Citation

Critiquer et combattre les religions est et restera toujours pour les incrédules non seulement un droit inaliénable, mais un devoir impérieux tant que ces religions resteront oppressives.Et elles ne peuvent mieux les inciter à le faire qu'en osant invoquer les droits de l'Homme au secours de Dieu qu'en osant se réclamer des Lumières pour défendre l'obscurantisme , qu'en osant brandir l'étendard de la tolérance contre le libre examen et qu'en osant prétendre lutter contre le racisme quand elles cherchent à perpétuer l'asservissement .

René Pommier
Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 21:42

Le sociologue des religions Jean Baubérot, auteur de La Laïcité expliquée à M. Sarkozy (Albin Michel, 2008), estime que l'heure est grave. Avec l'accord passé entre la France et le Vatican sur les diplômes, 'c'est un des fondements de la laïcité de l'enseignement qui est mis en cause, car celle-ci repose sur la collation des grades par les universités publiques'. Lire la suite l'article


Jusqu'alors, on s'en tenait 'à des collaborations ponctuelles au cas par cas avec des professeurs de facultés privées, sur des critères strictement académiques'. Alors que cette pratique autonomisait les professeurs des 'cathos' par rapport à leur hiérarchie, M. Baubérot juge qu''on donne une possibilité de pression du Saint-Siège sur les instituts catholiques'. Le Vatican 'a refusé, par le passé, de nommer des professeurs dont les idées ne lui plaisaient pas. Qu'adviendra-t-il des formations médicales ou de bioéthique et de celles qui développent une approche scientifique des religions ?', se demande ce défenseur d'une laïcité tolérante. A ses yeux, le texte ouvre un autre problème : 'Soit on crée une nouvelle inégalité au profit du catholicisme, soit on étend la mesure aux autres religions et, par exemple, on reconnaît les diplômes délivrés par l'université coranique d'Al-Azhar au Caire', craint-il.


Ce professeur émérite à l'Ecole pratique des hautes études estime que les politiques abordent le sujet de la religion avec un regard biaisé : 'Les gouvernants privilégient les institutions. Ils n'ont toujours pas compris que les pratiques religieuses se sont individualisées et que les catholiques français entretiennent un rapport de liberté avec leur Eglise.' Selon lui, c'est la difficulté, pour le politique, de construire un projet d'avenir qui 'entraîne un repli identitaire réofficialisant de façon rampante des 'racines chrétiennes''. Cela s'est accentué avec Nicolas Sarkozy, mais avait débuté avec Lionel Jospin, qui a institué, en 2002, un 'dialogue institutionnel' avec le catholicisme.

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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 21:41

LE MONDE | 11.05.09 Le monopole de l'université publique sur la délivrance des titres universitaires est en train de craquer, et la guerre scolaire pourrait se ranimer.

 

C'est la conséquence directe du décret paru au Journal officiel du 19 avril 2009, qui rend applicable l'accord signé le 18 décembre 2008 entre Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, et le Vatican : par cet accord, la France s'engage à reconnaître les diplômes délivrés par "les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d'enseignement supérieurs dûment habilités par le Saint-Siège". Depuis, le camp laïque fourbit ses armes. Un Collectif pour la promotion de la laïcité, récemment créé, vient de lancer une pétition et prépare un recours devant le Conseil d'Etat.

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L'accord entre la France et le Saint-Siège a deux facettes. Côté pile, il s'inscrit dans le processus de Bologne, qui vise à construire un espace européen de l'enseignement supérieur avant 2010. Dans ce cadre, les 46 pays signataires reconnaissent les diplômes délivrés par leurs voisins, ce qui permet aux étudiants de commencer un cursus dans un pays et de le continuer ailleurs. Cette vitrine permet au ministère de l'enseignement supérieur d'assurer que "tout cela n'est que du très classique puisque nous sommes dans le cadre du processus de Bologne de reconnaissance des diplômes".

Mais, côté face, les implications de l'accord dépassent la construction de l'Europe des savoirs. Car le Vatican va pouvoir viser des diplômes des instituts catholiques, alors qu'en France l'Etat, par l'intermédiaire de l'université publique, a le monopole de la délivrance des diplômes.

Cinq instituts supérieurs d'enseignement catholiques, les "cathos", créés par l'Eglise à la fin du XIXe siècle à Paris, Angers, Lille, Lyon et Toulouse, proposent des formations en lettres, en économie, ou en mathématiques aux côtés de leurs diplômes de théologie. Au total, 65 000 étudiants y sont inscrits dont la majorité suit un cursus profane, et payant.

Les "cathos" n'ont pas le droit de délivrer des diplômes universitaires. Elles passent des conventions avec l'université publique voisine, qui valide les formations et délivre le diplôme en son nom. S'il n'y a pas eu de convention, elles demandent au recteur d'académie d'organiser un jury d'Etat chargé d'évaluer leurs candidats.

Le nouveau texte induit que si ces mêmes diplômes, demain, sont visés par le Saint-Siège, ils seront automatiquement reconnus par l'Etat, sans le passage par le label de l'université publique. Ce qui revient à entamer le monopole d'Etat de la délivrance des diplômes universitaires.

Les ministères de l'enseignement supérieur et des affaires étrangères ont publié, le 6 janvier, un communiqué commun précisant que "sont visés par cet accord les diplômes canoniques". Restriction que réfute d'emblée Mgr Maurizio Bravi, conseiller de la nonciature à Paris : "Comme une simple lecture de l'accord permet de le constater, il n'est pas indiqué que seuls les diplômes canoniques soient concernés... Cela peut se comprendre, puisque les négociations se sont déroulées dans le cadre du processus de Bologne et que l'accord en question n'a pas vocation à se substituer aux pratiques en vigueur, mais correspond à une volonté de l'exécutif français exprimée le 20 décembre 2007 à Rome."

La volonté de l'exécutif n'est pas clairement exprimée, mais, pour les spécialistes interrogés par Le Monde, l'accord s'inscrit dans la droite ligne du discours de Latran du 20 décembre 2007, où Nicolas Sarkozy avait regretté que la République "répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d'enseignement supérieur catholique alors que la convention de Bologne le prévoit". L'Elysée ajoute aujourd'hui que "la France reconnaît déjà les diplômes de toutes matières délivrés par les universités pontificales reconnues ailleurs en Europe par les vertus du processus de Bologne".


La discussion a manifestement commencé sur la base des diplômes canoniques, avant d'être élargie aux autres, à la demande de la France, et non du Vatican. L'affaire est très embarrassante pour les cinq instituts eux-mêmes qui jouissent depuis la fin des années 1950 d'une autonomie pour décider du contenu de leurs formations. Le Vatican exerce surtout son droit de contrôle sur les formations ecclésiastiques, afin de s'assurer qu'elles sont en conformité avec la doctrine de l'Eglise. Avec l'extension de son droit de regard aux diplômes profanes, il pourrait être tenté d'élargir son contrôle.

L'accord débouchera-t-il sur une reprise en main d'une partie de l'enseignement catholique ? L'avenir le dira lorsque le Vatican aura établi la liste des formations qu'il souhaite viser. "D'un commun accord, les parties sont convenues de se donner du temps et de procéder prudemment et progressivement... Le bureau du Saint-Siège compétent en la matière commence à peine à être constitué et travaillera au cours de la prochaine année universitaire", précise Mgr Bravi.

 

Le président de l'Union des établissements d'enseignement supérieur catholique (UDESCA) et recteur de l'université catholique de Lyon, Michel Quesnel, se refuse à répondre. Fin décembre, au moment de l'accord, il avait marqué sa surprise d'y voir possiblement inclus les diplômes profanes. Le camp laïque est en colère, les instituts catholiques inquiets.

Maryline Baumard et Christian Bonrepaux

 

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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 21:39

         


                     Le meilleur et surtout le pire !

 

Le grand voyage planétaire commence dès la première page de ce livre d'enquêtes.


L'auteur, grand reporter part d'une analyse partagée par tous ou presque: l'ère du pétrole va connaître son déclin et sa fin, pour nous faire découvrir les stratégies en cours.


La Chine ne s'éveillera pas, elle est bien éveillée et après avoir rattrapé tout son retard est en passe de devenir la première puissance économique mondiale...Elle est déjà la première pollueuse avec l'exploitation du charbon, l'extension des villes et la circulation automobile qui a déjà fait un bond extraordinaire.


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Le brut nouveau du Canada est du pain béni pour les américains mais ni pour la flore, la faune et l'agriculture locale, sans parler des émissions de CO2. L'exploitation du charbon dans le Wyoming est certes l'ennemi climatique numéro 1 mais aussi un moyen de palier à la diminution des ressources pétrolières...

Qu'importe l'avenir de la planète, seul le présent compte!

«  Pourtant, le charbon, depuis toujours est un cauchemar. Brûlé, il émet d'importantes quantités de particules nocives....du plomb, du mercure, du soufre »

Et le pétrole dans tout cela?...

 

Les grandes compagnies se réjouissent de voir s'ouvrir des exploitations dans le grand nord, le réchauffement climatique découvrant à court terme des sources d’enrichissement immédiat!?

 

Certains pensent déjà à l'après pétrole et sur le terrain, les industriels et quelques grands exploitants agricoles ont trouvé une poule aux œufs d'or: les biocarburants...

 

Le miracle annoncé se transforme en arnaque avec l'augmentation du prix des denrées alimentaires et le risque de voir des apprentis sorciers passer de cultures vivrières à la production incontrôlée d'éthanol.

Évidemment il reste la biomasse cellulosique mais si cette source d'énergie pourrait, à terme couvrir 30% des besoins en essence des États Unis, le terme de ce passage est fixé vers 2030 !

 

L'auteur nous fait visiter les pays européens qui ont commencé la révolution énergétique: l'Allemagne, l'Espagne et le Danemark ont une longueur d'avances avec les éoliennes ou les capteurs solaires pour la péninsule ibérique...

 

Le nucléaire n'est pas mort, il renaît et se développe dans l'hexagone et dans de nombreux pays où la France exporte son savoir faire en la matière.

     Il n'y a toujours pas à ce jour de solution au stockage définitif des déchets;

      « le nucléaire ne contribue pas à réduire les émissions de CO2 » ;

      « l'intensité énergétique nécessaire » à l'aboutissement du nucléaire;

      la « catastrophe écologique que représentent les mines d'uranium » sans compter les transports routiers pour faire circuler les barres de combustible nucléaire...

Ce sont là des sujets d'inquiétude quant à l'avenir....

 

Si certains pays sont à l'avant-garde de la course aux énergies vertes, la majorité des pays et des gouvernements continue dans sa course folle qui consiste à nier ou à minimiser les risques  de voire survenir une catastrophe écologique majeure.

 

Jean-François CHALOT

Éditions le Seuil

18 € /172 pages

avril 2009

 

 

 

 L'AUTEUR


ederlin Serge Enderlin, né en 1969, est un journaliste suisse.

 


Grand reporter, il concentre son travail sur les questions énergétiques. Ses reportages sont diffusés dans plusieurs titres de la presse européenne, dont Libération, Internazionale, 24 Heures, et à la Télévision suisse romande. Il est co-auteur d'Un monde de brut. Sur les routes de l'or noir (Seuil, 2003)

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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 21:37
Texte rédigé par un membre d'info-dettes 77

Endettement ou surendettement ?

La distinction est importante car les solutions ne sont pas identiques.
Avant un surendettement (c'est-à-dire plus de 30% des revenus), il y a toujours un endettement mal contrôlé.
Les lois sur le crédit comportent des dispositions qui permettent à l'emprunteur d'obtenir des délais de paiement rarement utilisés car mal connus.
- Qu'il s'agisse d'un endettement dû à un crédit ou non, il faut négocier.

En cas d'échec, faire une demande au juge. Il est accessible et sa décision est rapide, pour cela il suffit de se rendre au greffe (secrétariat) du tribunal et de retirer un formulaire à cet effet.

Au stade de l'endettement

Les aides dont peut bénéficier le débiteur sont :

1)- une aide collective pour la fourniture et le maintien d'énergie [négociation avec le service clientèle, si refus voir avec le C.C.A.S de sa localité (aide facultative)]

2)- une aide pour les besoins vitaux : alimentation, hygiène, transport, cantine, etc [Assistante Sociale de l'Unité d'Action Sociale ou Comité Communal d'Action Sociale de la localité].

3)- le Fonds Social du Logement pour les aides financières immobilières : loyers, charges locatives, etc... Le FSL assure le relais avec les commissions de surendettement par l'intermédiaire d'un « correspondant surendettement ».

4)- Pour les bénéficiaires de l'Aide Personnalisée au Logement, le S.D. Aide Personnalisée au Logement peut intervenir pour que le locataire ne perde pas le bénéfice de son allocation. Son maintien est subordonné à la mise en place d'un plan d'apurement de la dette.

Le débiteur peut bénéficier d'une aide administrative en s'adressant aux associations spécialisées (ex : Info Dette), afin de préparer ses dossiers à tous les stades.

Il y a surendettement !

Le débiteur surendetté doit s'adresser à la Banque de France de son département, c'est le lieu où siègent des commissions de surendettement chargées d'examiner son problème et d'engager une procédure.

Pour ce faire, il y retirera un formulaire où il écrira son nom et son adresse, sa situation de famille, un état détaillé de ses revenus et de ses ressources, son actif, (biens immobiliers, épargnes, etc), ses dettes (états détaillés, photocopies des contrats, courriers, etc), noms et adresses des créanciers.

Ne cachez rien ! Il vaut mieux aider la commission en classant soigneusement les documents plutôt que de les donner en vrac (des sous-dossiers sont prévus à cet effet dans chaque dossier). Cela permet au gestionnaire de gagner du temps et de ce fait le dossier sera soumis beaucoup plus tôt à la commission.

La commission accuse réception, au débiteur, de sa demande et informe les créanciers concernés par lettre simple. Il est également recommandé au débiteur d'en avertir sa banque qui peut procéder à une remise sur les frais de rejet éventuel, de même pour l'huissier en cas de "visite".

Cas spéciaux

1) Il n'y a pas de domicile (SDF). Le dossier est déposé à la Commission du dernier lieu de résidence. S'il y a une domiciliation, le choix peut se porter sur le lieu de la domiciliation.

2) Le débiteur est domicilié à l'étranger. Le dossier est déposé à la Commission du département de l'un des créanciers. Deux conditions : êtres français et avoir contracté la ou les dettes en France.

3) Une personne s'est portée caution pour le débiteur, il faut la prévenir et le signaler à la Commission qui, avertie de l'existence d'une caution peut demander aux créanciers de s'engager à respecter le plan qui leur sera donné sans se retourner contre la caution.

Cas spéciaux, suite

La loi n'est pas réservée qu'aux dettes de crédits, toutes les dettes sont concernées, à l'exception des pensions alimentaires, les dettes professionnelles, les amendes, (les dettes d'impôts relèvent du Trésor Public). Mais le plan de redressement en tiendra compte puisqu'elles conditionnent la solvabilité.

Une dette de caution pour une activité commerciale n'est pas automatiquement une dette professionnelle lorsque la caution n'a pas un intérêt personnel direct dans l'affaire, exemple : un père se porte caution pour son fils pour garantir un prêt destiné à l'acquisition d'un commerce, n'est pas considéré comme dette professionnelle.

Le dossier est déposé

1)- Après vérification que le dossier est complet, le secrétariat de la Commission prévient par lettre simple le débiteur, et les créanciers. Cet avis marque la date officielle de saisie de la Commission.

2)- Il faut dans la mesure du possible continuer les paiements en cours. Les intérêts des dettes ne sont pas suspendus tant que la Commission n'a pas dressé un plan de redressement.

3)- Le surendetté vis à vis de sa banque a le droit à un compte bancaire. La banque ne peut fermer le compte. Le dossier de surendettement ne justifie aucunement la méfiance des personnes avec lesquelles le débiteur est en relation commerciale.

4)- La pression d'un créancier, relance pour paiement avant que la commission ne se soit prononcée, est illégale.

Une fois le dossier déposé, il ne faut pas aggraver les dettes sous peine de voir la Commission dénoncer le plan de redressement.
Cependant si une dépense urgente se présentait, se faire autoriser par la Commission à engager la dépense (réparations, achats urgents etc...).
Signaler à la Commission tous faits nouveaux intéressant le plan en cours (perte d'emploi, changement de situation, décès, naissances, etc...).

A savoir : une demande d'ouverture d'une procédure de surendettement est volontaire, elle ne peut obliger de vendre, simplement de conseiller si elle estime que c'est le seul moyen de pouvoir établir un plan cohérent. Il s'agit d'établir un plan efficace et non de sanctionner inutilement le débiteur.

La Commission de surendettement

La Commission de surendettement est composée de :
1 représentant du préfet, du directeur de la Banque de France,
1 représentant des banques,
1 représentant des créanciers,
1 représentant du Trésor Public,
1 représentant des impôts,
1 assistante sociale,
1 juriste,
2 représentants des usagers (UDAF et ORGECO)

Après étude du dossier par la Commission.

Le dossier est recevable ou irrecevable.

I. Il est recevable : 4 possibilités :
  1. dans un premier temps il entre en phase amiable c'est-à-dire d'un plan de redressement accepté par les créanciers et le débiteur. Si un seul refuse ou ne répond pas, la phase amiable échoue. Le client est averti par lettre recommandée, et peut présenter dans les 15 jours maximum un recours en recommandation.
  2. Deuxième temps si échec du premier : le débiteur entre en phase de recommandation c'est-à-dire que le plan dressé par la Commission sera signé par le juge d'exécution et ne peut être discuté.
  3. Dans le 1er et 2ème cas, la Commission peut statuer pour un moratoire n'excédant pas 18 mois (3ème cas).
  4. Sur demande du débiteur et après décision de la Commission, le dossier peut être dirigé sur un plan de redressement personnel, entraînant sa procédure particulière.

II. Si le dossier est irrecevable : on fait appel au juge.
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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 21:36

Le Pakistan est l’un des états issus, avec l’Inde, de la disparition de l’empire colonial britannique en Inde en 1947. Entre 1947 et 1958, ce pays traversé par une instabilité politique et de graves difficultés économiques a tenté de mettre en place un système démocratique.

 

Le 16 octobre 1951, le premier ministre Liaqat Ali Khan est assassiné par un fanatique afghan. Ce pays souffre de leaders que ni les Premiers Ministres Nazimuddin (1951-1953) et Muhammad Ali (1953-1955), ni le Gouverneur général Ghulam Muhammad (1951-55), ne parviennent à combler.

Le Pakistan devient la première république islamique au monde après la promulgation d’une constitution le 26 mars 1951 et Mirza est élu président à titre provisoire.

 

Malgré la mise en place de cette constitution, l’instabilité politique perdure faute de trouver une majorité stable au sein de l’assemblée, qui au cours de cette période n’est plus dominée par la ligue musulmane qui a enregistré de nombreuses débâcles électorales, notamment en 1954.

 

Le pays se trouve confronté à une corruption généralisée et le président Mirza fait appel au général Muhammad Ayub Khan pour réprimer une agitation persistante dans le Pakistan oriental. Le 8 octobre 1958, le pouvoir abroge la constitution est instaure la loi martiale. De 1958 à 1972, la loi des armes prévaut au Pakistan.

 

En 1962, une nouvelle constitution est instituée ; celle-ci prévoit l’instauration de deux langues officielles, le bengali et l’ourdou. Islamabad devient la capitale nationale et Dhaka au Pakistan oriental devient la capitale législative.

 

                                                 

 

Pendant cette période, les relations avec l’Inde restent exécrables, surtout en raison de la question du Cachemire et des conflits communautaires qui déchirent l’Inde.

Le président Ayub Khan démissionne en mars 1969 après de terribles émeutes internes à la fin de l’année 1968 et transmet le pouvoir au général Muhammad Yahya Khan qui décrète à nouveau la loi martiale.

 

En 26 mars 1971, le Pakistan Oriental déclare son indépendance et devient le Bangladesh. Une guerre civile éclate, entrainant la fuite de 10 millions d’individus vers l’Inde et la mort de centaines de milliers de civils. L’Inde soutient le Bangladesh et envoie des troupes le 3 décembre 1971 et déclenche la troisième guerre indo- pakistanaise entre les deux pays. Le 16 décembre 1971, les troupes pakistanaises se rendent et un cessez le feu est signé entre les deux belligérants. Le Pakistan reconnaîtra le Bangladesh en 1974.

 

Entre 1972 et 1977, Ali Bhutto conduira les affaires du pays, en faisant adopter une nouvelle constitution de type fédéral. Au cours de cette période, Ali Bhutto entreprend de grandes réformes économiques (nationalisation des banques et réforme agraire) tout en écartant du pouvoir les militaires des postes décisionnaires.

 

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Neuf importants partis d’opposition font alliance contre le PPP (Parti du Peuple Pakistanais) sous le nom de « Pakistan National Alliance » (Alliance nationale du Pakistan) ou PNA. Aux élections générales de 1977, les secondes de l’histoire du Pakistan, le PPP l’emporte cependant largement, avec 150 sièges sur 200. Le PNA conteste violemment ces résultats marqués, selon lui, par la fraude et les pressions. Des manifestations et des émeutes sont déclenchées dans le pays.

 

Face à ce blocage et affirmant ne pouvoir choisir une autre solution, le général Muhammad Zia-Ul-Haq décide d’imposer la loi martiale au pays le 5 juillet 1977. Ali Bhutto est arrêté, jugé et condamné à mort et exécuté par pendaison le 4 avril 1979.

C’est sous le régime militaire de Zia qui se déroulera de 1977 à 1988, que le processus d’islamisation prendra place. Des taxes d’origines religieuses sont introduites, à l’exemple de la Zakât, aumône obligatoire instituée par le Coran. Une Cour Fédérale de la Charia est mise en place pour statuer selon les préceptes du Coran et de la Sunna.

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En 1979 quand les soviétiques envahissent l’Afghanistan, une nouvelle tension apparaît dans la région. Le régime soutient l’aide apportée par les américains à la résistance afghane contre les communistes.

Les élections de 1985 permettent de restaurer un ordre constitutionnel en dotant l’Assemblée Nationale de pouvoirs législatifs. Un nouveau premier ministre est nommé et lève à cette occasion la loi martiale. Le général Zia meurt dans un accident d’avion le 17 août 1988.

 

Entre 1988 et 1999, Benazir Bhutto et Nawaz Sheriff conduiront à tour de rôle les affaires du pays, sans pour autant parvenir à instaurer une stabilité politique dans le pays, lequel est confronté à des tensions internes et des conflits régionaux, notamment avec l’inde à propos du Cachemire au cours de l’été 1999.

De 1999 à 2008, Pervez Musharraf dirigera le pays avec le soutien des américains. L’attentat perpétré sur le sol américain le 2 septembre 2001 par les islamistes d’Al Qaida conduira le pouvoir pakistanais à se ranger au côté des Etats Unis dans sa lutte contre Ben Laden et le régime taliban en Afghanistan.

 

Cet alignement sur les Etats Unis provoque à l’intérieur du pays des émeutes fomentées par les islamistes, notamment en bordure de la frontière afghane.

 

En Octobre 2002, le PPP de Benazir Bhutto remporte un succès lors de ces élections. Le parti de Perraz Musharraf arrivé en deuxième position, s’allie avec le PMLQ (parti islamiste) pour revenir sur des amendements de la Constitution, pour renforcer ses pouvoirs face au parlement.

Le 18 octobre 2007 une première tentative d’assassinat de Benazir Bhutto tue 140 personnes dans des attentats à la bombe. Celle-ci accuse les services secrets et le pouvoir de Musharraf dans plusieurs lettres. Elle se fera assassiner finalement en décembre 2007 .

 

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Depuis le 6 septembre 2008, jour de la victoire du Parti du Peuple Pakistanais, Asif Ali Zardari (veuf de Benazir Bhutto) est devenu président de la République Islamique du Pakistan.

L’Afghanistan, Al-Qaïda et la problématique islamiste

La situation du Pakistan, doté de l’arme nucléaire, a profondément changée sur le plan international depuis les attentats du 2 septembre 2001. Cet état bénéficie d’une aide financière considérable, bien qu’il ait été soupçonné de soutenir le régime de talibans.

Pour autant, la situation à la frontière afghane ne s’arrange pas et le Pakistan apparaît pour de nombreux observateurs, comme une base arrière du terrorisme islamique dans le monde, sur le plan financier et opérationnel.

 

Le Pakistan est régulièrement l’objet d’attentats attribués aux islamistes : l’armée et la police sont la cible d’attaques dans le nord-ouest, près de la frontière avec l’Afghanistan.

 

Les 17 et 27 juillet 2007, deux attentats-suicide à Islamabad ont fait 27 morts au total.

Le 4 septembre 2007 au moins 24 personnes sont tuées dans deux explosions dans la banlieue de la capitale.

Le 21 décembre 2007, le jour de l’Aïd al-Adha, un kamikaze se fait exploser dans une mosquée du nord-ouest du pays, faisant au moins 54 victimes.

Plus de 760 personnes sont mortes dans des attentats au Pakistan au cours de l’année 2007, quasi-exclusivement par des kamikazes.

Le 20 septembre 2008 un camion bourré d’explosifs fonce sur l’hôtel Marriott d’Islamabad, un des plus luxueux de la ville, et fait au moins 60 morts.

 

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Le terrorisme est devenue la plaie du pays qui peine à s’en défaire tant l’état a abandonné du terrain dans la vie quotidienne des pakistanais. Depuis le début de l’année 2009, nous assistons à une recrudescence d’attaques des islamistes pakistanais pour déstabiliser le pays et la capitale Islamabad serait même menacée par les visées de ces extrémistes fondamentalistes.

 

Le Gouvernement pakistanais a tout dernièrement passé un accord de paix dans la vallée de Swat avec les islamistes, alors que les droits fondamentaux de ces populations sont en danger. Les islamistes ont obtenu contre ce cessez le feu l’instauration de la Charia dans cette région.

 

Les talibans prennent systématiquement comme cible les femmes et les filles. Leurs droits à la liberté de mouvement, au travail et à l’éducation ont été sévèrement restreints.

 

Les femmes de Swat vivent des atrocités et si on laisse s’instaurer la Charia dans d’autres régions, c’est tout le Pakistan qui risque d’être islamisé, avec obligation pour les femmes de porter le voile. Al Qaïda , très implanté dans la vallée de Swat, aurait des soutiens à l’intérieur des services secrets pakistanais sous différentes formes.

 

Deux décisions prises récemment par les autorités pakistanaises ont tout particulièrement suscité l’inquiétude : un accord avec un important djihadiste taliban d’imposer la loi islamiste (la charia) dans la vallée de Swat, à 150 km d’Islamabad, la capitale du Pakistan , comme rappelé ci-dessus, et la libération d’A.Q Khan, le scientifique qui a vendu les secrets nucléaires à la Corée du Nord, à l’Iran et à la Lybie, et qui était jusque-là en résidence surveillée.

 

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En Afghanistan, les talibans en nette augmentation restent étroitement liés avec Al-Qaïda, et depuis 2005, ils ont adopté sa tactique des attentats-suicides. Al-Qaïda et les talibans sont tous impliqués dans l’assassinat, en 2007, de l’ancien Premier ministre pakistanaise Benazir Bhutto, et certaines preuves indiquent qu’ils ont aussi collaboré à une tentative d’assassinat avortée du président afghan Hamid Karzaï en avril 2008.

 

Les djihadistes évoquent un « ennemi proche » (les régimes apostats au Moyen-Orient et alentour) et un « ennemi lointain » (les Etats-Unis et l’Occident en général). L’homme à qui l’on attribue l’invention de ces expressions, Mohammed Abd al-Salam Faraj, l’a fait principalement pour souligner qu’attaquer l’ennemi proche importait bien davantage, principe qu’il a appliqué en organisant l’assassinat, en 1981, du président égyptien Anouar el-Sadate (le gouvernement égyptien a adhéré au même principe en exécutant Faraj).

 

En 1993, un groupe égyptien militant appelé Jamaa islamiya, qui entretenait des liens étroits avec Al-Qaïda, rompit avec la stratégie de « l’ennemi proche » en commettant un attentat au World Trade. Tous ces événements devraient nous inciter à redoubler de vigilance contre l’offensive des islamistes dans cette région du monde qui risque de provoquer une guerre régionale si le Pakistan tombait entre leurs mains.


 

L’Afghanistan son voisin en proie à une offensive des talibans malgré une importante présence militaire internationale ne cesse d’inquiéter les capitales occidentales et le régime d’Islamabad. Les Etats Unis ont senti le danger et semblent décider à ne pas baisser leur garde face aux menaces terroristes perpétrées dans cette partie du monde des plus instables. Ils envisagent de renforcer leur présence militaire en Afghanistan et d’augmenter leur aide financière à Islamabad pour combattre Al Qaïda.

 

Pour la première fois les Etats Unis, par l’intermédiaire du chef état major interarmées Mickael Mullen reconnait implicitement l’aide qu’apporteraient les services secrets pakistanais à Al Qaîda à sa frontière avec l’Afghanistan.

L’Afghanistan reste sous la menace d’un retour des talibans si aucune résistance intérieure ne vient déjouer leur projet maléfique. Le Pakistan est aussi en danger, si le pouvoir actuel ne prend pas des mesures appropriées pour endiguer les attaques incessantes menées sur son territoire par ces extrémistes religieux. Cette région du monde est devenue une poudrière ou se joue peut être l’avenir de l’humanité.

 

Ces derniers jours sous la pression des Etats –Unis l’armée pakistanaise a lancé une offensive militaire sous le nom d’opération « Tonnerre noir » dans le district du Lower Dir et le district de Buner. 190 talibans auraient été tués au cours de ces deux interventions.

 

Nous devons prendre conscience que la lutte contre l’obscurantisme ne fait que commencer et que nous devons absolument restés fermes sur nos valeurs en promouvant la liberté d’expression, la liberté de conscience et le droit inconditionnel des femmes à revendiquer leur émancipation, trois conceptions non reconnues par la charia.

 

Si nous voulons que ces peuples puissent un jour vivre dans une démocratie ou les hommes et les femmes auront les mêmes droits quelque soit leur origine, leur confession religieuse ou leur préférence sexuelle, nous ne devons pas abdiquer, comme nous venons de le faire le 22 avril 2009 lors de la Conférence Internationale contre les discriminations raciales et le racisme (dite Durban II).

 

Fabrice LETAILLEUR

Par laique - Publié dans : Point de vue
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Le courage ,c'est de chercher la vérité et de la dire , c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Jean  Jaurès ( Juillet 1903)

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