -10,1% -8,5%

Source : ELSTAT, base de données du commerce international.
 


Ceci montre que l’élasticité des exportations aux coûts internes est très forte contrairement à ce qui est affirmé tant hors de Grèce (par Patrick Artus de Natixis par exemple) que parfois même en Grèce. En cas d’une sortie de l’Euro, une importante dévaluation serait très probablement en mesure de rétablir l’équilibre de la balance commerciale. Cette dévaluation  pourrait faire baisser les importations de 4% à 5% (en partie par une substitution des produits locaux aux produits importés) tandis que les exportations pourraient continuer de progresser de 4% à 5%.
 
On voit bien alors que la situation de la Grèce est loin d’être sans issue. Au sein de l’Euro, si la Troïka (et le FMI) acceptait de sacrifier les intérêts de la dette pendant une période de 5 années et se mettait d’accord sur un plan d’investissement à hauteur de 15 milliards d’euros par an, il est parfaitement concevable que la Grèce puisse récupérer de son déficit de compétitivité. Hors de l’Euro, si la Grèce se décide à répudier sa dette, et décide de financer son déficit résiduel (2% du PIB) par des avances de la Banque Centrale, elle ne devrait pas connaître de mouvements inflationnistes excessifs, et la dévaluation de la Drachme est à même de reconstituer la compétitivité externe du pays.
 
Il convient donc de soutenir ceux qui en Grèce exigent une renégociation du Mémorandum visant à la fois un allègement des charges d’intérêts et des investissements dans l’économie grecque comme préalable à tout nouvel effort. Mais il convient aussi de garder en mémoire qu’une politique de rupture, une répudiation de la dette et une dévaluation de 50%, est parfaitement possible pour la Grèce si les négociations devaient échouer.
Article paru sur le site :
http://www.marianne2.fr/Grece-pourquoi-Christine-Lagarde-a-tout-faux_a219106.html
Par laique - Publié dans : Crise financière et économique
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 10:42

par Reza Hiwa mercredi 16 mai 2012

 

 

Il n'y a aucun exemple d'une grande économie – et celle d’Europe est la plus grande au monde – qui se redresse par l'austérité.

L'obstination de ses dirigeants dans l'ignorance des leçons du passé est criminelle.

Depuis des décennies les dirigeants de la finance et leur employés au pouvoir nous répètent que leur stratégie économique est le seul choix possible et ceux qui si opposent sont des extrémistes. Ce fut une des plus grandes manipulations de masse en temps de notre Histoire contemporaine. Qualifier d'extrémiste M. Stiglitz, le conseiller économique du Président Bill Clinton, serait de l'extrémisme ! L'austérité n'est pas une fatalité !

Le choix des caractères en gras est le mien.

Bonne lecture !

l'Europe : après l'austérité

Joseph E Stiglitz
Professeur à l'Université de Columbia et Prix Nobel de l'économie

New York,

Il était évident lors de la réunion annuelle du Fonds monétaire international de cette année qu'en politique économique l'Europe et la communauté internationale naviguent à vue. Les leaders de la finance, des ministres jusqu'aux dirigeants des établissements de finance privés, ne faisaient qu'ânonner le mantra dominant : les pays en crise doivent mettre de l'ordre chez eux, réduire leurs déficits, alléger leurs dettes, opérer des réformes structurelles, et promouvoir la croissance.

Et de réitérer : il faut rétablir la confiance.

C'est un peu irritant d'entendre pontifier ainsi ceux qui, à la tête de banques centrales, ministères des finances et banques privées, ont conduit le système financier mondial au bord de la ruine et entraîné le chaos actuel. Pis encore, ils n'expliquent pas comment résoudre la quadrature du cercle. Comment rétablir la confiance lorsque les économies plongent dans la récession ? Comment raviver la croissance quand l'austérité réduira sans doute davantage la demande globale, en faisant encore baisser la production et l'emploi ?

On devrait savoir maintenant que les marchés ne sont pas stables. Non seulement ils produisent sans cesse des bulles qui les déstabilisent en gonflant les avoirs mais, quand la demande faiblit, ce sont les mêmes qui créent les forces qui aggravent la baisse. Le chômage et la peur de sa progression, font chuter les salaires, les revenus, et la consommation, et par conséquence la demande globale. Il y a de moins en moins de jeunes ménages – en Amérique, par exemple, des jeunes retournent de plus en plus vivre chez leurs parents – ce qui comprime le prix de l'immobilier et aggrave encore les saisies1. Les états avec un cadre budgétaire équilibré se voient forcés de réduire leurs dépenses alors que la recette fiscale diminue – un facteur déstabilisant automatique, que l'Europe bêtement semble décidé à adopter.

Il existe des stratégies alternatives. Certains pays comme l'Allemagne, peuvent se permettre des manœuvres fiscales. Les utiliser pour relancer l'investissement ferait accroître la croissance à long terme, avec des conséquences positives pour le reste de l'Europe. Un principe bien connu est que l'augmentation équilibrée des impôts et des dépenses stimule l'économie. Si le programme est bien défini (impôts sur les hauts revenus, accompagnés des dépenses pour l'éducation), la croissance du PIB et de l'emploi peut être significative.

La fiscalité de l’Europe dans sa totalité n'est pas en mauvais état ; le ratio endettement-PIB, comparé à celui des États Unis, est favorable. Si chacun des états là-bas était responsable de son propre budget, y compris toutes les allocations-chômage, les États Unis aussi connaîtraient une crise fiscale. La leçon est évidente : le tout est plus grand que la somme des parties. Si l’Europe, en particulier la Banque centrale européenne, devait emprunter pour re-prêter, le coût de la dette baisserait en Europe, créant ainsi une marge pour le genre de dépenses propre à promouvoir la croissance et l'emploi.

Il existe déjà des institutions en Europe, comme la Banque d'investissement européenne, qui pourraient financer des investissements dans des économies en manque de liquidité. La BIE devrait augmenter ses prêts. Il faudrait davantage de fonds pour soutenir les petites et moyennes entreprises, source majeure de création d'emploi dans toutes les économies. Ceci est de première importance, étant donné que la contraction des prêts bancairses frappe particulièrement ces entreprises.

L'obsession en Europe de l'austérité est le résultat d'un mauvais diagnostic de ses problèmes. La Grèce a trop dépensé certes, mais l'Espagne et l'Irlande avaient un excédent fiscal et un taux bas du ratio endettement-PIB. Donner des leçons sur la prudence fiscale n'a pas de sens. Prendre ces leçons au sérieux, voire en adoptant des cadres budgétaires étroits, peut être contre-productif. Que les problèmes de l’Europe soient temporaires ou fondamentaux - la zone euro, par exemple, est loin d'être une zone « optimale » de change, et dans une zone de libre échange et de libre circulation la compétition en matière d’imposition peut éroder un état viable – l'austérité ne fera qu'empirer la situation.

Les conséquences de cette précipitation de l’Europe vers l'austérité seront durables et probablement sévères. Si l'euro survit, ce sera au prix d'un chômage élevé et une énorme souffrance, notamment dans les pays en crise. Et la crise elle-même s'étendra presque certainement. Les boucliers de protection ne marcheront pas si on continue à déverser en même temps de l'huile sur le feu, comme l’Europe semble s'être engagée à faire : il n'y a aucun exemple d'une grande économie – et celle d’Europe est la plus grande au monde – qui se redresse par l'austérité.

C'est ainsi que le plus grand atout d'une société, son capital humain, est en train d'être gaspillé voire anéanti. Une jeunesse longtemps privée d'un travail décent - le chômage des jeunes atteint des taux inacceptables depuis 2008 et dans certains pays avoisine ou dépasse les 50% – devient aliénée. Et si enfin ils trouvent un travail, ce sera avec un salaire bien plus bas. Normalement c'est pendant sa jeunesse que les compétences se construisent. Dès lors la jeunesse les voit s'atrophier.

Tant d'économies sont fragiles face aux catastrophes naturelles – tremblements de terre, inondations, typhons, ouragans, tsunamis – que d'en rajouter d'autres dues à l'Homme, est d'autant plus tragique. Mais voilà ce que fait l’Europe.

L'obstination de ses dirigeants dans l'ignorance des leçons du passé est criminelle.

La souffrance que l’Europe, notamment celle des jeunes et des pauvres, est en train de subir, n'est pas nécessaire. Heureusement qu'il existe une alternative. Mais tarder à la saisir et cela coûtera très cher, car le temps pour l’Europe est compté.

 

Remerciements à mon amie Charlotte Levrard pour avoir révisé entièrement la traduction.
[Cet article fut publié pour la première fois dans Project Syndicate]

 

Article paru sur le site:

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-europe-apres-l-austerite-116809

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 09:42

Les Frères musulmans ont de la suite dans les idées. Récemment, une députée des Frères a réclamé l'abrogation de la loi interdisant l'excision.

Dans un article choc intitulé Le monde arabe hait les femmes, la journaliste égyptienne Mona Eltawahy déplorait le fait que 90 % des Égyptiennes mariées ont été excisées au nom de la décence. Elle cite Qaradawi, la plus haute autorité « morale » de l’islam sunnite, qui emploie le terme «circoncision», un euphémisme : «Personnellement, je soutiens cette pratique vu les circonstances du monde moderne. Quiconque estime que la circoncision est le meilleur moyen de protéger ses filles devrait le faire», a écrit Qaradawi, en ajoutant: «L’opinion modérée favorise la pratique de la circoncision pour diminuer la tentation

    Egypt_fgm_unicef_spot
Pub de l'Unicef contre l'excision

Lire aussi :

Égypte : une députée islamiste s'oppose à l'interdiction de l'excision

Kurdistan : 550 islamistes et mollahs signent une pétition pour la légalisation de l'excision

__________________________

Des groupes de défense des droits humains ont demandé au Procureur général Abdel Meguid Mahmoud d’enquêter sur des plaintes d’habitants du village d’Abu Aziz dans le gouvernorat de Minya au sud du Caire contre le Parti de la liberté et de la justice, l’aile politique des Frères musulmans.

Ces plaintes allèguent qu'un grand convoi médical organisé par le Parti sillonne les rues et procède à des traitements médicaux, y compris des excisions en violation de la loi égyptienne, des conventions et des traités signés par l’Égypte. Selon la loi égyptienne, l’excision est un délit pénal, tout comme la tentative, par un médecin, de convaincre une famille de la nécessité de faire exciser leur fille pour « préserver sa chasteté ».

La requête au Procureur général demande que Mervat Tallawy, présidente du Conseil national  de la femme, le major général Seraj El Din El Rouby, gouverneur de Minya, et Nasr El Sayed, ministre adjoint pour les soins de santé primaires, la médecine préventive et la planification familiale, mettent fin à cette « propagande burlesque en faveur d’excisions gratuites organisée par l’un des partis politiques du gouvernorat de Minya, dans le but de promouvoir l’excision ».

Le Conseil national de la femme a dénoncé les déclarations sur l’excision du Secrétaire du Parti de la liberté et de la justice à l'Assemblée populaire, rappelant que la promotion de l’excision expose son auteur aux sanctions prescrites par la loi, l’excision étant une violation du code pénal ainsi que des droits de la personne en général et des droits de la femme en particulier.

Le Conseil a annoncé qu'il ne resterait pas les bras croisés et qu’il allait « lutter contre ces appels à l’excision qui sont un affront aux femmes égyptiennes, surtout depuis la pénalisation de cette pratique », se référant à ceux qui tentent de passer outre à cette loi et réclament son abrogation

Le Conseil a indiqué qu’il lancerait dans les différents gouvernorats d’Égypte une campagne de sensibilisation aux graves conséquences de l’excision et il a appelé les citoyens, particulièrement les femmes, à « ignorer l’incitation à pratiquer cet acte illégal qui bafoue les droits et la dignité des femmes » ; il a également demandé aux députés de « respecter la loi et de se pencher sur cette campagne de propagande proposant des excisions gratuites ».

Source : Egypt’s Brotherhood mobile FGM convoys condemned by women’s group, BikyaMasr, 14 mai 2012. Extrait traduit par Poste de veille

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 09:29
Mercredi 16 Mai 2012 à 05:00



Des catholiques traditionalistes ont défilé contre François Hollande dimanche après-midi, à Paris. Ils étaient 3500 à avoir répondu à l'appel de l'institut Civitas pour manifester en hommage à Jeanne d’Arc et contre François Hollande, le nouveau président de la République. Réaction de notre blogueur associé Romain Pigenel.


(Manifestation d'intégristes chrétiens à l'appel de l'institut Civitas, le 29 novembre, à Villeneuve d'Ascq - BAZIZ CHIBANE/SIPA)
(Manifestation d'intégristes chrétiens à l'appel de l'institut Civitas, le 29 novembre, à Villeneuve d'Ascq - BAZIZ CHIBANE/SIPA)
Dans l’indifférence générale des responsables et commentateurs politiques, un scandale s’est produit, dimanche 13 mai, en plein Paris. Une prière de rue – et encore, pas la version soft, light, statique, où des fidèles se déversent sur la chaussée en arguant d’un manque de lieux de prière, mais une véritable manifestation, avec chants religieux et slogans agressifs – sous les yeux ébahis des badauds profitant du soleil de mai.

Pire encore, bien loin d’un honnête imam de cave travaillant dans la clandestinité, les organisateurs de cette provocation contre la République laïque ont assumé clairement leur action, y convoquant les foules noir sur blanc sur leur site internet : « Nous défilerons à Paris le 13 mai à 14h30 en hommage à Sainte Jeanne d’Arc […] Venez prier Ste Jeanne d’Arc de sauver la France. » Et que dire de cette insoutenable mise en scène martiale, avec des cavaliers en armes défilant au côté des fidèles ?

 

 

 


Reconnaissons-le, ces intégristes-là sont d’habiles filous : pour se différencier de ceux qui déchaînèrent la polémique naguère, en priant sur le parvis des mosquées, ils ont troqué la barbe contre un crâne soigneusement rasé. Mais quand même, où sont ces belles et fortes voix, républicaines et laïques, qui avaient si bien su, il y a quelques mois, défendre la patrie en danger contre l’invasion des psalmodieurs de sourates ? Où est-elle Marine Le Pen qui comparait les prières de rue à « une forme d’occupation », avec un clin d’œil appuyé vers l’Occupation avec un grand O ? Où est-il le courageux Mariani, héraut de la droite populaire, qui se demandait « si c’est conforme à la laïcité, s’il ne faut pas une loi pour interdire » ces manifestations ? Pourquoi cette absence de Claude Guéant, l’homme qui posa clairement le problème « Prier dans la rue n’est pas digne d’une pratique religieuse et contrevient au principe de laïcité » ?

Et comment expliquer que le site de Riposte laïque soit vide de toute… riposte au sujet de cette procession religieuse agressive, la dernière entrée datant d’une semaine et se demandant : « La France est-elle foutue » (avec Hollande) ?

Peut-être faisaient-ils tous la sieste, profitant de ce dimanche printanier ? Peut-être vont-ils soudain se réveiller dans les prochaines heures, à la lecture de ce billet, et protester à retardement, mais protester quand même ?

Sinon, on finirait par se poser des questions ; et par se demander (comme @politeeks, ou moi-même il y a quelques temps sur Variae ) quelle aurait été la réaction des mêmes croisés de la laïcité, UMP, droite populaire, FN, Riposte laïque, si l’association organisatrice ne s’était pas réclamée du christianisme, mais de l’islam ; si des figurants avaient défilé au trot, dans les rues de Paris, en armure de cavalier ottoman ou du Prophète ; et si leurs porte-paroles avaient parlé, en toute franchise, de s’organiser pour peser sur les prochaines élections municipales (ouh les vilains communautaristes !).

Je ne manquerai pas, bien entendu, de mettre à jour ce billet en cas de rattrapage de ce bien curieux oubli.


Prière de rue : que font la droite populaire et le FN ?
Retrouvez Romain Pigenel sur son blog.
Article paru sur le site:
http://www.marianne2.fr/Priere-de-rue-que-font-la-droite-populaire-et-le-FN_a218484.html
Par laique - Publié dans : Laïcité
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 11:05

Les affaires sérieuses vont commencer cette semaine pour François Hollande, après sa victoire logique contre Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2012 à l’élection présidentielle.

La Gauche ne peut pas se permettre de décevoir ses électeurs et se trouve dans l’obligation de réorienter la politique d’austérité impulsée par  la Communauté Européenne dans les pays de l’UE et de la zone euro.

François Hollande  va rencontrer le 15 mai 2012  la chancelière Angela Merkel et devra lui  signifier qu’il a été mandaté par le peuple Français pour renégocier le MES (mécanisme européen de stabilité).

 

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La gouvernance de l’UE ne permet pas de résoudre les problèmes financiers auxquels sont confrontés les pays de l’Union Européenne qui s’enfoncent de plus en plus dans la récession, et qui les empêchent de refinancer dans de bonnes conditions leurs dettes souveraines respectives.

Les plans d’austérité qui ont été mis en place dans tous les pays en difficulté rendent quasiment impossible le redressement de leurs finances publiques.

La Grèce est en pleine crise politique, après avoir été en pleine crise économique, financière et sociale. Elle est actuellement ingouvernable et pourrait sortir de la zone euro, à cause des conditions draconiennes qui lui ont été imposées par la Troïka (FMI, la BCE et la CE) pour restructurer  sa dette souveraine et ses finances publiques.

L’Espagne est aussi dans une situation délicate et ne pourrait pas non plus tenir ses engagements quant à l’assainissement de ses comptes publics.

Dans ses dernières prévisions économiques rendues publiques vendredi, la Commission table sur un déficit public de 6,3% du PIB l'année prochaine. "La question est de savoir comment et quand on va affronter ce problème. Ca ne sera pas lundi car il ne faut pas donner de mauvais signaux au marché", estime une source diplomatique européenne.

 

L’Italie s’enfonce  également dans la récession. Le 18 avril 2012 le gouvernement italien a annoncé la révision à la baisse de ses objectifs de croissance pour 2012, avec une contraction de 1,2 % de son PIB, au lieu du 0,4 % évoqué en décembre dernier. Autre mauvaise nouvelle : le déficit public devrait atteindre 0,5% du PIB en 2013, contre 0,1% prévu initialement. Par conséquent, le retour à l’équilibre budgétaire devrait être retardé.

Le Président du Conseil Mario Monti  essaie tout de même de se montrer optimiste. Il rappelle que la croissance devrait revenir en 2013. La dette devrait se réduire, passant de 120,3 % du PIB aujourd'hui à 110,8 % en 2015. Mario Monti l’assure : "Nous nous battons tous les jours pour éviter le destin dramatique de la Grèce". Pas sûr que cela soit suffisant pour convaincre les marchés.

L’Allemagne de l’austère Angela Merkel commence à connaître  elle aussi des difficultés sur le plan intérieur.

Le moral des consommateurs flanche, les exportations stagnent et le niveau d'activité industrielle a des accès de faiblesse. Mercredi 2 mai, l'indice PMI des directeurs d'achat permettant de mesurer  le niveau de la production a reculé. En cause, "la demande, plus faible, des clients d'Europe du Sud", selon Markit, l'institut qui publie cette donnée.

Pour Christian Ott, économiste chez Natixis à Francfort, ce ralentissement n'est pas très étonnant. Il reflète, une fois de plus, la vulnérabilité du modèle économique allemand, focalisé sur le commerce extérieur : 40 % de ses exportations sont, rappelle-t-il, destinées aux pays de la zone euro. "Ce qui est finalement surprenant, c'est que l'Allemagne ait résisté si longtemps", estime M. Ott.

Reste à savoir s'il s'agit d'un simple trou d'air ou des prémices d'une dégradation plus profonde. Après le recul du produit intérieur brut (PIB) de 0,2 % au quatrième trimestre 2011, la plupart des experts s'attendent à une croissance zéro pour les trois premiers mois de 2012. Mais, si le PIB est négatif, même légèrement, le pays sera techniquement en récession.

Il ne faut pas oublier qu’en 2010 l’Europe dans son ensemble représente 80% de l’excédent commercial allemand, dont 56% pour la seule zone euro (qui représente par ailleurs « seulement » 41% des exportations allemandes).

En 2010, les exportations allemandes ont atteint 959,497 Md€, soit un niveau tout proche du record de 2008 (985 Md€ selon le FMI), les importations 806,164 Md€ et le solde commercial +153,333 Md€. La machine à exporter est donc repartie à plein régime. Les exportations devraient représenter 46% du PIB, les importations 40,5% et le solde commercial 5,2% du PIB.

 

La France reste de loin le premier client pour les exportations allemandes (90,694 Md€), devant les Etats-Unis (65,57 Md€). Elle n’est en revanche que le troisième fournisseur de l’Allemagne (61,75 Md€ d’importations), derrière la Chine (76,52 Md€ d’importations) mais aussi les Pays-Bas (68,76 Md€). La France est donc, de loin, le premier contributeur à l’excédent commercial allemand (+28,943 Md€ en faveur de l’Allemagne), devant le Royaume-Uni et les Etats-Unis (+20 Md€ chacun).

Les années passent et la tendance ne se redresse absolument pas …

Regardons maintenant les principaux contributeurs à cet excédent commercial allemand en voie de prompt rétablissement.

Pays partenaires

Solde commercial (Md€)

Part dans l’excédent commercial total

Zone euro

+85,495

55,8%

Reste de l'UE

+36,833

24%

Reste de l'EEE et Suisse

-0,958

-0,6%

Total Europe

+121,370

79,2%

 

Comme tous les pays du sud de la zone euro continuent  à s’enfoncer dans la récession, il est bien évident que l’Allemagne va en pâtir au niveau de son commerce extérieur et qu’elle va être obligée, bon gré mal gré  de sortir de son orthodoxie budgétaire qui pénalise tous ses pays voisins.

Imposer une règle d’or dans un contexte de récession s’avère suicidaire et pourrait conduire les peuples à la révolte ou à soutenir de plus en plus des partis populistes qui sont les seuls à s’opposer aux plans d’austérité et à proposer  d’en revenir aux Etats Nation, pour gérer cette crise financière sans précédent qui tue à petit feu les économies des pays développés.

Comme le dit très bien l’économiste Jacques Sapir, François Hollande ne pourra pas  réorienter l’Europe sans provoquer une crise. S’il ne le fait pas, cela voudra dire qu’il aura cédé aux oligarchies financières et aux multinationales qui dirigent le monde depuis les années 1980.

http://www.marianne2.fr/Sapir-Hollande-ne-pourra-reorienter-l-Europe-sans-provoquer-une-crise_a217396.html

Les peuples qui souffrent du chômage, d’une baisse de leurs revenus, de la précarité grandissante des emplois proposés sur le marché du travail, d’une crainte pour leurs retraites ne resteront pas éternellement sans réagir et nous pourrions assister dans les années à venir à une recrudescence des conflits sociaux qui pourraient déstabiliser les gouvernements en place.

Les politiques néolibérales soutenues pendant des années par les partis conservateurs et les partis sociaux –démocrates  sont de plus en plus contestées et c’est pour cette raison que la France sous la présidence de François Hollande se doit de tout faire pour remettre en cause la gouvernance actuelle de l’Europe et également la mondialisation des échanges commerciaux, qui ne protègent nullement les intérêts des pays de l’Union Européenne.

Si François Hollande n’a pas le courage de dire à ses partenaires qu’il faut changer de politique pour retrouver des marges de croissance, la gauche sera sanctionnée sévèrement en 2017, comme l’a été  le candidat de la droite Nicolas Sarkozy en 2012.

Comme je le disais dans un précédent article, les partis populistes, comme le Front National en France, ne pourront que prospérer si les partis de gouvernements traditionnels sont incapables de régler dans la justice sociale et l’équité,  la plus grave crise économique, financière et sociale  que nous ayons connue depuis 1929.

Il convient de rappeler  que la responsabilité  de cette crise n’en revient nullement pas  aux peuples qui la subissent, mais  à l’incompétence de nos gouvernants qui se sont rendus complices  des oligarchies financières et des multinationales qui  se sont enrichies sur le dos des peuples, sans vergogne et en toute immoralité sans que les politiques  ne les empêchent de nuire à l’intérêt général.

 

Fabrice LETAILLEUR

Par laique - Publié dans : Crise financière et économique
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Le courage ,c'est de chercher la vérité et de la dire , c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Jean  Jaurès ( Juillet 1903)

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