Citation
René Pommier
par (son site) jeudi 10 mai 2012
Nigel Farage dénonce le caractère non démocratique de l'Union Européenne, en allant jusqu'à voir une possibilité de renaissance du national-socialisme dans le résultat des élections législatives grecques...
Parlement européen, le 9 mai 2012 à Bruxelles :
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" Ce que nous célébrons le 9 mai est une autre tentative, par des moyens différents, d’écraser la démocratie à travers l’Europe. "
" Et le titanic de l’UE a maintenant touché l’iceberg... "
" Il s’agit d’une Union européenne de l’échec économique, du chômage de masse, de la faible croissance... "
Tiens donc, Etienne Chouard dit la même chose à propos du chômage de masse, littéralement institutionnalisé par l’UE et la Banque centrale européenne (BCE). "C’est criminel", dit-il. Tout cela sous le joug de constitutions qui programment l’impuissance politique des citoyens, face à la traîtrise des décideurs...
L’impuissance du citoyen vient aussi de l’abandon de la création monétaire aux banques privées, ce qui est "une trahison, une félonie..." Et l’UE institutionnalise la dictature des Marchés financiers. Ceux qui font pression sur la Grèce et sur tous les Etats dont les dirigeants sont les marionnettes de la finance. Avec le risque de troubles civils et de révolutions dont parle Nigel Farage. N’est-ce pas le chaos que cette oligarchie prédatrice est en train d’installer ? Le même chaos engendré par l’oligarchie du siècle dernier, à la fin des années 20 et au début des années 30. Nigel Farage a peut-être raison sur les événements actuels, qui rappellent étrangement les années qui ont suivi la crise de 29...
" Parce que ce qu’on a vu en Grèce dimanche dernier évoque plutôt l’élection allemande de 1932. Nous avons vu le statu quo du centre s’effondrer et les extrêmes de la gauche et de la droite augmenter. Vous savez, ce projet pourrait même engendrer la renaissance du national-socialisme en Europe. Nous allons dans la mauvaise direction. Nous devons briser la zone euro... " (Nigel Farage)
L’UE dictature des Marchés financiers :
Remarquez la servitude de nos Etats vis-à-vis des ultra-riches, les banques en premier lieu : " Vous ne voyez pas la puissance de Goldman Sachs par rapport au gouvernement américain ? Vous ne voyez pas la puissance des banques européennes par rapport aux gouvernements européens ? On nous dit tous les jours qu’on n’a pas d’argent, qu’on ne peut pas créer d’argent... et pour sauver les banques on en trouve, sans aucune contrepartie... " (Etienne Chouard)
Il est temps de se réveiller !
Yes we can !
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http://www.agoravox.tv/actualites/europe/article/l-ue-selon-n-farage-democratie-35022
De notre envoyée spéciale Dominique Lagarde, avec Anis Allik, publié le 10/05/2012
Le salafisme, une version rigoriste de l'islam, mobilise de plus en plus, notamment en Algérie. Et s'inscrit dans le paysage urbain: tunique pour les hommes, hijab pour les femmes.
L.ABIB/SIGNATURES
Les élections législatives de ce jeudi 10 mai ne passionnent pas la population algérienne. Pour elle, l'islam est une valeur refuge. Vingt ans après la dissolution du FIS et le début de la guerre civile, le discours salafiste imprègne la société.
Une mosquée, sinon rien... A Dar el-Beida, dans la banlieue d'Alger, la cité Krim Belkacem aura l'an prochain son minaret. A l'origine, pourtant, des promoteurs avaient prévu de construire un centre commercial sur ce lotissement en bordure d'autoroute. Les habitants en ont décidé autrement. Ils ont créé une association, engagé une bataille judiciaire. Puis, au début du mois d'avril, voyant qu'ils n'obtenaient rien, ils ont pris les choses en main. Aujourd'hui, le terrain est entouré de palissades de chantier et les excavatrices de Khalil Merbah, un entrepreneur du cru, sont à l'oeuvre. Il est l'un des principaux contributeurs du projet. Un autre habitant a, lui, fourni le gravier. Au total, la mosquée coûtera 2 millions d'euros à ses généreux donateurs. Il y en a une autre, toutefois, juste en face, de l'autre côté de l'autoroute, dont l'imposant minaret de béton domine déjà le paysage. Et il suffit pour s'y rendre d'emprunter un passage souterrain...
Le cas de Dar el-Beida n'est pas isolé. Dans le quartier d'Ibn Sina, à Oran, une pétition circule depuis quelques semaines, exigeant des autorités qu'elles construisent une mosquée sur un terrain communal récemment libéré, au lieu de la Maison de jeunes envisagée.
La religion prime tout
De l'avis général, jamais le besoin d'islam et la pratique de la religion n'avaient pris en Algérie une telle importance. Les téléprédicateurs des chaînes du Golfe, qui débitent des fatwas (décrets religieux) à la demande, font un tabac. Les sites spécialisés accueillent des milliers d'internautes. Les causeries sur les textes coraniques font le plein. "La religion prime tout", affirme Nabil, un étudiant en droit de Badjara, quartier populaire de la capitale. Pour être sûr de ne pas être dans le péché, il consulte régulièrement l'imam de sa mosquée. Comme beaucoup d'autres, il a décidé de refuser les prêts bonifiés de l'Agence nationale de soutien à l'emploi des jeunes. Au nom de la charia, la loi islamique, qui proscrit le versement d'intérêts...
La classe politique algérienne largement déconnectée du pays réel
En janvier 1992, l'armée avait préféré casser les premières élections libres de l'Algérie indépendante plutôt que d'accepter la victoire annoncée des islamistes du Front islamique du salut (FIS). Vingt ans - et une guerre civile - plus tard, le FIS est toujours interdit et ses anciens dirigeants restent privés d'activité politique. Mais l'islamisme, lui, gagne les coeurs et les esprits. "Le projet islamiste dépasse les enjeux partisans, souligne, pour s'en féliciter, Hachemi Sahnouni, l'un des membres fondateurs du parti dissous. Nos idées sont là, elles s'expriment dans la société."
44 partis, dont une demi-douzaine de formations islamo-conservatrices, présentent des candidats aux législatives du 10 mai. Il s'agit d'un scrutin à la proportionnelle, mais seules les listes qui auront obtenu au moins 5% des suffrages auront des sièges. Juridiquement, la nomination du Premier ministre est du ressort exclusif du président de la République, qui n'est donc pas lié par la majorité parlementaire. La nouvelle Assemblée devra adopter des amendements à la Constitution, en principe avant l'élection présidentielle, prévue pour 2014.
Au sein de l'Etat, aussi: depuis la fin des années 1990, et notamment depuis la politique de "réconciliation nationale" voulue par le président Abdelaziz Bouteflika, certains islamistes ont été associés au pouvoir. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) de Bouguerra Soltani aligne ainsi une cinquantaine de députés et quatre ministres. Tandis qu'au Maroc ou en Tunisie les partis appartenant à cette mouvance, majoritaires dans les urnes, représentent de véritables courants d'opinion, la classe politique algérienne reste, elle, largement déconnectée du pays réel. Y compris les formations qui se réclament de l'islam politique. "Il y a d'un côté le système, ses appareils et ses réseaux; de l'autre, le reste de la population. Ce sont deux sociétés qui s'ignorent", souligne le politologue Chafik Mesbah.
Abdallah Djabballah et Bouguerra Soltani. Ces deux islamo-conservateurs sont à la tête de partis politiques et participeront aux élections du 10 mai.
Reuters/Ramzi Boudina
Ces dernières années, les islamo-conservateurs se sont, selon l'heureuse expression du sociologue Nacer Djabi, "rapprochés de la rente" [NDLR : l'argent du pétrole]. Répartis dans une demi-douzaine de petites formations politiques, toutes plus ou moins affiliées à la mouvance des Frères musulmans (1), ils ont aujourd'hui leurs réseaux dans les administrations locales et sont très présents dans les institutions de l'Etat, où ils n'ont aucun mal à trouver un terrain d'entente avec ceux que les Algériens ont surnommés les "barbéfélènes", l'aile conservatrice du FLN. Auront-ils davantage de poids dans la future Assemblée populaire nationale ?
"Les salafistes ont une vraie capacité de mobilisation"
Constamment surveillé, celui-ci continue d'animer régulièrement des cercles de prière. Postés sur YouTube, ses prêches, très politiques, lui valent toujours des milliers de clics. Il est néanmoins difficile de dire ce qu'il représente encore dans un pays dont près de la moitié de la population a moins de 25 ans. "Les jeunes ne savent pas ce qu'a été le FIS", affirme Chafik Mesbah. Une chose est sûre : la mode est aujourd'hui au salafisme "scientifique", qui préfère réislamiser la société plutôt que de s'impliquer directement sur la scène politique.
Cette mouvance fondamentaliste revendique le retour à l'islam des origines. Dans sa forme "scientifique" ou "quiétiste", elle prône la prédication et s'oppose à la désobéissance civile. Il existe principalement deux autres catégories: le salafisme "activiste", qui croit à l'action politique, à l'oeuvre depuis les printemps arabes dans plusieurs pays, et le salafisme "djihadiste", version Al-Qaeda, partisan de la violence.
C'est l'autre visage de l'islamisme algérien. Celui, notamment, du cheikh Mohamed Ali Ferkous. Tous les jours, après la prière du matin et celle de l'après-midi, cet imam de 58 ans, formé en Arabie saoudite, rassemble ses disciples dans une boutique qui jouxte la mosquée verte et blanche du Vieux Koubah - un quartier algérois qui fut un fief du FIS -, dans laquelle il officie. L'accoutrement salafiste - la longue tunique des hommes du Golfe, un peu raccourcie afin de montrer le peu d'intérêt que l'on apporte à sa toilette, le calot de coton - est ici de rigueur. La barbe, elle, se porte longue, de préférence en broussaille, parfois teintée au henné, comme celle du cheikh. Afin de diffuser ses fatwas et ses conseils, le maître dispose également d'une permanence téléphonique et d'un site Internet. Il est aidé dans cette tâche par une équipe de bénévoles. Ali, désigné pour répondre aux questions de L'Express, en fait partie. Selon le jeune homme, les préoccupations exprimées le plus souvent par les fidèles concernent le couple et le divorce. L'enseignement du cheikh porte aussi sur les "mécréants", dont il convient de "s'éloigner", et qu'Ali classe en trois catégories, selon qu'ils sont plus ou moins fréquentables : les "gens du Livre", les "idolâtres", qui professent d'autres religions, et les athées.
Une vraie capacité de mobilisation
Dans un pays où les adhérents des partis et les clients du pouvoir sont pratiquement les seuls à se déplacer pour aller voter, le dosage entre les différents courants cooptés pour participer au jeu politique est le seul enjeu des élections législatives du 10 mai. Trois formations islamo-conservatrices, dont le MSP, ont décidé d'unir leurs forces en présentant des listes uniques. Deux autres ont préféré rester à l'écart de cette "alliance verte", dans l'espoir de séduire une partie l'électorat de l'ex-FIS. Elles ont d'ailleurs obtenu le soutien de certains de ses anciens dirigeants, dont Hachemi Sahnouni. Mais pas celui d'Ali Belhadj, le chef de file de la branche salafiste de l'ex-FIS, qui a, lui, appelé au boycott du scrutin.
Leur discours moralisateur, égalitaire et anticorruption séduit les jeunes
On aurait tort de croire cette mouvance marginale. "Contrairement aux islamo-conservateurs officiels, peu représentatifs, les salafistes ont une vraie capacité de mobilisation, affirme Zoubir Arous, chercheur en sociologie et enseignant à l'université d'Alger II. Ils sont très présents dans les quartiers populaires et dans le commerce informel. Leur discours moralisateur, égalitaire et anticorruption séduit les jeunes. La dévitalisation du champ politique leur ouvre un boulevard." Un constat partagé par H'mida Ayachi, directeur du quotidien Algérie News et spécialiste reconnu du fondamentalisme algérien. "Les salafistes, dit-il, assurent aujourd'hui l'encadrement idéologique et culturel de la société. Ils sont aussi très impliqués dans les associations qui militent pour la construction de nouvelles mosquées, comme dans le secteur caritatif. Les jeunes n'écoutent qu'eux."
Les mosquées sontpleines et, danscertains quartiers,les habitants étalentleur tapis de prièredans la rue.Ici, à Babel-Oued.
JPGuilloteau/L'Express
Ce "prêt-à-penser" salafiste est relayé auprès des croyants ordinaires, dans une version plus grand public, par certains imams du vendredi. Construite dans les années 1970, la mosquée du Plateau, en plein centre-ville, est devenue trop exiguë pour le nombre de fidèles qui s'y pressent chaque vendredi. Les retardataires ont pris l'habitude d'étaler leurs tapis de prière à l'extérieur, entre les voitures, sur une petite place qui sert aussi de parking. Tandis qu'ils s'installent, le haut-parleur crache le prêche du jour. Les fidèles sont invités à se méfier de "ceux qui glorifient l'Occident", à ne jamais "pactiser avec les mécréants", ni avec les "musulmans hypocrites"... Un message troublant de la part d'un imam fonctionnaire de la République.
(1) Mouvement islamo-conservateur panarabe né en Egypte en 1928, véritable matrice de l'islam politique.
Article paru sur le site :
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/algerie-des-mosquees-et-des-urnes_1112934.html?xtor=RSS-3011&google_editors_picks=true
Par Pierre Falga, publié le 07/05/2012 à 17:47, mis à jour à 19:51
Les chiffres du second tour de l'élection présidentielle, qui a vu la victoire de François Hollande.
REUTERS REUTERS/Yves Herman
Quel département a le plus voté? Le moins? Blanc, nul? Où Hollande fait-il son meilleur score? Où Sarkozy en a-t-il perdu le plus? L'analyse du second tour, région par région.
Le vote Hollande
L'outre-mer a plébiscité le nouveau président de la République. La liste décroissante de ses scores par département place aux 3 premières places la Guadeloupe (71,9%), la Réunion (71,5%) et la Martinique (68,4%). En 2007, la Réunion et la Martinique étaient respectivement 1ère et 2e pour le vote en faveur de Ségolène Royal, avec déjà plus de 60% des suffrages, mais la Guadeloupe était alors bien plus loin (29e, avec 50,8% seulement). Il faut sans doute voir, dans ce bond de 21 points pour le candidat socialiste, un rejet particulièrement fort du président sortant dans l'archipel guadeloupéen. Les émeutes du début 2009 ont visiblement laissé des traces.
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Hier, 61 départements français sur 101 (il faut désormais compter Mayotte) ont accordé une majorité de leurs suffrages à François Hollande alors qu'ils n'avaient été que 32 à faire de même pour Ségolène Royal en 2007. En métropole, c'est en Seine-Saint-Denis que le nouveau président obtient son meilleur score (65,3%), devant la Corrèze (64,9%) et l'Ariège (64,7%). Viennent ensuite la Haute-Vienne, les Hautes-Pyrénées, la Guyane, le Lot, la Creuse et le Puy-de-Dôme. Au total, douze départements ont voté à plus de 60% pour François Hollande. Le 10 mai 1981, 65 départements avaient placé François Mitterrand en tête mais il n'avait passé la barre des 60% que dans sept d'entre eux. Le tiercé gagnant de l'époque était l'Aude (63,7%), l'Ariège (63,2%) et la Seine-Saint-Denis (63%), devant la Nièvre et la Haute-Vienne.
Certes, François Hollande a réalisé hier, avec 51,63%, un score quasi équivalent à celui de François Mitterrand en 1981 (51,76%). Certes, l'Ariège, la Haute-Vienne et le 93 sont toujours des bastions de la gauche. Mais les similitudes s'arrêtent là ou presque.
En 1981, l'Outre-mer était encore très légitimiste, Valéry Giscard d'Estaing avait obtenu plus de 78% en Guadeloupe, 80,5% en Martinique et 63% à la La Réunion. François Hollande a réalisé hier entre 28 et 50 points de plus que son illustre pérédécesseur dans les 5 DOM, les temps ont bien changé...
En métropole, la géographie des écarts entre Hollande 2012 et Mitterrand 1981 est très instructive. Le nouveau président fait beaucoup mieux que l'ancien en Ille-et-Vilaine (+ 9,9 points), dans le Finistère et les Deux-Sèvres (+ 9,8), en Lozère (+ 9,4), à Paris (+ 9,2), dans la Manche (+ 9), dans le Cantal (+ 8,7) et le Puy-de-Dôme (+ 8,5). Dans l'ouest de la France et à Paris, le glissement à gauche de l'électorat est un phénomène déjà ancien, qui a été beaucoup analysé. Dans le massif Massif central (hors Corrèze), c'est une spécificité du nouveau président de la République, qui semble récupérer sur ces terres une bonne partie d'une l' électorat jadis chiraquien.
La liste des départements où Hollande recule par rapport au score de Mitterrand en 1981 est tout aussi édifiante. Près de 11 points de perdus dans le Var et le Vaucluse, -10 dans les Alpes-Maritimes, -9 dans les Bouches-du-Rhône et le Gard, -7 dans l'Aube, l'Aude et l'Oise, -6 en Haute-Marne et dans le Territoire de Belfort, -5 points dans les Pyrénées-Orientales, le Lot-et-Garonne, l'Hérault et l'Ain... En trois décennies, la gauche a fortement reculé sur toute la façade méditerranéenne, où la population a beaucoup progressé en "s'embourgeoisant" nettement, mais aussi dans le nord-est de la France, du bassin parisien aux portes de l'Alsace.
Le vote Sarkozy
Avec 48,4% des voix, le président sortant n'est resté majoritaire que dans 40 départements, quand il l'avait emporté dans 69 d'entre eux en 2007. Un seul lui a fait confiance hier après avoir préféré Ségolène Royal en 2007: Mayotte. A ce confetti de l'Océan indien, peuplé de 252 000 habitants, Nicolas Sarkozy a accordé au 31 mars 2011 le statut très envié de département d'outre-mer et les électeurs lui en ont été reconnaissants en votant pour lui à près de 51% (40,2% il y a cinq ans).
Les 51% de Mayotte sont loin de faire de l'île tropicale un fief de la droite. Les meilleurs scores de Sarkozy, c'est sur la Côte d'Azur et en Alsace qu'on les observe: 64,2% dans les Alpes-Maritimes, 63,4% dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, 62,6% dans le Var et 60,1% en Haute-Savoie. En Corse-du-Sud, dans l'Aube, l'Ain, le Vaucluse, la Vendée et la Marne, l'ancien président rassemble entre 55 et 60% des suffrages. Comme le montre notre carte interactive, c'est la France du bassin parisien, de l'Est et du sud-est qui est restée fidèle à Nicolas Sarkozy. Le centre du pays, mais aussi le nord, le sud-ouest et l'ouest - à l'exception de quelques départements ruraux allant de la Vendée au Cotentinà la Manche -, se sont ralliés hier à son adversaire socialiste.
Entre 2007 et 2012, le recul de Nicolas Sarkozy n'a pas été uniforme sur l'ensemble du pays. Au-delà de la dégringolade de 21 points déjà évoquée en Guadeloupe, on notera que son score a baissé en cinq ans de 15 points en Guyane, de 12 en Corrèze, ce qui ne constitue pas une surprise, de 9 en Seine-Saint-Denis et de près de 8 points en Martinique, à la Réunion, en Haute-Vienne, ainsi que dans la Creuse et le Cantal. L'ensemble de l'outre-mer, mais aussi le massif Massif central et les banlieues populaires franciliennes ont rechigné à déposer le même bulletin dans l'urne qu'en 2007. En revanche, dans une petite dizaine de départements, Nicolas Sarkozy ne connaît qu'un recul très limité. En Vendée tout d'abord (-1,5), dans les deux départements alsaciens, en Mayenne, dans les Deux-Sèvres, le Morbihan, le Var, la Haute-Savoie et le Maine-et-Loire, l'érosion du vote Sarkozy est inférieure à 3 points, contre -4,7 dans l'ensemble du pays.

La participation
Comme au premier tour, le département le plus civique de France a été le Lot, où 86,6% des électeurs se sont déplacés. Juste derrière vient la Corrèze, mobilisée à fond pour soutenir son champion. Comme d'habitude, c'est dans les DOM-TOM que la participation a été la plus faible, de 38,1% (Saint-Martin) à 76,5% (Wallis et Futuna). En métropole, les électeurs les plus abstentionnistes se rencontrent dans les deux départements corses (75,7% au sud, 76,9% au nord), en Seine-Saint-Denis (76,4%), dans le Nord (77,9%) et en Moselle (78,1%).
Entre les deux tours, l'abstention a reculé de 0,9 points en moyenne sur la France, passant de 20,5% à 19,6%. Le recul a été beaucoup plus net dans les quatre DOM - + 9,6 points de participation en Guadeloupe notamment - mais ce sont des départements où elle était très faible au premier tour, ce qui atténue la portée du phénomène. En métropole, c'est en Ile-de-France et en Corse que sont enregistrés les plus forts réveils d'abstentionnistes du premier tour: + 3,4 points de participation dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine, autour de + 3 points dans le Val d'Oise, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne et à Paris. Le réveil a donc été quasiment identique dans les zones marquées à gauche ou à droite.
Cette mobilisation n'a pas été générale. Dans 32 départements, les électeurs ont même été moins nombreux hier qu'au premier tour. Dans la Loire, en Savoie, en Haute-Garonne, dans l'Isère, la Sarthe et l'Ille-et-Vilaine, le recul de la participation est supérieur à 0,5 point entre les deux tours. Et aucun de ces départements ne figure parmi les 20 plus beaux scores de Marine Le Pen. Il s'agirait plutôt de zones de force pour François Bayrou, Eva Joly ou Jean-Luc Mélenchon et il est possible que certains de leurs électeurs aient choisi l'abstention.
Les blancs et les nuls
2,146 millions de bulletins blancs ou nuls (5,8% des votants), c'est un record absolu sous la Ve République. La géographie de leur répartition est intéressante: c'est en Haute-Saône qu'ils ont été les plus nombreux (8,3% des votants), devant les Vosges, la Haute-Loire et le Territoire-de-Belfort. Puis viennent, tous avec des taux de blancs et nuls supérieurs à 7%, la Martinique, la Meuse, la Haute-Marne, l'Indre, le Cher, le Pas-de-Calais, la Guadeloupe, l'Allier, le Jura, l'Aude et le Lot-et-Garonne.
Les points communs de tous ces départements, hormis les DOM? Un vote Le Pen partout supérieur à sa moyenne nationale au premier tour et un faible niveau d'instruction de la population. Si on ajoute que les quatre départements où le nombre de bulletins blancs et nuls a été multiplié par 4 et plus entre les deux tours (les Ardennes, la Meuse, l'Aisne et le Gard) ont tous voté Marine à plus de 25%, la corrélation entre vote FN au premier tour et vote blanc au second est flagrante.
A contrario, les départements où le plus faible nombre de blancs et nuls a été enregistré hier sont ceux où le vote FN était relativement faible au premier tour: les Hauts-de-Seine, les Yvelines, le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis et le Rhône n'en ont comptabilisé qu'entre 4 et 5% et Paris détient le record (3,2% seulement).
Les reports de voix entre les deux tours
Pour analyser ces reports de voix, L'Express s'est basé sur les projections concernant le vote des électeurs de Marine Le Pen et de François Bayrou. A savoir qu'un électeur centriste sur 3 et un électeur du FN sur 6 aurait voté socialiste au second tour et qu'un électeur du FN sur 6 aurait fait de même. Ce n'est pas un scénario de politique-fiction mais bien une analyse issue des enquêtes d'opinion, d'une observation attentive des scrutins antérieurs antérieurs et des intentions de vote exprimées par les électeurs, des phénomènes qui se reproduisent depuis quelques années, aussi bien pour les sympathisants centristes que lepénistes.
Avec ce scénario, François Hollande aurait dû rassembler au second tour 50,4% des suffrages. Les 1,2 points supplémentaires observés dans la réalité électorale d'hier peuvent venir de deux phénomènes: soit le candidat socialiste a bénéficié du renfort d'abstentionnistes plus nombreux que son adversaire, mais notre chapitre précédent surla géographie de la participation prouve que cela n'a pas été flagrant; soit il a bénéficié de meilleurs reports de la part des électorats centriste et frontiste. Cette clé de répartition est légèrement sous-évaluée et c'est sans doute plutôt de cela qu'il s'agit.
En appliquant cette projection département par département, il est possible de tirer des conclusions sur les disparités géographiques de reports des électeurs FN et Modem. Ainsi, dans le Pas-de-Calais, la Somme et l'Aisne, mais aussi en Charente, dans la Nièvre, la Haute-Vienne et la Creuse, la projection préparée a minoré de plus de 4 points le résultat final de François Hollande. Autrement dit, dans le nord de la France, où Marine Le Pen avait réalisé quelques-uns de ses meilleurs scores du premier tour, une bonne partie de ses électeurs sont revenus dans le giron de la gauche, qui sont souvent leurs anciennes amours, et François Hollande a réalisé un meilleur score qu'attendu. Il en est de même, à un moindre niveau, en Charente, dans la Nièvre, la Haute-Vienne et dans la Creuse, même si là-bas, les scores du FN étaient beaucoup moins impressionnants. Dans toutes ces régions, les électeurs du FN se sont manifestement davantage reportés sur François Hollande qu'ailleurs.
A l'inverse, la projection (basée, on le rappelle, sur un scénario de vote socialiste par un électeur centriste sur 3 et par un électeur frontiste sur 6) ne s'est pas vérifiée en Alsace et en Paca. Ddans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, les scores de François Hollande sont inférieurs à ce que l'on pouvait attendre. A priori, les reports du Front national et de François Bayrou, ont davantage profité à Nicolas Sarkozy. Il en est de même en Provence-Alpes-Côte d'Azur où l'électorat lepéiniste a massivement choisi le président sortant. François Hollande aurait "dû" faire près de 3 points de plus que son score effectivement réalisé hier. Or cette région d'Alsace présente la particularité de voter davantage Bayrou et Le Pen que le reste du pays. En Paca, où le nouveau président perd entre 1 et 2 points par rapport au score prévu, ce sont les électeurs du FN (Bayrou a obtenu en Paca des scores très faibles, entre 6 et 7%) qui sont venus grossir les rangs déjà bien fournis d'électeurs sarkozystes.
Conclusion, les électeurs de Marine Le Pen n'ont pas voté de la même manière au second tour selon les régions. Ils ont plutôt voté à droite quand ils habitent en Alsace (et en Paca), davantage à gauche en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais. Et ça, c'est une information riche d'enseignements dans la perspective du mois de juin: c'est dans ces régions que se situeront la plupart des points chauds des législatives à venir .
Article paru sur le site :
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/les-resultats-du-second-tour-a-la-loupe_1112219.html
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