Citation
René Pommier
Techniquement le projet - résumé par leur appel publié ci-dessous) ressemble comme deux gouttes d’eau à l’implémentation de
la marche vers l’euro telle qu’elle fut menée à la fin des années 90 mais à l’envers. En tout cas, sur le papier cela semble fonctionner. Pour eux, les gains futurs sont immenses au regard
des coûts de cette explosion. Parmi les principales lignes de la facture d’un tel big bang, on trouve d’une part la coûteuse spéculation que les marchés financiers feront inévitablement
subir à tous les pays durant la période de transition (ca peut être très sanglant), et d’autre part le coût important du renchérissement de la dette des pays qui, comme la France,
s’orienteraient vers une nouvelle monnaie dévaluée par rapport à l’euro comme le serait l’hypothétique euro-franc.
Mais pour les signataires de l'appel, ces sacrifices sont sans commune mesure avec le coût du statu quo. Leur analyse :
la situation économique de l’Union européenne est plombée par la monnaie unique. Et il ne saurait en être autrement. A l’appui de leur thèse, il leur est loisible de pointer la crise que
traverse notre continent, sans que la moindre solution pérenne n’émerge.
« Notre pays a continuellement réévalué sa monnaie pour la plus grande satisfaction de ses travailleurs, qui
voyaient leur pouvoir d’achat s’apprécier, quand leurs patrons ont toujours été contre. Avec la monnaie unique, c’en est fini. L’Allemagne ne peut plus remettre sa monnaie à sa véritable
valeur et limiter les déséquilibres avec les autres pays de l’Union», explique Wilhelm Nölling. Et comme l’Allemagne ne veut pas payer pour la Grèce, c’est à dire reverser directement
ou indirectement les incroyables surplus que sa puissance industrielle dégage et qui sont l’autre face des énormes déficits de la république hellénique, l’équation pourrait ne pas avoir de
solution. Pas question de faire ce que fit la République Fédérale avec la République démocratique lors de la chute du mur de Berlin : assumer une parité de un pour un entre les deux
marks ce qui induisait un transfert de richesse de plusieurs centaines de milliards de marks annuel sur une longue période.
Evidemment, la présence de signataires de cet appel figurant parmi les poids lourds du patronat allemand ne signifie pas
qu’une majorité d’entre eux adhérent à cette option. Mais la distinction est de taille entre l’uniformité apparente du Medef officiellement opposé à toute sortie de la monnaie
unique.
Bref, le débat semble plus ouvert outre-Rhin que de ce côté-ci du fleuve. Débat qui se prolonge même au sein du très libéral et très pro euro journal britannique The Economist. Dans Charlemagne, sa chronique phare, l'hebdomadaire notait le 7 avril dernier : « un processus concerté augmente les chances de sauver de ce démontage les autres grains de l’intégration européenne, notamment le marché unique. »
Heinrich Heine
Treize ans après le lancement de l’euro, il est patent que non seulement cette expérience n’a tenu aucune de ses
promesses, mais même que sa poursuite risque de déboucher sur le chaos.
Au lieu de la prospérité, un ralentissement de la croissance dans tous les pays de la zone, avec un important volant de chômage.
Au lieu de la rigueur, dix années d’augmentation irresponsable des dépenses publiques et des dettes souveraines, qu’une génération de sacrifices ne suffirait pas à apurer.
Au lieu d’une meilleure intégration économique, des déséquilibres entre les pays qui s’aggravent chaque jour. Les pays d’Europe du Sud, Grèce, mais aussi Portugal, Espagne, Italie, et même France voient leur compétitivité se dégrader depuis dix ans de manière continue. Asséchant le pouvoir d’achat des uns, cette situation fait obstacle à la croissance des autres et donc au développement du marché unique.
Au lieu d’un rapprochement des peuples, une animosité croissante entre créanciers et débiteurs.
Au lieu d’un progrès de la démocratie, des décisions venues de haut imposées à des peuples qui les refusent.
Les plans successifs destinés à « sauver l 'euro » sont vains car ils ne s’attaquent, d’ailleurs avec peu d’effet, qu’aux seuls déficits publics et non à ce qui est racine du mal : la propension différente des pays à l’inflation. La seule solution serait la déflation des prix dans les pays déficitaires : or une telle opération n’a jamais réussi nulle part (ex : l’Allemagne de 1930, la France de 1934).
Poursuivant un objectif qu’elle n’atteindra de toutes façons pas, l’Europe est entraînée dans une spirale de récession qui, s’agissant du premier marché mondial, inquiète la planète toute entière.
À cette récession s’ajoute le risque d’inflation, d’autant qu’en violation de ses statuts, la Banque Centrale Européenne ne voit d’autre issue, pour prolonger l’euro, qu’un recours massif à la création monétaire au bénéfice des banques, trop heureuses de l’aubaine.
Il est tout aussi illusoire d’espérer organiser une « Europe des transferts », qui exigerait le transfert durable de centaines de milliards d’euros vers les pays en difficulté, revenant à une collectivisation des déficits publics. Solution refusée par les peuples que l’on voudrait mettre à contribution tout en n’offrant aucun espoir de redressement aux plus mal en point.
Cet acharnement thérapeutique, qui ne vise que le court terme, ne pourra éviter l’accélération des secousses qui touchent non seulement la sphère financière mais aussi l’économie réelle.
S’il n’y est pas rapidement mis fin, l’expérience de la monnaie unique se terminera de la manière la plus dramatique : détérioration de la situation économique, explosion du chômage, désordres sociaux, montée des extrémismes, résurgence d’anciens conflits, destruction de l’État de droit : les pays de l’Europe deviendraient ingouvernables.
L’Union européenne ne saurait demeurer la marionnette des oligarchies financières qui visent la destruction de la base même de nos existences. N’est-il pas honteux de les voir soumettre les pouvoir politique et économique au gré de leurs intérêts ?
Il est clair que seules des dévaluations et réévaluations réelles, adaptées à la situation de chaque pays, pourront mettre fin aux déséquilibres entre eux et, par-là, rétablir la croissance. L’histoire nous offre de nombreux exemples de ruptures d’unions monétaires : il en ressort que non seulement il est possible de les gérer de manière ordonnée sur les plans politique et économique, mais aussi qu’elles se sont révélées bénéfiques, et cela au bout de quelques mois seulement.
C’est pourquoi les économistes allemands et français signataires, réunis à Lyon en octobre 2011 et à Düsseldorf en avril 2012, appellent leurs gouvernements respectifs à convenir et à proposer aux autres États membres de l’Union européenne, de mettre fin à l’expérience de la monnaie unique et, à cet effet, de prendre sans délai les mesures suivantes :
- remplacer l’euro par de nouvelles monnaies nationales disposant de l’ensemble de leurs prérogatives dans chacun des États, sachant que certains pays pourront passer des accords bilatéraux ou multilatéraux pour mettre en commun leur monnaie ;
- créer un nouveau système monétaire européen, comportant une unité de compte européenne, égale à la moyenne pondérée des unités monétaires nationales ;
-afficher d’emblée les parités souhaitables des monnaies nationales vis-à-vis de cette unité de compte européenne, calculées de façon à limiter la spéculation, restaurer la compétitivité de tous les États, assurer des échanges équilibrés entre eux et résorber du chômage ;
-veiller, en s’appuyant sur un Institut monétaire européen, à ce que les taux de change réels des monnaies nationales soient ensuite stabilisés, à l’intérieur d’une marge de fluctuation à déterminer ;
- convertir dans chaque pays l’ensemble des prix et salaires intérieurs ainsi que les avoirs bancaires sur la base de un euro pour chaque unité de monnaie nationale ;
-convertir, selon la même règle, les dettes publiques de tous les pays de l’euro en leur nouvelle monnaie nationale ;
- convertir les créances et dettes privées internationales dans l’unité de compte européenne.
Le règlement des dettes publiques et privées pourra faire l’objet de négociations bilatérales, entre créanciers et débiteurs, à partir des deux règles de base énoncées dans les deux précédents alinéas.
Dans ce contexte, une même priorité doit être donnée aux politiques nationales, celle de développer et d’adapter toutes les forces productives, afin d’accroître la productivité de l’ensemble de l’Europe.
La coopération des institutions responsables doit permettre de réussir une transition en bon ordre.
Cette transition doit être la plus courte possible : elle ne pose pas de problèmes techniques majeurs. Les nouvelles règles doivent être affichées clairement. Il sera demandé aux États de veiller, en s’appuyant sur leurs Banques centrales nationales, désormais autonomes, à ce que la transition décidée n’entraîne aucune déstabilisation du système financier européen et lui donne même les moyens de contribuer activement au retour de la croissance.
En lançant cet appel, les économistes allemands et français signataires souhaitent ardemment contribuer, par leur expertise et leur engagement, à la relance de la construction européenne sur des bases rénovées et réalistes, en même temps qu’au redressement économique de l’Europe.
Le 27 Avril 2012.
Bruno Bandulet, Rolf Hasse, Wilhelm Nölling, Karl Albrecht Schachtschneider, Wolf Schäfer, Dieter Spethmann, Joachim Starbatty,
Alain Cotta, Jean-Pierre Gérard, Roland Hureaux, Gérard Lafay, Philippe Murer, Michel Robatel, Jean-Jacques Rosa.
Article paru sur le site :
http://www.marianne2.fr/Un-appel-franco-allemand-d-economistes-pour-une-sortie-paisible-de-l-euro_a217204.html
Voici la 3e et dernière partie de l'interview exclusive du père Henri Boulad, directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie en Égypte, menée par Olaf de Paris. Pour une présentation du Père Boulad ainsi que la première partie de l'interview, intitulée «La perspective historique égyptienne, clé de la compréhension de l’évolution de l'islam», cliquer ICI. La deuxième partie, intitulée « L’islam peut-il se rénover sans se dénaturer ? », est ICI.
«…ce dont nous avons urgemment besoin aujourd’hui, c’est d’un dialogue islamo-musulman, où les musulmans seraient invités à se définir eux-mêmes et à décider de la direction qu’ils veulent choisir.» - Henri Boulad
Olaf : Père, dans nos échanges précédents [Partie 2] vous nous avez laissé sur notre faim en nous affirmant que
«l’islam ne parvenant pas à se définir, et pour cause ». Nous arrivons là à un sujet vraiment crucial … « Et pour cause » disiez-vous. Pourquoi donc l’islam ne parvient-il pas à
se définir lui-même ? Qu’est ce donc que l’islam ?
Père Boulad : Un homme comme Abdennour Bidar - et d’autres avec lui - essaient de prendre leurs distances par rapport aux textes médinois du Coran. Mais tous les autres qui se réclament de la position pure et dure sont d’une certaine manière plus cohérents avec eux-mêmes, avec leur livre et avec leur histoire. Dans un petit texte de deux pages - « l’Islamisme et l’Islam » - je résumais en 1994 l’essentiel de ma pensée là-dessus. Je me cite moi-même :
« L'islamisme n'est ni une caricature, ni une contrefaçon, ni une hérésie, ni un phénomène marginal et aberrant par rapport à l'islam classique orthodoxe sunnite.
Je pense au contraire que l'islamisme, c'est l'islam à découvert, l'islam sans masque et sans fard, l'islam parfaitement conséquent et fidèle à lui-même, un islam qui a le courage et la lucidité d'aller jusqu'au bout de lui-même, jusqu'à ses dernières implications.
L'ISLAMISME C'EST L'ISLAM DANS TOUTE SA LOGIQUE, DANS TOUTE SA RIGUEUR.
L'islamisme est présent dans l'islam comme le poussin dans l'oeuf, comme le fruit dans la fleur, comme l'arbre dans la graine. »
Si l’islam est par nature radical et politique, les Frères Musulmans sont parfaitement cohérents avec leur religion.
Olaf : C’est ce que dit Magdi Allam. Il parle de l’islamisme comme du « fruit mûr de l’islam ». Le connaissez-vous ?
Père Boulad : Oui, je l’ai rencontré récemment à Bruxelles. Pour lui, l’islamisme est bien le « fruit mûr de l’islam ». Si bien que quand on dit que l’islamisme est une dérive ou une déformation de l’islam, je me permets d’en douter. Pour moi, l’islamisme c’est l’islam à découvert, sans masque et sans fard, comme je l’ai écrit dans mon essai.
Mais revenons à cette question cruciale de savoir si l’islam peut se réformer sans se dénaturer. Qui dit « réforme » dit retour aux sources. Or « l’âge d’or de l’islam » - c’est-à-dire ses trente premières années - n’est qu’une succession de guerres et de massacres, qui se sont poursuivis tout au long de l’histoire. Trois des quatre premiers califes ont connu une mort violente et tragique, comme l’ont souligné entre autres Fouad Zakaria et Farag Foda. Pour avoir osé le dire, ce dernier a été sauvagement assassiné. Si tel est « l’âge d’or de l’islam », un retour aux sources signifierait une guerre tous azimuts contre le reste du monde. Ce n’est pas pour rien que les musulmans ont divisé le monde en deux zones : dar al-islam et dar al-harb – ‘la demeure de l’islam et celle de la guerre’. Ce qui signifie en clair que toute région qui n’est pas encore soumise à l’islam est automatiquement en guerre contre lui. En ce sens, Al Qaïda est parfaitement logique avec un tel retour aux origines.
On objectera que le christianisme a lui aussi connu des périodes de violence et de conquêtes. C’est exact, mais, ce faisant, il se trahissait lui-même. En effet, l’Eglise a commencé par trois siècles d’atroces persécutions et l’évangile est une école d’humilité, de douceur et d’amour. Jésus a toujours refusé la violence. Lorsque Pierre a dégainé son glaive pour le défendre, il s’est vu réprimander vertement : « Remets ton glaive au fourreau. Celui qui tue par le glaive périra par le glaive ». Comment ne pas comparer un tel enseignement avec celui du Coran, qui incite à la haine, à la guerre et à la violence ! Comment ne pas être frappé par le blason des Frères Musulmans arborant deux glaives croisés sous leur déclaration de foi. Lorsqu’un nouvel adepte fait son serment d’allégeance à la Confrérie, c’est devant un coran et un revolver qu’il le fera – comme ce fut le cas entre autres pour Nasser et sa clique. De tels symboles parlent d’eux-mêmes et n’ont guère besoin de commentaires.
Par ailleurs, le grand modèle à imiter pour un musulman, c’est Mahomet. Or, quand on connaît sa vie, on se demande en quoi un tel modèle est imitable. Il n’est que d’écouter sur Internet les émissions du Père Zakaria Botros sur la biographie de Mahomet, pour être littéralement ahuri. Or, on ne peut soupçonner le Père Zakaria de parti pris, car ses sources sont toutes islamiques et ses références puisées auprès des historiens et chroniqueurs musulmans eux-mêmes.
Olaf : Attention Père, n’en dites pas trop à ce sujet : souvenez vous du sort que l’Autriche a réservé à Elisabeth Sabaditsch Wolff, cette autrichienne condamnée pour avoir dit tout haut ce que les musulmans lisent dans le coran et apprennent dans leurs traditions, en particulier pour avoir révélé les dessous de la vie de Mahomet. De tels propos relèvent de l’islamophobie selon les tribunaux autrichiens …
Père Boulad : Et pourtant, il s’agissait là d’une vérité historique ! C’est là que l’Europe est en train de se laisser berner. Il est affligeant de constater que dans vos pays prétendument démocratiques on n’a plus le droit de s’exprimer librement !
Olaf : Autre point que je souhaite voir avec vous, c’est le crédit à apporter aux textes musulmans, coran et tradition. Il y a en France et en Europe un certain nombre de chercheurs qui ont étudié les sources du coran et qui révèlent une imposture …
Père Boulad : Vous devez penser aux thèses de Gallez ou Luxenberg.
Olaf : Vous connaissez le travail d’Edouard Marie Gallez ?
Père Boulad : Oui, j’ai rencontré l’an dernier à Paris ce chercheur, qui m’a offert sa thèse en deux tomes, « Le Messie et son Prophète ». Bien que ses propos soient pour moi un peu trop techniques, je crois bien comprendre sa position, qui vise à une déconstruction de l’islam à travers une analyse critique rigoureuse. C’est ce qu’a fait aussi Luxenberg et certains autres … Un des pionniers dans ce domaine est le père Henri Lammens, jésuite, qui, il y a près d’un siècle et demi, a écrit des textes pas du tout « politiquement corrects », bien que parfaitement étayés scientifiquement.
Aujourd’hui, il n’est pas de bon ton de dire certaines vérités. Mais jusqu’à quand va-t-on se taire ? Les études exégétiques récentes aboutissent à une déconstruction et à une démythologisation de bien des éléments essentiels de l’islam. Il faut que les penseurs musulmans aient le courage de procéder à une étude exégétique en profondeur du Coran et de la Sunna, comme le christianisme a osé le faire avec ses textes fondateurs. Beaucoup d’intellectuels musulmans appellent de tous leurs vœux cette démarche. Mais quand l’un d’eux, l’universitaire égyptien Nasr Hamed Abou-Zayd a osé s’y risquer, il s’est fait condamner et exiler. Jusqu’à quand allons-nous enfouir notre tête dans le sable ? Soyons objectifs, soyons pour la vérité, un point c’est tout !
Olaf : Ce travail de vérité se fait peu à peu, mais il n’est le fait que d’une infime minorité.
Père Boulad : Je parlais tout à l’heure du phénomène déjà ancien du Père Boutros Zakaria. Voici plus de dix ans que ce prêtre égyptien, s’exprimant en arabe de façon claire et documentée, démonte toutes les prétentions de l’islam, textes musulmans en main ! Il recourt au coran, aux hadiths, aux théologiens musulmans, et cette approche déstabilise beaucoup de croyants. Et lui de leur répondre : « Je n’apporte rien de moi-même, je ne fais que citer vos propres sources ! » Résultat : beaucoup de musulmans se convertissent après l’avoir écouté.
A titre d’exemple, voici le genre de démarches auxquelles il procède :
Les musulmans assurent que leur livre n’a pas été falsifié, car un texte coranique (sourate 15, v.9) affirme : « C'est Nous [Allah], en vérité, qui avons révélé le coran, et c'est Nous qui en assurons l'intégrité », ce qui veut dire que, selon le dogme islamique, le coran est protégé contre toute falsification. Or, dans le texte original arabe, on ne trouve pas le mot de coran (qur’an) mais le mot de « rappel », qui s’applique aussi bien au coran, qu’à l’évangile et à la torah… Comment donc Allah peut-il à la fois garantir l’intégrité des trois livres dans ce verset, alors que, dans d’autres versets, il fustige la torah et l’évangile comme falsifiés ?
Ce genre de contradictions, qui éclatent actuellement au grand jour, pousse bon nombre de musulmans soit vers l’athéisme et l’incroyance, soit vers le christianisme. Récemment un musulman de trente ans, diplômé en informatique et chef d’entreprise, suite à la lecture d’un de mes livres en arabe, est venu me trouver pour me dire qu’il ne croit plus en sa religion. De plus en plus nombreux sont ceux qui quittent l’islam en sourdine, sans l’afficher officiellement et tout en conservant leur étiquette de musulmans.
En fait, face à la crise que traverse l’islam et à son incapacité à répondre aux questions qu’on lui pose - mais qu’il élude, et pour cause… car il n’a pas de réponse – beaucoup de musulmans se disent : « puisque l’islam est incapable de se réformer, je le quitte ! ».
Olaf : Si ce mouvement allait en s’amplifiant, il viendrait à bout du phénomène de pression du groupe. J’ai discuté avec un ancien musulman (entretien publié sur Poste de Veille) qui m’expliquait combien le contrôle du groupe est fondamental pour le maintien et la transmission de la foi. Quand un individu cherche à quitter l’islam, le groupe se mobilise pour le retenir. Mais si le nombre de transfuges s’amplifiait, la communauté n’aurait plus les moyens d’exercer sa pression sur eux. Le mouvement d’apostasie pourrait alors se développer de façon exponentielle !
Père Boulad : C’est exact. Ce qui a fait jusqu’à présent la force de l’islam, c’est cette pression du groupe et la menace de mort qui pesait sur tout converti. Je doute que cela puisse continuer. Il semble que nous soyons actuellement à un tournant historique : la cohésion du groupe est en train de s’effilocher, et les forces de réveil déclenchées autrefois en Europe - avec leurs idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité, de droits de l’homme… - font leur chemin et gagnent peu à peu le reste de la planète.
On n’arrête pas l’Esprit. L’Esprit est une force qui agit envers et contre tout. Il parait très fragile mais il est ce qu’il y a de plus puissant. Je cite souvent ce mot de Napoléon au terme de sa vie : « Deux forces gouvernent le monde, le Glaive et l’Esprit. Mais la plus forte des deux est l’Esprit ». Eh bien j’y crois, et je le constate tous les jours.
Dans ce contexte, je pense que le mouvement féministe sera déterminant dans les années à venir. Ce sont les femmes qui feront basculer l’islam et seront les agents de sa transformation. Ce réveil, qui a commencé en Egypte au début du siècle dernier, a culminé au cours des années vingt. Etouffé ces dernières décennies par les courants islamistes, il est en train de reprendre et je pense qu’il ira en s’amplifiant.
Olaf : Chez nous, en Occident, c’est parfois le contraire : un certain nombre de musulmanes, loin de s’engager dans des combats féministes, revendiquent le voile, exigent le niqab …
Père Boulad : Oui, pour se démarquer et affirmer leur différence… Mais je ne pense pas que ça durera.
Olaf : Comment résister à cela ? Aujourd’hui l’Occident est en train de brader ses valeurs, de perdre sa substance morale, de céder au relativisme, de tomber dans la haine de soi. Pensez-vous qu’un tel laïcisme « areligieux » puisse résister à la poussée de l’islam ?
Père Boulad : Non. On ne résiste pas à l’islam par la laïcité. La solution est dans un réveil du christianisme. Il faut que celui-ci retrouve sa vitalité, sans pour autant retomber dans un autoritarisme intempestif, ni se lancer dans de nouvelles guerres de religion – mais en procédant à une réforme en profondeur. J’ai développé cela en 2007 dans une lettre au pape intitulée « SOS pour l’Eglise d’aujourd’hui ».
On ne contrera pas l’islamisation par la répression, mais en présentant l’évangile dans toute sa vérité et en le vivant dans toute ses exigences. Qu’on le veuille ou non, les « valeurs » dont se réclame l’Europe s’enracinent dans l’évangile. Ce qu’il faut, c’est réactualiser son message pour qu’il redevienne signifiant. La foi se pose aujourd’hui en termes de sens. Dans la mesure où le christianisme apportera un sens à l’homme d’aujourd’hui et une réponse aux grandes questions qu’il se pose, il aura des chances d’être accepté et de devenir un agent de transformation du monde. Ce qu’il faut, c’est réinventer un langage qui parle à nos contemporains. Un langage ancré dans l’humain, un humain ouvert à la transcendance.
L’humain est justement le terrain commun de rencontre et de dialogue avec nos frères musulmans. Comment nous rejoindre entre hommes dans des valeurs communes partagées ? Certains penseurs musulmans actuels sont à la recherche d’un tel humanisme, tout en constatant son incompatibilité avec l’islam radical qui s’affirme un peu partout et engendre une islamophobie croissante.
Finalement, au-delà de tout dialogue islamo-chrétien ou islamo-occidental, ce dont nous avons urgemment besoin aujourd’hui, c’est d’un dialogue islamo-musulman, où les musulmans seraient invités à se définir eux-mêmes et à décider de la direction qu’ils veulent choisir.
Olaf : Vous savez toutefois que les Tunisiens de France, quasi tous musulmans, ont voté récemment à 40% pour le parti Ennahda. Ils comptent pourtant parmi les plus occidentalisés des musulmans, et un bon nombre d’entre eux ont la double nationalité.
Père Boulad : En fait les musulmans sont souvent plus radicaux en Occident que dans leurs pays d’origine. Ils font de la surenchère pour affirmer une identité menacée par un environnement occidental et laïc. Leur réaction est souvent intempestive, parce qu’ils croient que c’est la seule manière de sauver leur foi. Pour sortir de l’impasse, il leur faut développer une version spirituelle et religieuse d’un islam dépouillé de sa connotation radicale, d’un islam compatible avec la modernité et les droits de l’homme.
Olaf : Cela semble difficile, sinon impossible à l’aune de ce que nous voyons en France. Les musulmans libéraux sont si isolés et représentent si peu qu’on en vient à douter de leur capacité à changer quoi que ce soit. L’islam semble se développer ici en Occident en réaction contre l’Occident lui-même.
Père Boulad : Oui, peut être. Mais j’ai l’impression que ce que nous vivons chez nous en Egypte va déstabiliser l’islam et le réorienter. Les libéraux qui sont à l’origine de notre révolution égyptienne, et dont le nombre augmente de jour en jour, ne se laissent pas faire. L’islam est ici en plein questionnement, en pleine transition, car les musulmans se rendent bien compte que l’islam radical, saoudien, wahhabite, se trouve dans l’impasse.
Olaf : Pensez-vous que l’islam puisse s’effondrer ?
Père Boulad : C’est en tout cas la thèse d’un musulman, Abdel-Samad, parue l’an dernier en Allemagne, et qui prédit l’effondrement de l’islam dans les années à venir.
Olaf : C’est aussi la prophétie d’un saint libanais du XIXème siècle, Charbel Makhlouf, qui aurait annoncé la fin de l’islam pour l’année 2047 … Et qui annonce aussi la fin de notre entretien ! Un grand merci pour vos propos, qui, j’en suis sûr, contribueront à faire avancer les choses.
Père Boulad : Oui, à condition que nous acceptions nous-mêmes d’avancer dans la clarté et la vérité vers une société pleinement humaine et fraternelle !
Olaf : Voilà la meilleure conclusion à nos échanges. Merci beaucoup, mon Père, au nom de toute l’équipe de Poste de Veille, et de ses lecteurs.
Note de PdV : Le Père Boulad a entrepris, à la mémoire de son frère Jacques qui a dirigé plusieurs collèges en Égypte, un projet de Centre de vacances et de formation pour les enfants défavorisés d'Égypte : enfants des rues, enfants des villages, enfants soudanais, handicapés…).
Le projet est décrit sur ce site : http://www.jacquesboulad.sitew.com
Les lecteurs qui souhaitent encourager l'oeuvre du Père Boulad peuvent faire un don en ligne. Le site offre toutes les coordonnées pour la France, la Suisse et le Canada.
Reproduction vivement encouragée, avec la mention suivante et, obligatoirement, le lien html ci dessous:
© Poste de Veille www.postedeveille.ca
Le Monde.fr | 27.04.2012
François Hollande et Nicolas Sarkozy ont réaffirmé les principales propositions de leur programme et ont également précisé leur position sur des questions d'actualité, jeudi soir, lors de l'émission "Des paroles et des actes", diffusée sur France 2. Les deux finalistes n'ont pas débattu ensemble - ce qu'a de nouveau regretté M. Sarkozy - mais se sont succédé sur le plateau, chacun pendant une durée de 45 minutes environ.
Relire le live du Monde.fr sur l'émission
Le candidat PS, qui passait le premier, s'est efforcé de se poser en opposition à son adversaire et d'apparaître aussi "présidentiel" que possible, même s'il a parfois donné l'impression d'esquiver. En face, le président sortant a joué à fond la carte du "challenger", qui confinait parfois à l'agressivité.
Les électeurs du FN
Le président-candidat a justifié le ton de sa campagne, très à droite, pour convaincre les électeurs du Front national de voter pour lui. "Les électeurs de Marine Le Pen ne sont pas d'extrême droite", a-t-il assuré. "Ils ont émis un vote de crise", selon lui, jugeant "normal" de "pouvoir parler" à ces Français.
Définissant le FN comme "un parti autorisé à se présenter", à la nuance qu'il "conteste un certain nombre de
valeurs de la République", M. Hollande a fait valoir que lui n'avait
pas "pas besoin de parler comme le Front national" pour tenter d'amener les électeurs de Marine le Pen à voter pour lui. "Je ne suis pas dans une course folle qui conduit les électeurs qui doutent à
aller encore vers le Front national", a-t-il poursuivi. Alors qu'on lui
faisait remarquer qu'il tente de séduire ces électeurs comme son
adversaire, M. Hollande a lancé : "C'est sur les arguments que la différence se fait. Je n'ai pas besoin de parler comme le FN pour convaincre ces électeurs." "Je ne veux pas faire de l'immigration un sujet d'affrontement".
Sur l'immigration
Pressé d'exprimer "une conviction" sur l'immigration, M. Hollande a donné l'impression de peiner à répondre et de s'agacer de la répétition de la question "Y a-t-il trop d'étrangers en France ?" - comme l'avait dit M. Sarkozy avant le premier tour - posée d'emblée.
Soulignant que "nous devons avoir des règles", il a répété qu'il "n'expulserait pas d'étrangers venus légalement" sur le territoire et n'a pas fait de propositions nouvelles, tout en prenant toutefois un ton plus ferme pour assurer qu'il expulserait les sans-papiers. "Les étrangers qui sont en situation irrégulière seront reconduits à la frontière", a-t-il affirmé. "Je ne peux être plus clair."
Face à lui, Nicolas Sarkozy a martelé ses propositions, réduction par deux de l'immigration légale notamment, sans faire de nouvelles promesses.
Sur le cannabis
Interrogé sur les propos de son conseiller sécurité, François Rebsamen, ayant indiqué qu'il voulait assouplir la législation sur la pénalisation du cannabis, M. Hollande a une nouvelle fois tenu un discours de fermeté. Jugeant que "la repression est nécessaire", il a affirmé que "le cannabis doit rester un interdit donc la pénalisation est nécessaire. Rien ne changera de ce point de vue." Une position plus répressive que lors de la primaire PS, où il évoquait un "débat européen" sur la question.
L'affaire du policier mis en examen
Les deux candidats ont également été interrogé sur la mise en examen d'un policier soupçonné quant aux conditions dans lesquelles il a abattu un délinquant multirécidiviste lors d'une interpellation. Sur ce sujet, François Hollande s'est dit opposé à la proposition formulée par son adversaire dans la journée, qui a repris une vieille idée de Marine Pen en se disant pour la présomption de légitime défense. "Je ne suis pas favorable par principe à toute annonce de législation nouvelle quand il se passe un incident ou un fait divers", a précisé M. Hollande. "Nous avons trop souffert ces dernières années pour que je réédite cette expérience", a-t-il poursuivi, assurant : "S'il y a une nécessité de corriger, nous le ferons dans la concertation."
M. Sarkozy a réaffirmé sa proposition, expliquant que "ces policiers, avec une présomption de légitime défense, seraient mieux protégés". Il a aussi assuré se sentir responsable des fonctionnaires de police, de la gendarmerie ou des douanes "qui risquent leur vie pour nous protéger". "Fallait-il que le policier en cause attende d'être blessé par une arme à feu pour réagir ?"
Le candidat UMP a souligné que sa proposition de "présomption de légitime défense" ne visait pas pour autant à "donner un permis de tirer à un gendarme ou à un policier", en référence à des propos de M. Guéant tenus en janvier. Le ministre de l'intérieur avait dit qu'accorder cette "présomption de légitime défense", une proposition issue du FN, reviendrait à accorder aux policiers un "permis de tirer".
La perpétuité réelle pour les condamnés
Nicolas Sarkozy s'est dit d'accord avec une autre proposition du projet présidentiel de Mme Le Pen : la "perpétuité réelle pour certains délits". Alors qu'on lui demandait s'il approuvait cette proposition, le président-candidat a répondu : "Ca ne me choque pas."
"Pourquoi voulez-vous que, parce que Mme Le
Pen dit 'un fauve, un monstre doit rester en prison pour protéger la
société', je devrais donc dire [que] c'est faux, me boucher le nez parce que c'est elle qui le dit ? C'est le contraire de la
démocratie", s'est-il justifié.
Sur le chômage
"Le président sortant avait dit qu'il serait jugé sur le taux de chômage, il le sera. Il avait promis de le ramener à 5 %, il sera à 10 %", a lancé M. Hollande, selon lequel "le constat est implacable" pour M. Sarkozy. "Il y a une progression du chômage, elle est considérable sur les cinq dernières années, plus de 33 %, et ça touche et les jeunes et les seniors et avec une aggravation même pour le chômage de longue durée", a-t-il souligné. "Je ne laisserai pas dire qu'il y a du vrai travail et du faux chômage. Il y a du travail qui mérite d'être valorisé et du chômage qui mérite d'être combattu", a-t-il encore déclaré pour marquer son opposition avec la formule de "vrai travail" employée par M. Sarkozy pour annoncer sa volonté faire du 1er-Mai un rassemblement où seraient présents ses partisans.
M. Sarkozy a d'ailleurs fait son mea culpa sur cette expression. "Sur le vrai travail, ce n'est pas une expression heureuse (...) Je voulais dire une vraie fête du travail, c'est-à-dire avec les travailleurs sous statut et les travailleurs dans le privé", a-t-il admis, asssurant qu'il ne "reprendrait pas" cette expression, alors que le chômage est à la hausse pour le onzième mois consécutif. "Celui qui travaille et qui cotise doit gagner plus que celui qui ne travaille pas et ne cotise pas", a-t-il martelé, avant de répéter ses propositions d'obligation de formation pour les chômeurs : "Je changerai le mode de formation professionnelle en profondeur avant la fin de l'année 2012."
Sur l'Europe
M. Hollande, qui souhaite la renégociation du Traité européen afin d'y ajouter un "pacte de croissance", indispensable selon lui pour relancer l'économie dans l'Union européenne, a tenté de montrer sa volonté de négocier coûte que coûte avec l'Allemagne sur ce point précis. "Je ne suis pas pour la chaise vide. Quand une chaise est devant moi, je l'occupe", a-t-il dit en référence à la renégociation du traité européen, affirmant que ce qu'il demande sur le sujet "doit être possible" par la négociation. "Ce n'est pas l'Allemagne qui va décider pour l'ensemble de l'Europe", a lancé M. Hollande à Angela Merkel qui ne veut pas renégocier le pacte fiscal européen.
A front renversé, Nicolas Sarkozy a pris ses distances avec Mario Draghi, le président de la BCE, qui a apporté un soutien à son adversaire PS en jugeant qu'il fallait que l'Europe intègre une stratégie de croissance. "Mon bréviaire, ce n'est pas le président de la BCE qui le fixe", a jugé Nicolas Sarkozy, qui plaidait pourtant sur une meilleure convergence franco-allemande.
Les mea culpa de Sarkozy
Interpellé sur sa "tendance aux arrangements avec la vérité, avec les faits", M. Sarkozy a expliqué pourquoi il avait affirmé à tort être allé à Fukushima, au Japon, après le tsunami de 2011 avec sa ministre de l'écologie d'alors, Nathalie Kosciusko-Morizet. "Naturellement que je ne pouvais pas y aller parce qu'il y avait un périmètre de sécurité - même Nathalie n'y a pas été - qui était 30 kilomètres autour", a admis M. Sarkozy.
Moins attendu, M. Sarkozy a fait aussi un autre "mea culpa", selon ses propres mots, sur le cumul des mandats pour les ministres. "Ce n'est pas normal que les ministres puissent être maires ou présidents d'exécutif. Quand on est ministre, on ne doit faire que ça", a-t-il dit.
Sur Jean-Luc
Mélenchon
Le candidat PS a ausi indiqué qu'il avait adressé "un message de remerciements" à Jean-Luc Mélenchon après sa déclaration "claire, simple" après le premier tour de la présidentielle pour un vote à gauche. Il a aussi souligné que le candidat du Front de gauche n'avait "pas posé de conditions particulières". "Il a dit 'je veux qu'il y ait le changement', ça ne veut pas dire qu'il viendra demain gouverner avec moi, ce sera sa responsabilité et je ne veux surtout pas forcer qui que ce soit."
Sur les législatives, M. Hollande s'est déclaré d'accord avec l'idée d'une entente avec le Front de gauche dans les circonscriptions où le Front national est bien placé, répondant ainsi positivement à une demande en ce sens de M. Mélenchon. "Lorsqu'il y a un risque d'élimination de la gauche aux élections législatives, de nous mettre ensemble dès le premier tour, ça peut arriver dans certaines circonscriptions, je suis tout à fait d'accord avec cette démarche", a-t-il déclaré.
Sur François Bayrou
Interrogé sur la lettre que lui a envoyé le président du MoDem, M. Hollande a lancé : "Je ne suis pas dans une entreprise de négociation. J'ai du respect pour François Bayrou. Il n'est pas de gauche, il n'est plus de droite", avant de lister les points d'accord avec le centriste : l'éducation, l'héritage du Conseil national de la résistance.
Le candidat PS a aussi rappelé qu'il était "d'accord avec Bayrou sur la moralisation de la vie politique". Il a répété qu'il était favorable à "la suppression du statut pénal du chef de l'Etat" qui empêche actuellement les poursuites
durant le mandat du président, affirmant qu'il ne voulait "aucune protection" pour des "actes antérieurs" à la prise de fonction. "Ce qui a été fait avant de devenir président doit pouvoir être soumis aux tribunaux", a-t-il dit. "Un élu condamné pour des faits de corruption
ne pourra pas se présenter au suffrage universel pendant dix ans", a-t-il aussi ajouté.
M. Hollande a par ailleurs rappelé la règle qu'il a fixée à l'égard de ses partenaires s'il est élu : "Ceux qui auront appuyé ma candidature pour le second tour seront dans la majorité présidentielle." "Ensuite, il y a une majorité parlementaire qui se constituera dans les élections législatives. Ceux qui voudront gouverner viendront, mais sur la base du projet que j'ai présenté."
Voici la suite de l'interview exclusive du père Henri Boulad, directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie en Égypte, menée par Olaf de Paris. Pour une présentation du Père Boulad et pour la première partie de l'interview, intitulée «La perspective historique égyptienne, clé de la compréhension de l’évolution de l'islam», cliquer ICI. La troisième et dernière partie de l'interview, intitulée «Qu'est-ce que l'islam», sera publiée demain.
«...l’islam est dans l’impasse. Dans l’impasse, parce qu’incapable de se réformer… et dans l’impasse parce que s’il ne se réforme pas, il entre en guerre contre le reste du monde.» - Henri Boulad
Olaf : Nous avons parlé précédemment [Partie 1] de ces musulmans qui se lamentent sur leur gloire passée et déplorent leur incapacité à la retrouver aujourd’hui. C’est sans doute à rapprocher de la fermeture des « portes de l’ijtihad », vers le Xème siècle, qui signifie le refus de toute réflexion critique en islam, et qui a pratiquement abouti à sa fossilisation.
Père Boulad : J’aurais bien des choses à dire sur ce thème. Elles se résument en fait à une seule question : l’islam peut-il se rénover sans se dénaturer ?
Il y a eu en fait dans l’histoire de la pensée musulmane trois tournants majeurs, se situant tous les trois quasi à la même époque - le X° siècle :
Le premier tournant est la condamnation du motazilisme, mouvement de pensée rationaliste reconnaissant le caractère créé du coran. C’était la période de gloire de Bagdad, avec des califes comme Haroun al-Rachid et al-Mamoun, qui avaient accueilli à leur cour les motazilites, et fait jeter en prison Ibn Hanbal, tenant de la position rigide et partisan du dogme du coran incréé. Mamoun disparu, son successeur indirect, Mutawakkil, personnage radical et borné, sort Ibn Hanbal de prison, met à sa place les motazilites, et opte pour le coran incréé. Cette première décision fait de ce livre une parole de Dieu intouchable.
Olaf : De là découle tout ce phénomène d’encroûtement de l’islam. Fixé une fois pour toutes, il devient une sorte de disque rayé, tournant tout le temps en boucle, et se condamnant à répéter éternellement ce qu’il a été.
Père Boulad : Oui, absolument, on ne peut plus toucher au coran, il faut le prendre à la lettre, même dans son incohérence.
Le deuxième tournant a été celui du « nâsikh » et « mansûkh », c'est-à-dire de l’abrogeant et l’abrogé. C’est à la même époque que l’on décide que les versets médinois abrogent les versets mecquois, et non le contraire.
Olaf : C’est donc à ce moment là que cette doctrine a été fixée ? Elle ne l’aurait donc pas été par Mahomet lui-même ?
Père Boulad : Non, il s’agit
d’une décision des théologiens de l’époque. Face aux évidentes contradictions du texte coranique, ils ont cherché à sortir de l’impasse en décidant que les versets postérieurs – c’est-à-dire
médinois - abrogeaient les premiers - c’est-à-dire les mecquois.
Le troisième tournant, la troisième décision, prise à la même époque, stipule que la porte de l’ijtihad est close. Cela signifie que toute réflexion critique est désormais interdite, les grands penseurs de l’islam ayant fixé une fois pour toutes des normes définitives pour les siècles à venir.
Il y a donc eu au Xème siècle un blocage, une fossilisation de l’islam avec ces trois décisions : coran incréé, versets médinois abrogeant les mecquois, et fermeture de la porte de l’ijtihad, c’est-à-dire le refus de toute réflexion critique.
Olaf : C’est à ce moment-là que s’arrête peu à peu la période glorieuse ?
Père Boulad : Non, car des penseurs comme Avicenne, Averroès, Farabi et autres ont tenté de nouvelles interprétations. Mais ils se sont vus condamner à chaque fois au nom des options déjà prises…
… en fait, le coup d’arrêt avait été mis.
Père Boulad : Oui, un vrai coup d’arrêt.
Olaf : Ce qui signifie que l’évolution vers le fondamentalisme s’est inscrite très tôt dans l’histoire de l’islam.
Père Boulad : Oui, désormais on n’a plus le droit de penser, on n’a plus le droit de critiquer, on n’a plus le droit de réfléchir. Et nous en sommes toujours là actuellement !
Cependant, il existe bien des penseurs musulmans contemporains qui préconisent une réflexion critique, une exégèse, une reprise du texte pour le réinterpréter. Le cas le plus connu est celui du chercheur égyptien Nasr Hamid Abu Zayd, professeur à l’université d’Alexandrie, où sa femme enseignait la littérature française. Je les ai rencontrés personnellement il y a quelques années, lors d’une journée organisée par les Jésuites à Alexandrie. Abu Zayd, ayant osé procéder à une critique textuelle du coran, s’est fait condamner par un tribunal civil, s’il vous plait !
Olaf : Un tribunal civil ? Vous voulez dire un tribunal religieux ?
Père Boulad : Non, non, je dis bien « civil ». Abu Zayd ayant donc été condamné en première instance, en deuxième instance et en appel, fut forcé de quitter le pays pour se réfugier à Leiden en Hollande, où il est mort il y a deux ans.
Le refus de toute critique textuelle du coran est donc absolu, parce que si l’on s’engage dans une telle réflexion critique, tout risque de s’effondrer… L’islam en est au point où se trouvait l’Eglise catholique avant les grandes réformes du XX° siècle, notamment celle de Vatican II. En fait, le mouvement de réforme avait déjà commencé dès la fin du XIXème siècle avec l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII (1892). Après une longue période de stagnation, l’Eglise a finalement accepté une remise en cause de bien des points apparemment intouchables.
Olaf : J’ai du mal à situer sur le même plan l’Eglise et l’islam pour ce qui relève de la liberté de penser, ou de la critique textuelle. Vous êtes quand même bien placé pour savoir qu’il y a au cœur de l’Eglise une foi vivante, une pensée rationnelle et une production intellectuelle qu’on a de la peine à trouver dans l’islam. Ne pensez-vous pas qu’à force de sclérose l’islam en viendrait à s’effondrer ?
Père Boulad : Attention, il faut bien distinguer deux niveaux dans l’islam : celui de la pensée, qui s’est effectivement complètement encroûtée, et celui de la foi et de la piété, qui demeurent très fortement enracinées. Le musulman est un homme viscéralement croyant, dans le meilleur sens du terme. J’ai toujours été frappé par la foi profonde du musulman, indépendamment de tous ces courants extrémistes dont nous parlions. Le musulman en tant que musulman a quelque chose de profondément religieux qu’il ne faudrait pas nier ou sous-estimer. On ne peut pas réduire l’islam à sa dimension politique et radicale, bien que celle-ci ait été prépondérante au cours de son histoire, notamment aujourd’hui, avec les Frères Musulmans, Salafistes et autres islamistes.
Un homme comme Abdennour Bidar, que j’apprécie énormément, (il a récemment publié dans Le Monde un article remarquable sur le tueur de Toulouse), et d’autres penseurs du même acabit
se révèlent très intéressants : ils préconisent de revenir sur ces trois décisions prises au Xème siècle pour les inverser. En effet, on ne voit pas pourquoi ces messieurs du X° siècle
auraient pensé pour l’éternité et en quoi les musulmans du XXI° siècle seraient plus bêtes qu’eux. Cela supposerait la réouverture de l’Ijtihad, et la possibilité pour l’intelligentsia
musulmane d’aujourd’hui de décider que le coran est créé et que les versets mecquois abrogent les médinois.
Olaf : Quitte à contredire le prophète ?
Père Boulad : Disons que les versets médinois seraient alors considérés comme circonstanciels, alors que les mecquois seraient vus comme essentiels, originels. En fait, l’islam, en tant que mystique et religion, est bien l’islam mecquois. Cependant, les islamistes ne seraient évidemment pas d’accord sur ce point et se braqueraient contre une telle démarche qui déstabiliserait très profondément l’islam.
Olaf : Une petit chose tout de même en aparté sur Bidar. Sans être un spécialiste de son œuvre, je suis un peu ses activités, et en lisant une de ses interviews, j’avais pu souligner combien lui-même est sceptique sur la capacité des musulmans « ouverts » à réformer l’islam, face à ce qu’il nomme les « foyers de conservatisme, voire de régression ».
Père Boulad : Oui, effectivement. Dans cet article du Monde que je viens de citer, il envisage rien de moins qu’une refondation de l’islam : « L'islam doit accepter le principe de sa complète refondation, ou sans doute même de son intégration à un humanisme plus vaste qui le conduise à dépasser enfin ses propres frontières et son propre horizon ».
Personnellement, je pense que la seule solution pour l’islam de s’en sortir est de passer par cette totale refondation que préconise Bidar. Cependant, je l’en crois incapable.
Olaf : Donc c’est fichu … Et j’ai l’impression que Bidar le sait lui-même.
Père Boulad : Il le sait et le sent lui-même. Car l’autre courant est tellement fort, tellement structuré, tellement répandu, tellement virulent, tellement coriace, qu’on peut vraiment dire que l’islam est dans l’impasse. Dans l’impasse, parce qu’incapable de se réformer… et dans l’impasse parce que s’il ne se réforme pas, il entre en guerre contre le reste du monde.
Olaf : Ce qu’il semble faire actuellement …
Père Boulad : Oui, j’ai l’impression que nous assistons à une sorte de bras de fer entre l’islam et l’Occident, entre l’islam et le monde tout court, y compris l’Inde, la Chine, que sais-je, bref, toute la modernité. Je crains fort que nous n’aboutissions bientôt à une confrontation, sinon à une conflagration à la Huntington, comme je le disais dans une interview à Radio Canada.
Les événements récents de Montauban et de Toulouse ont par exemple obligé la France à muscler ses positions, qui étaient d’un laxisme affligeant. Actuellement on fait des perquisitions, on convoque des suspects, on en met d’autres à la porte du pays. C’est un bon signe, mais est-ce profond, ou bien ne s’agit-il que d’une affaire d’élections. Si Sarkozy serre tout à coup la vis, n’est-ce pas, pour se faire réélire ? Sinon, pourquoi ne l’a-t-il pas fait plus tôt ?
Olaf : J’aurais bien une réponse à proposer… Nos politiques, quels qu’ils soient, rivalisent de veulerie, de lâcheté, et cherchent surtout à s’offrir à bon compte les votes des communautés. Il y a par ailleurs, surtout dans une certaine gauche, tout un courant qui explique que puisque les ouvriers, le peuple ne votent plus pour nous, il faut changer de peuple, viser de nouvelles cibles électorales - immigrés musulmans par exemple - auxquels il ne faut surtout pas déplaire, ni « stigmatiser ». C’est très bien illustré par l’affaire récente de la viande hallal distribuée à l’insu des consommateurs en France …
Père Boulad : Oui, cette lâcheté des politiciens est vraiment écœurante.
Les événements de Toulouse et de Montauban ont obligé le pouvoir à réagir. Dans quelle mesure cela continuera-t-il ?… Il y a eu récemment une manifestation contre l’islamisation de l’Europe au Danemark, où 200 participants ont du faire face à plus de 2000 opposants de gauche. Cela n’augure pas du meilleur.
Olaf : Ajoutez à cela que certaines forces politiques cherchent à détruire les structures traditionnelles de nos sociétés et qu’ils trouvent chez les islamistes des leviers d’action très puissants.
Père Boulad : Absolument, il s’agit là en fait d’un enjeu de civilisation. Mais si l’on ose parler pour dénoncer le danger, on se fait immédiatement taxer de raciste ou de partisan d’extrême droite. Tout cela est d’une primarité affligeante, comme si tout pouvait entrer dans les catégories de « gauche » et de « droite ». Comment l’Europe, qui est pourtant cultivée, peut-elle tomber dans un tel simplisme ? Je trouve ça vraiment désolant. Il n’existerait donc que la droite et la gauche pour analyser la situation actuelle ? … Eh bien, moi je me proclame à la fois d’extrême droite et d’extrême gauche… du centre et de nulle part. Je me fous éperdument des catégories dans lesquelles on veut m’enfermer. Je suis libre de penser ce que je veux en fonction de la réalité. On a abandonné le principe de réalité pour devenir prisonnier de catégories totalement inadaptées aux situations concrètes. Ce qui compte, c’est les faits, le réel. C’est pourquoi, je me fous de vos catégories. Classez moi où vous voudrez, cela ne m’empêchera pas de penser, ni de parler !
Olaf : Revenons si vous voulez à l’impossibilité de réformer l’islam. Si les plus réformistes des musulmans, Abdennour Bidar, Malek Chebel et autres, se trouvent incapables de susciter une réforme, alors qu’ils vivent en France, c'est-à-dire dans un pays relativement libre en matière religieuse, on est en droit de douter qu’une telle réforme puisse nous venir de pays arabes ou musulmans …
Père Boulad : Je
voudrais cependant nuancer votre propos et attirer votre attention sur ce qui se passe actuellement en Egypte et qui est porteur d’espérance. Des centaines de milliers de libéraux, en majorité
musulmans, – penseurs, intellectuels, journalistes, écrivains, hommes politiques, de concert avec les jeunes qui ont fait la révolution – s’opposent de toutes leurs forces aux Frères Musulmans,
Salafistes et islamistes de tous bords. Cela augure du meilleur. Le combat ne se joue pas simplement qu’en France ou en Occident !
Olaf : Et pourtant les Egyptiens ont voté pour les Frères Musulmans ?
Père Boulad : Oui, mais ce vote s’est avéré manigancé par les islamistes ! S’il était à refaire aujourd’hui, ceux-ci n’obtiendraient même pas 20% des voix ! A condition toutefois que les élections ne soient pas de nouveau manipulées … En d’autres termes, nous menons actuellement en Egypte un combat qui sera déterminant pour l’avenir de la planète.
Chaque jour, je compte les points, chaque jour j’étudie l’actualité, j’analyse la situation… Mon sentiment est que quelque chose d’essentiel se joue chez nous. Deux événements récents très symptomatiques me portent à l’optimisme. Le parti Ennahda au pouvoir en Tunisie, pourtant dirigé par les Frères Musulmans, vient de refuser d’inscrire la charia dans la constitution. Cela représente un tournant incroyable ! La Tunisie, qui a frayé le chemin à la révolution égyptienne et aux autres révolutions arabes, refuse d’inscrire la charia dans sa constitution !
Deuxième événement, certes moins important mais tout de même significatif : l’Algérie interdit désormais la prière dans les rues. Celui qui ne trouve pas de place à la mosquée n’a qu’à prier chez lui – ce qui est tout à fait conforme à la législation musulmane … Que de tels pays en viennent à prendre des positions aussi musclées, sans qu’on puisse les taxer d’islamophobes, nous montre que nous pourrions arriver aussi en Egypte à des décisions du même type. Elles ouvriraient alors la porte à une réforme, qui ne viendrait pas de l’Occident mais des pays musulmans eux-mêmes.
Quelque chose est en train de se
jouer en Egypte, quelque chose d’imprévisible. Tout un courant libéral est en train de gagner parce que les islamistes ne cessent de se disputer et de se discréditer. Le roi est nu … Chaque jour,
ils se contredisent ! Et les gens le constatent : « ils disaient qu’ils ne voulaient pas d’un Frère Musulman comme président, et les voilà qui en proposent un », « ils
étaient de mèche avec l’armée, et les voilà à présent contre elle », « ils étaient avec l’Azhar, et maintenant ils s’y opposent » … On a l’impression que l’islam est à la croisée
des chemins, face à un nœud de contradictions et d’oppositions : chiites contre sunnites, Frères Musulmans contre Frères Musulmans, Frères Musulmans contre salafistes, Frères Musulmans et
salafistes contre soufis, Frères Musulmans et islamistes contre l’Azhar, et réciproquement !
Olaf : En somme, l’épreuve du réel est fatale. En se frottant aux aléas du pouvoir, les islamistes sont bien obligés de composer, de transiger. Cela montre par les faits que la charia, supposée avoir réponse à tout, échoue lamentablement dans sa volonté de tout régenter et d’offrir aux croyants le meilleur des mondes possibles.
Père Boulad : Oui. Autrement dit, l’islam ne parvenant pas à se définir, et pour cause, est en train de se piéger lui-même … Sa duplicité est en train d’éclater au grand jour !
Olaf : L’islam ne parvenant pas à se définir ? Ca alors, Père, vous aiguisez vraiment notre curiosité … Qu’est ce donc que l’islam pour qu’il arrive ainsi à ne pas pouvoir se définir ? Nous allons voir cela dans nos échanges à venir … Encore une fois merci, merci beaucoup, Père, d’avoir répondu aux questions de Poste de Veille, vous nous apportez des clés uniques de compréhension de la situation actuelle.
À suivre...
Reproduction vivement encouragée, avec la mention suivante et, obligatoirement, le lien html ci dessous:
© Poste de Veille www.postedeveille.ca
C’est sous le titre « Haddouchi : les musulmans doivent fuir les pays occidentaux » que le site ar.yabiladi.com (ô_mon_pays.com en arabe) a publié un article très éclairant. Nous y découvrons un cheikh salafiste autrement plus sincère et cohérent que bien des régimes ou partis, soi-disant anti-salafistes, mais qui font tout pour ne pas nous dire, aussi simplement que Omar al-Haddouchi, ce qu’enseigne l’islam, c’est à dire le Coran et la tradition de Mahomet.
Voici le début de l’article en arabe publié par ar.yabiladi.com:
« Après une longue absence, voilà que réapparaît le célèbre salafiste marocain cheikh Omar al-Haddouchi dans une vidéo postée sur Internet. Il y recommande aux émigrés musulmans de quitter (littéralement de fuir) la France, ce pays d’infidélité à Mahomet (kufr) où un musulman ne devrait pas résider. Il s’agit d’une figure de proue des salafistes jihadistes graciés dernièrement par la monarchie. Il fut condamné à trente années d’emprisonnement fermes dans le cadre des attentats de Casablanca en 2003 »
Nous vous proposons donc de découvrir une preuve audio-visuelle qui nous démontre que les musulmans ne cachent absolument pas leur jeu et qu’ils n’ont absolument pas de double-langage. Ce sont nos concitoyens Français et Européens, qui ne veulent pas admettre que l’islam a toujours eu une ambition claire et nette : préserver les adeptes gagnés à sa cause et militer pour faire triompher la cause d’Allah, c’est à dire celle du Coran, de Mahomet et de ceux qui croient à leur message hautain, musclé et expansionniste.
Regardez et vous serez édifié(e).
En voilà donc des déclarations sans fioritures, sans détours et sans circonlocutions. Ce cheikh, comme bien d’autres avant lui, ose nous rappeler que l’islam a, tout autant que l’Occident, une prétention universaliste visant à promouvoir ses propres valeurs en place et lieu de celles qui lui sont étrangères ou opposées.
A Riposte Laïque, nous combattons l’islam, c’est à dire le Coran et Mahomet, parce qu’il est un système de pensées et de pratiques politico-religieuses, contraire à la Liberté, à l’Egalité et à la Fraternité humaine. Il sape aussi les fondements de la nation tels que Ernest Renan les a si bien définis.
Pascal Hilout, né Mohamed
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