Citation

Critiquer et combattre les religions est et restera toujours pour les incrédules non seulement un droit inaliénable, mais un devoir impérieux tant que ces religions resteront oppressives.Et elles ne peuvent mieux les inciter à le faire qu'en osant invoquer les droits de l'Homme au secours de Dieu qu'en osant se réclamer des Lumières pour défendre l'obscurantisme , qu'en osant brandir l'étendard de la tolérance contre le libre examen et qu'en osant prétendre lutter contre le racisme quand elles cherchent à perpétuer l'asservissement .

René Pommier
Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 18:21

Sondage CSA

Publié le 11 mai 2012

Report décevant des électeurs de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, vote des jeunes pour Nicolas Sarkozy, des gens aisés pour François Hollande... L'analyse du vote du second tour révèle de nombreuses surprises.


 
Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon se sont reportés à 76% sur François Hollande.

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon se sont reportés à 76% sur François Hollande.  Crédit Reuters

Atlantico : CSA a réalisé une étude le jour du second tour, par Internet, auprès des Français qui allaient voter ou venaient de voter, entre 9h et 17h. Vous avez notamment étudié le report des voix entre le premier et le second tour. On y trouve quelques surprises : on s’aperçoit notamment que seuls 26% des électeurs de François Bayrou se sont reportés sur François Hollande…

Jérôme Sainte-Marie : C’est pour moi le principal évènement de l’entre-deux-tours. On a eu une campagne qui semblait être dirigée vers le Front national, avec une grande masse de gens à séduire. Or, la réussite sur ce sujet est imparfaite.  De plus, certains se disaient que ce faisant, ils pourraient fort bien se couper du centre, ce qui ne s’est pas produit. La rhétorique de Nicolas Sarkozy sur le matraquage fiscal a beaucoup plus pesé sur les gens  que sa supposée dérive vers les thèses de l’extrême-droite. C’est un élément majeur.

Le débat de l’entre deux tours s’est ainsi focalisé pendant près d’une heure et demie sur la crédibilité économique. Nicolas Sarkozy s’adressait aux personnes âgées, aux propriétaires et aux électeurs de la droite modérée, ce qui a fonctionné.

Les électeurs de Marine Le Pen ne se sont reportés qu’à hauteur de 44% sur Nicolas Sarkozy, est-ce un score décevant pour lui ?

Tout à fait. Le Front national a un électorat très assuré, très confiant en lui-même et qui a été en général peu sensible aux appels de Nicolas Sarkozy. Quand on regarde les chiffres région par région, on se rend compte qu’il existe plusieurs Front national : une version alsacienne, une version de PACA qui dans les deux cas maintiennent un vote Sarkozyste, et puis il y a une version plus populaire qui s’appuie sur ses préoccupations économiques et sociales bien plus que sur des positions sur l’immigration.

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon se sont reportés à 76% sur François Hollande. Est-ce moins que ce qui était attendu ?

On partait en effet sur un report à hauteur de 85/90% pendant l’entre-deux-tours. François Hollande est resté sur une ligne assez prudente après le premier tour, finalement, il a dit très peu de choses et l’électorat Mélenchon n’a pas été satisfait.

D’autre part, cet électorat s’est sûrement dit que tout était joué d’avance – on était à une estimation de 53% pour François Hollande après le premier tour – et malgré les efforts pour les garder mobilisés, le report a été moins satisfaisant que ce à quoi le PS s’attendait.

Reports de voix

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Report des voix par rapport au vote de 2007

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

 

 

 

 

Par laique - Publié dans : Présidentielle 2012
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 10:29

par Stupeur (son site) jeudi 10 mai 2012 

 

Nigel Farage dénonce le caractère non démocratique de l'Union Européenne, en allant jusqu'à voir une possibilité de renaissance du national-socialisme dans le résultat des élections législatives grecques...

 

Parlement européen, le 9 mai 2012 à Bruxelles :

 

 

 

" Ce que nous célébrons le 9 mai est une autre tentative, par des moyens différents, d’écraser la démocratie à travers l’Europe. "

 

" Et le titanic de l’UE a maintenant touché l’iceberg... "

 

" Il s’agit d’une Union européenne de l’échec économique, du chômage de masse, de la faible croissance... "

 

 

Tiens donc, Etienne Chouard dit la même chose à propos du chômage de masse, littéralement institutionnalisé par l’UE et la Banque centrale européenne (BCE). "C’est criminel", dit-il. Tout cela sous le joug de constitutions qui programment l’impuissance politique des citoyens, face à la traîtrise des décideurs...

 

 

 

 

L’impuissance du citoyen vient aussi de l’abandon de la création monétaire aux banques privées, ce qui est "une trahison, une félonie..." Et l’UE institutionnalise la dictature des Marchés financiers. Ceux qui font pression sur la Grèce et sur tous les Etats dont les dirigeants sont les marionnettes de la finance. Avec le risque de troubles civils et de révolutions dont parle Nigel Farage. N’est-ce pas le chaos que cette oligarchie prédatrice est en train d’installer ? Le même chaos engendré par l’oligarchie du siècle dernier, à la fin des années 20 et au début des années 30.

Nigel Farage a peut-être raison sur les événements actuels, qui rappellent étrangement les années qui ont suivi la crise de 29...

 

" Parce que ce qu’on a vu en Grèce dimanche dernier évoque plutôt l’élection allemande de 1932. Nous avons vu le statu quo du centre s’effondrer et les extrêmes de la gauche et de la droite augmenter. Vous savez, ce projet pourrait même engendrer la renaissance du national-socialisme en Europe. Nous allons dans la mauvaise direction. Nous devons briser la zone euro... " (Nigel Farage)

 

L’UE dictature des Marchés financiers :

 

 

 

 

Remarquez la servitude de nos Etats vis-à-vis des ultra-riches, les banques en premier lieu : " Vous ne voyez pas la puissance de Goldman Sachs par rapport au gouvernement américain ? Vous ne voyez pas la puissance des banques européennes par rapport aux gouvernements européens ? On nous dit tous les jours qu’on n’a pas d’argent, qu’on ne peut pas créer d’argent... et pour sauver les banques on en trouve, sans aucune contrepartie... " (Etienne Chouard)

 

Il est temps de se réveiller !

 

Yes we can !

 

Tags : Europe Construction Européenne Economie Constitution européenne Politique Société Histoire Démocratie Euro Banques Dette Etienne Chouard

Article paru sur le site :

http://www.agoravox.tv/actualites/europe/article/l-ue-selon-n-farage-democratie-35022

 
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 12:22
Interview réalisée par  Eric Dupin


Interrogé sur le nouveau président français et les éventuelles répercussions internationales de cette élection, l'économiste Jacques Sapir l'encourage à ne pas céder au diktats de Berlin et de Bruxelles et à assumer ouvertement une crise aboutissant à développer une Europe à plusieurs vitesses.


(L'économiste Jacques Sapir - HALEY/SIPA)
(L'économiste Jacques Sapir - HALEY/SIPA)
1. Le 6 mai dernier, la victoire du PS a mis fin à 17 ans de règne de la droite à l'Elysée. Mais le PS n'a remporté que 51.6% des voix contre l'UMP. Pouvez-vous analyser le résultat de cette élection présidentielle? Pensez-vous que ceci implique l'évolution de la tendance sociale et politique de la France?
 
L’élection Présidentielle est le moment clef de la vie politique française. Au premier tour de cette élection la véritable surprise a été le résultat important (18,5% des suffrages) réalisé par Marine le Pen (Front national). Un parti populiste de droite arrive ainsi en troisième position. Un second résultat important du premier tour a été qu’aucun des candidat des deux partis traditionnels, le Parti socialiste ou l’Union pour un mouvement populaire (UMP, centre-droit) n’ait atteint les 30% des suffrages.

La désaffection envers les partis traditionnels ne s’est pas seulement montrée dans le résultat de Marine le Pen mais aussi dans le résultat du candidat du Front de Gauche (extrême gauche), Jean-Luc Mélenchon qui a dépassé les 11% des suffrages. Les votes de contestation du système politique, si l’on y ajoute les petits partis d’extrême gauche, ont donc dépassé les 30%, soit plus que ce qu’ont réalisé François Hollande ou Nicolas Sarkozy.

Le second tour a confirmé en un sens ces résultats du premier. Les électeurs qui ont voté pour François Hollande ont largement voté contre Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas un vote d’adhésion mais un vote de rejet. D’ailleurs, plus de 2,1 millions d’électeurs ont voté blanc (dont une partie des 6 millions d’électeurs de Marine le Pen) alors que l’écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy ne se monte qu’à 1,2 millions de voix. Le candidat socialiste n’a ainsi pas reçu de « mandat » clair, si ce n’est celui du rejet de son prédécesseur et une partie des Français ne se reconnaît ni dans l’un ni dans l’autre de ces candidats. C’est un point important qu’il faut garder à l’esprit quand on regarde le résultat final de l’élection.

2. Quelles sont les principales préoccupations économiques des Français? Inflation, revenus, chômage, retraite... quels soucis les préoccupent le plus?
 
Très clairement, ce sont aujourd’hui les préoccupations sociales qui dominent la vie politique française, comme le chômage, le pouvoir d’achat et le problème de la justice sociale, problème qui implique une autre répartition des revenus. Mais, il y a aussi une immense inquiétude pour l’avenir. Plus de 60% des Français estiment que la situation du pays va continuer à se dégrader dans les années qui viennent. Ce pessimisme de l’opinion française est une des grandes caractéristiques de la période actuelle.

Il a pour racines les évolutions que l’Europe a connues ces dernières années mais aussi le processus de désindustrialisation qui touche la France. Les gens sentent bien qu’il y a une menace, directe ou indirecte, sur leur emploi ou sur leurs conditions de vie. Les réactions épidermiques dont les immigrés sont les victimes sont, en partie, liées à ce phénomène. Mais les gens sentent aussi que l’immigration n’est pas le seul, voire le principal, problème. Il y a donc dans la population une sourde inquiétude qui monte et qu’aucun des partis dominant sur l’échiquier politique ne prend en compte et à plus fortes raisons ne lui donne réponses.

Ce sentiment d’abandon, qu’il soit économique, social ou même territorial – on pense ici aux fermetures d’écoles, de bureaux de poste dans les petits bourgs ruraux – engendre un vote de colère. Les gens ont le sentiment non seulement d’être abandonnés mais aussi méprisés par des dirigeants qui pactisent avec la « technostructure » de Bruxelles. Ce vote de colère désormais s’incarne en partie dans le vote pour Marine le Pen et pour l’autre dans le vote pour le dirigeant du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

3. François Hollande préfère la croissance à la rigueur, l'augmentation fiscale à la baisse d'impôt. Est-ce qu'il arrivera  à disposer de ressources fiscales suffisantes en augmentant ainsi l'impôt?
 
La question des ressources fiscales est en fait liée à celle de la croissance. Tous les économistes savent que si votre richesse nominale augmente (par la croissance de votre richesse réelle mais aussi par l’inflation) alors les impôts rapportent plus d’argent. Inversement, si la richesse stagne, voire se contracte, le produit des impôts diminue plus que proportionnellement.
Le grand non-dit de cette campagne, qui est connu d’une majorité des économistes, est que la France a besoin et de croissance réelle et d’inflation. Mais, tant que nous serons dans la zone Euro nous ne pouvons pas nous permettre une inflation supérieure à celle de nos voisins immédiats, et de plus les perspectives de croissance sont aujourd’hui faibles.

François Hollande veut arracher à l’Allemagne une nouvelle politique économique pour la zone Euro. Mais, dans le contexte actuel, ceci impliquerait un affrontement important et durable avec le gouvernement allemand. On peut douter que François Hollande y soit prêt. En tout les cas, il ne s’en donne pas les moyens.
La seule solution qui lui reste est une modification de la répartition des revenus, mais ici aussi les marges de manœuvre sont très limitées.

4. Mais cette politique risque d'avoir des effets néfastes comme la résistance ou la fuite fiscale des riches. Pensez-vous que le nouveau gouvernement peut surmonter tous ces problèmes?
 
L’évasion fiscale est un problème réel, mais il faut savoir qu’elle ne concerne pas seulement les individus mais aussi les entreprises. La seule méthode réellement efficace pour contrôler la fiscalité consiste à remettre en place des contrôles sur les mouvements de capitaux. Il n’y a rien dans le programme de François Hollande qui aille dans cette direction. Les mesures auxquelles le gouvernement songe ne seront que d’une efficacité limitée et temporaire.

5. Prévoyez-vous que le PS va occuper la majorité lors des élections législatives qui vont se tenir le mois prochain? Si ce n'est pas le cas, la coalition de la droite le peut. Dans ce cas-là, la formation du gouvernement de cohabitation est indispensable. Est-ce que ce scénario peut se produire?
 
Il fait peu de doute que la prochaine Assemblée nationale sera à gauche. En effet, dans le système électoral français (uninominal, d’arrondissement, majoritaire à deux tours), il y a une prime aux coalitions de deuxième tour. Or, si une coalition entre le PS, le Front de Gauche, les Verts et une partie des centristes est dans l’ordre des choses, il n’en va pas de même à droite entre l’UMP et les partisans de Mme Marine le Pen. Ces derniers dépasseront les 12,5% des voix au premier tour et pourront ainsi se maintenir au second tour dans plus de 350 circonscriptions (sur un total de 551). Sauf quelques accords locaux, il n’y aura pas d’accords de désistement entre un candidat de l’UMP et un partisan de Marine le Pen.

La défaite électorale de l’UMP risque donc ainsi d’être très sévère. L’UMP pourrait tomber à 250 sièges, voire en dessous. Une première estimation montre que près de 100 sièges de députés pourraient être perdus. En fait, il semble bien que les dirigeants actuels de ce parti soient plus engagés dans une bataille pour tenter de limiter cette défaite que pour obtenir une victoire aux élections législatives.
La véritable question sera donc de savoir si le PS bénéficiera ou non d’une majorité absolue sur ses seules voix, ou s’il aura besoin des députés du Front de Gauche et des Verts pour avoir cette majorité absolue.

6. Si PS n'occupe pas la majorité, Hollande risque d'être contraint de changer ses politiques. Surtout dans le cas où le PS forme le gouvernement de cohabitation, il est forcé de céder un peu. Pensez-vous que les promesses de Hollande vont être tenues?
 
Ce scénario a très peu de chances de se réaliser pour les raisons que j’ai énoncées. Mais, il est aussi clair que François Hollande aura beaucoup de mal à tenir ses promesses.
Si nous faisons l’hypothèse que la crise va aller en s’aggravant, alors on ne peut exclure alors qu’émerge, d’ici un an ou deux, un gouvernement d’Union Nationale. Mais, cette solution politique ne serait en réalité qu’un replâtrage. Elle favoriserait, à terme, les partis qui contestent radicalement le système politique actuel.
Une évolution politique « à la grecque » n’est donc pas complètement exclue dans les années qui viennent avec une prime importante pour les partis « contestataires » qui ont représenté, au total, plus de 30% des voix au premier tour des élections présidentielles.
Par ailleurs, dans une situation de crise profonde, il ne faut pas sous-estimer la possibilité de scissions dans les deux partis dominants, au PS comme à l’UMP.

7. Cette crise financière de l'EU risque-t-elle de contaminer la France? On dit que après l'Espagne ce serait la tour de France, qu'en pensez-vous?
 
Mais, la crise financière, autrement dit la crise des dettes souveraines et de l’Euro, a déjà contaminé la France ! La différence de taux d’intérêt sur la dette publique entre l’Allemagne et la France atteint désormais plus de 1,3% (ou 130 points de base). C’est la même différence, voire une différence supérieure, que celle qui existait avant que ne se mette en place la zone Euro ! De fait, le seul avantage de l’euro, qui était celui de nous permettre d’emprunter à des taux globalement équivalents aux taux allemands, a disparu.

En fait, la chaîne de contamination de la crise est bien connue. La situation en Grèce exerce une influence directement la situation au Portugal. Une dégradation de la situation portugaise a des conséquences néfastes évidentes sur l’Espagne, et ceci entraîne alors une dégradation de la situation financière de l’Italie.
Les problèmes de ces pays sont certes différents. Le problème de l’Espagne est celui d’une économie qui s’appuyait quasi-exclusivement sur les services et la construction. L’effondrement de ces activités provoque un chômage explosif qui atteint désormais près de 25% de la population active et plus de 50% des jeunes de moins de trente ans.  Le problème de l’Italie est plus celui d’une croissance atone, étouffée par un taux de change devenu insupportable pour ce pays. Dans ce contexte, la dette accumulée n’a cessé d’augmenter. Elle atteint aujourd’hui 120% du PIB et se reproduit d’elle-même par le mécanisme des intérêts. Quand on a une telle dette, un taux d’intérêt moyen de 4% signifie qu’il faut payer en intérêts 4,8% du PIB chaque année. Si ce taux monte à 5%, ce sera 6% du PIB qu’il faudra payer.
L’Italie est donc condamnée à un déficit toujours plus important dans une situation où son économie ne peut croître. Ces différences font que, structurellement, il ne devrait pas y avoir de contamination, car les problèmes de ces pays sont différents, même si leur origine est commune, l’euro. C’est bien à cause de la monnaie unique que l’Espagne s’est désindustrialisée et spécialisée dans les services et la construction, et l’Italie souffre d’un taux de change surévalué du fait de l’euro. Mais, le mécanisme des taux d’intérêts est important en Espagne et crucial pour l’Italie. C’est pourquoi la réaction des marchés financiers est de passer sur ces différences et raisonner dans les termes de la chaîne de contamination que j’ai décrite.

Il est clair que quand l’Espagne et l’Italie seront à nouveau touchées, autrement dit quand les taux auxquels ces pays empruntent dépasseront à nouveau les 6% (et ils sont le 9 mai de 6,04% en Espagne et de 5,7% en Italie), la France à son tour sera mise en cause. Tout le monde comprend, même si aujourd’hui on ne le dit pas, que si l’Espagne et l’Italie étaient forcées de quitter la zone Euro alors la France ne pourrait pas y rester non plus.

8. Certains pensent que l'alternance politique de la France peut entamer l'EU et la zone euro. Est-ce que les divisions et conflits entre les pays membres vont s'intensifier davantage? Surtout on craint les relations franco-allemandes. L'Allemagne qui était hostile à Hollande a pourtant changée son attitude au fur et à mesure où elle pensait qu'il avait fortes chances d'être élu. Est-ce que les deux pays peuvent s'accorder à des sujets tant divers?
 
François Hollande a clairement annoncé sa priorité européenne.
Mais, dans le même temps, il veut réorienter la politique économique l’Europe. Or, cela il ne pourra le faire qu’au prix d’une crise, voulue et assumée, de l’Union Européenne et de la zone Euro. Tout compromis, à l’heure actuelle, se fera aux conditions de l’Allemagne si l’on ne change pas brutalement le rapport des forces. Mais cette dernière semble incapable de comprendre que ce qui est bon pour elle ne l’est pas nécessairement pour l’Europe.

Il y a dans le discours de François Hollande, et ce depuis longtemps, une incapacité à penser la construction européenne en termes de rapport de forces. Ceci lui vient de la tradition politique de son mentor, Jacques Delors. Cette tradition est estimable mais elle est inopérante face aux problèmes auxquels l’Europe est désormais confrontée. Cette incapacité condamne à l’échec non seulement sa politique mais aussi, et plus profondément, l’Europe elle-même. Car le salut de l’Union Européenne, si salut il peut encore y avoir, ne saurait venir que d’un réajustement profond et complet de la politique économique de l’UE ce qui implique un degré d’affrontement élevé.

9. La France veut la renégociation du nouveau traité européen. Pensez-vous que c'est possible? Et l'augmentation des déficits budgétaires due aux ajustements du traité ne va pas fragiliser davantage les finances publiques?

La position de François Hollande consiste à dire qu’il veut un pacte de croissance en même temps que le pacte de discipline budgétaire, et je pense qu’il a raison d’insister sur la croissance. Cependant, les Allemands, mais aussi le Président de l’Euro-Groupe M. Jean-Claude Juncker, ont dit très clairement qu’il était impossible de renégocier ce traité. Dont acte.

Logiquement, nous ne devrions pas ratifier ce traité en raison des contraintes constitutionnelles qu’il implique et de la perte de souveraineté, en particulier dans le domaine budgétaire, qu’il induit. Faute d’une ratification de la France, tout le monde comprend que ce traité disparaîtrait alors rapidement de l’horizon politique. Mais, ce n’est pas ce qui va se passer ; du moins je le crains.

Formellement, le gouvernement français obtiendra quelques miettes, comme un « engagement » non contraignant sur la croissance en marge du traité par exemple ou un accord sur une possible recapitalisation de la Banque Européenne d’Investissements, dont François Hollande s’emparera avec gourmandise pour déclarer que la France a eu satisfaction ; et nous ratifierons ce Traité.
Par ailleurs, quand les chiffres réels des déficits et de la dette seront connus par l’audit que doit réaliser la Cour des Comptes, il est à craindre que l’on ne constate que la situation est bien plus dégradée que ce que l’on pense aujourd’hui. Ceci qui donnera une bonne excuse à M. François Hollande pour renier une partie de ses promesses.

10. En Grèce l'opposition des électeurs qui s'opposent à la politique de la rigueur et qui votent massivement au parti extrême-droite a entraîné l'effondrement du parti au pouvoir. Cette situation peut influencer sur la zone Euro? Pensez-vous que les pays européens en crise doit sortir de la zone euro?

Tout d’abord, il est faux de dire que les électeurs Grecs ont « massivement » voté pour l’extrême droite. Le Parti « Aube dorée » n’atteint pas les 7% des suffrages et n’obtient que 21 députés sur les 300 du Parlement. Ce n’est pas ce que l’on peut appeler un « vote massif ».
Ce qui est marquant c’est que d’une part les deux partis de la coalition au pouvoir (le Pasok, socialiste, et la Nouvelle démocratie) sont passés de plus de 65% des suffrages à environ 32%, et que d’autre part le parti d’extrême gauche Syriza dépasse les 16%, obtenant 52 députés, ce qui en fait le deuxième force politique de la Grèce.
Globalement, les dirigeants du Pasok et de la Nouvelle démocratie avaient voulu faire de ces élections un référendum sur l’approbation des accords passés avec l’UE et la zone Euro, et les deux tiers des électeurs grecs ont rejeté ces accords.
Il faudra tenir compte de ces résultats, ou alors l’UE démontrera le peu de cas qu’elle fait de la démocratie réelle, alors qu’elle l’encense dans ses déclarations officielles.

Sur le fond, il est clair qu’une sortie de la zone Euro, un retour à la monnaie nationale et une dévaluation de 50%, serait une solution moins mauvaise pour la Grèce que le mémorandum de l’Union Européenne. Globalement, pour un certain nombre de pays (Grèce, Portugal, Italie), la solution logique serait aussi de sortir de la zone Euro. Et même dans le cas de la France, les études économiques ont montré que nous aurions nous aussi intérêt à sortir de la zone.

Bien des politiciens disent alors que ceci entraînerait une explosion de l’Union Européenne. Mais, ils oublient opportunément qu’il y a des pays de l’UE qui ne sont pas membres de la zone Euro, et non des moindres comme la Grande-Bretagne ou la Suède. Le discours catastrophiste sur l’Europe à propos de la zone Euro me semble infondé. Il n’a pas d’autre but que de créer un sentiment de panique dans les opinions publiques afin de leur faire accepter le maintien d’une zone Euro dont on mesure maintenant toutes les conséquences néfastes ainsi que le coût de plus en plus important pour les populations.

11. Réformer l'EU est indispensable. Dans quelles directions doit-on aller? Et quel avenir prévoyez-vous pour l'EU?

Une réforme de l’UE est effectivement indispensable. L’Union Européenne devrait tout d’abord reconnaître que ce fut une erreur de procéder à un élargissement sans principe, et elle doit en tirer les conséquences.
Il convient d’adopter la règle « opting-in/opting-out » permettant à des pays de ne conserver que ce qu’ils peuvent supporter des réglementations communautaires. Nous aboutirions alors à une UE fonctionnant sur le modèle des cercles concentriques, avec des niveaux d’intégration différents.
Il faut, aussi, que l’Union européenne mette rapidement en œuvre des protections douanières à ses frontières afin de se protéger contre les pays qui font soit du dumping social soit du dumping écologique.
Il faut, enfin, réaliser entre pays qui sont prêts à la faire une harmonisation des règles sociales et fiscales, quitte à mettre des montants compensatoires (des droits de douanes internes) entre pays acceptant cette harmonisation sociale et fiscale et pays la refusant.

12. Certes cette alternance qui s'est réalisée en 17 ans va bouleverser beaucoup le paysage sociopolitique de la France. Quels changements prévoyez-vous?

L’alternance politique est certes importante, mais je ne crois pas qu’elle va bouleverser le paysage sociopolitique. Nous ne sommes plus en 1981, quand François Mitterrand fut élu. L’impact de la crise, actuelle et à venir, sera de loin plus important.

Nous pouvons avoir un changement pour le meilleur, si François Hollande faisait preuve de courage et de volonté dans sa relation avec l’Allemagne et avec Bruxelles. Une crise assumée et choisie - on pourrait dire même voulue - souderait ce qui pour l’instant n’est qu’une majorité par défaut en une réelle majorité de projet. En mettant en place des mesures unilatérales, en procédant le cas échéant par réquisition, François Hollande peut espérer relancer la croissance et permettre une meilleure répartition des revenus ce qui, rappelons-le, a été une des causes pour lesquelles il a été élu.

Mais nous pouvons avoir aussi un changement pour le pire, avec un François Hollande acceptant, bon gré mal gré, les diktats allemands et bruxellois, se résolvant à des politiques de rigueur sans cesse renouvelées. Dans ce cas, il ne fait guère de doute qu’il perdait rapidement la faible légitimité qu’il possède actuellement. Nous connaîtrions alors une crise politique rampante, et les partis contestataires, de droite comme de gauche, auraient alors, dans cette hypothèse, un bel avenir devant eux.

13. La France est un pays très dépendant du nucléaire. Hollande a promis de réduire la proportion de l'énergie nucléaire. Est-ce qu'il va arriver à la réduire sensiblement?

Nous connaîtrons, certes, des mesures symboliques en ce domaine, comme François Hollande s’y est engagé durant la campagne électorale. Mais, une partie de la compétitivité de l’économie repose sur le faible coût de l’électricité en raison justement de l’énergie nucléaire.
Le coût de développement des autres énergies renouvelables est encore très élevé. Les éoliennes ont un rendement faible, la géothermie soulève le risque de petits tremblements de terre localisés, enfin le photovoltaïque n’est pas pour l’instant rentable sans des subventions importantes. Il n’y a pas, pour l’heure, d’alternative à court terme au nucléaire. François Hollande devra reconnaître cet état de fait.

Mais, il lui faudra aussi penser dans le long terme. Or, et c’est l’un des problèmes de l’économie française, nous n’avons plus d’institution capable de développer des stratégies sur 20 ou 25 ans, ce qui est absolument nécessaire dès que l’on aborde les problèmes de l’énergie. L’apport potentiel le plus important de François Hollande pourrait être dans la reconstitution d’une institution de planification stratégique française, dont la nécessité s’impose que ce soit dans le domaine des énergies nouvelles ou dans d’autres domaines, et dont l’utilité sera évidente pour construire de concert avec nos partenaires européens des politiques industrielles coordonnées.

14. Hollande a promis le retrait  plus avancé des troupes françaises d'Afghanistan. Ceci implique l'éventuel changement des relations avec les Etats-Unis. Quels changements prévoyez-vous?

Cette mesure est largement symbolique. Le retrait serait, pour François Hollande effectif à la fin de l’année 2012 alors qu’il le serait, si on suivait le calendrier de Nicolas Sarkozy, à la fin de 2013. La différence n’est pas grande…
Par contre, il est clair que la relation avec les Etats-Unis sera modifiée. Nicolas Sarkozy était devenu par la force des choses un allié très soumis aux décisions américaines. On peut espérer qu’il n’en sera pas de même avec François Hollande. Sur la question du projet de défense anti-missiles, qui est poursuivi par les Etats-Unis en Europe, et qui est une cause de conflit avec la Russie, tout comme sur la politique d’expansion de l’Otan, il est clair que l’on peut s’attendre à des différences importantes d’appréciation entre Paris et Washington.

15. Et quels changements pour la Corée du Sud ?

Pour l’économie coréenne, les deux principaux problèmes seront bien entendu la dépression que la zone Euro connaît actuellement, et les risques grandissants sur l’Euro lui-même. De ce point de vue, si François Hollande arrivait, par miracle, à faire changer la politique économique de l’UE, cela ne pourrait qu’avoir des résultats positifs pour la Corée.
Dans le domaine politique, il faut espérer que la vision internationale de François Hollande sera moins conventionnelle et conservatrice que celle de son prédécesseur, et qu’il mettra en avant réellement les principes de diplomatie dans un monde multipolaire. La France a été absente de l’Asie dans une large mesure. La Chine est souvent, avec le Japon, considérée comme le seul pays qui compte. Mais il faut que nous ayons une véritable politique asiatique, et ceci, logiquement, impliquerait un resserrement de nos relations avec la Corée.
Article paru sur le site :
http://www.marianne2.fr/Sapir-Hollande-ne-pourra-reorienter-l-Europe-sans-provoquer-une-crise_a217396.html
Par laique - Publié dans : Crise financière et économique
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 12:13

  De notre envoyée spéciale , avec Anis Allik, publié le 10/05/2012

 

Algérie: des mosquées et des urnes

Le salafisme, une version rigoriste de l'islam, mobilise de plus en plus, notamment en Algérie. Et s'inscrit dans le paysage urbain: tunique pour les hommes, hijab pour les femmes.

L.ABIB/SIGNATURES

Les élections législatives de ce jeudi 10 mai ne passionnent pas la population algérienne. Pour elle, l'islam est une valeur refuge. Vingt ans après la dissolution du FIS et le début de la guerre civile, le discours salafiste imprègne la société. 

Une mosquée, sinon rien... A Dar el-Beida, dans la banlieue d'Alger, la cité Krim Belkacem aura l'an prochain son minaret. A l'origine, pourtant, des promoteurs avaient prévu de construire un centre commercial sur ce lotissement en bordure d'autoroute. Les habitants en ont décidé autrement. Ils ont créé une association, engagé une bataille judiciaire. Puis, au début du mois d'avril, voyant qu'ils n'obtenaient rien, ils ont pris les choses en main. Aujourd'hui, le terrain est entouré de palissades de chantier et les excavatrices de Khalil Merbah, un entrepreneur du cru, sont à l'oeuvre. Il est l'un des principaux contributeurs du projet. Un autre habitant a, lui, fourni le gravier. Au total, la mosquée coûtera 2 millions d'euros à ses généreux donateurs. Il y en a une autre, toutefois, juste en face, de l'autre côté de l'autoroute, dont l'imposant minaret de béton domine déjà le paysage. Et il suffit pour s'y rendre d'emprunter un passage souterrain...  

Le cas de Dar el-Beida n'est pas isolé. Dans le quartier d'Ibn Sina, à Oran, une pétition circule depuis quelques semaines, exigeant des autorités qu'elles construisent une mosquée sur un terrain communal récemment libéré, au lieu de la Maison de jeunes envisagée.  

La religion prime tout 

De l'avis général, jamais le besoin d'islam et la pratique de la religion n'avaient pris en Algérie une telle importance. Les téléprédicateurs des chaînes du Golfe, qui débitent des fatwas (décrets religieux) à la demande, font un tabac. Les sites spécialisés accueillent des milliers d'internautes. Les causeries sur les textes coraniques font le plein. "La religion prime tout", affirme Nabil, un étudiant en droit de Badjara, quartier populaire de la capitale. Pour être sûr de ne pas être dans le péché, il consulte régulièrement l'imam de sa mosquée. Comme beaucoup d'autres, il a décidé de refuser les prêts bonifiés de l'Agence nationale de soutien à l'emploi des jeunes. Au nom de la charia, la loi islamique, qui proscrit le versement d'intérêts... 

La classe politique algérienne largement déconnectée du pays réel

En janvier 1992, l'armée avait préféré casser les premières élections libres de l'Algérie indépendante plutôt que d'accepter la victoire annoncée des islamistes du Front islamique du salut (FIS). Vingt ans - et une guerre civile - plus tard, le FIS est toujours interdit et ses anciens dirigeants restent privés d'activité politique. Mais l'islamisme, lui, gagne les coeurs et les esprits. "Le projet islamiste dépasse les enjeux partisans, souligne, pour s'en féliciter, Hachemi Sahnouni, l'un des membres fondateurs du parti dissous. Nos idées sont là, elles s'expriment dans la société."  

Elections, mode d'emploi

44 partis, dont une demi-douzaine de formations islamo-conservatrices, présentent des candidats aux législatives du 10 mai. Il s'agit d'un scrutin à la proportionnelle, mais seules les listes qui auront obtenu au moins 5% des suffrages auront des sièges. Juridiquement, la nomination du Premier ministre est du ressort exclusif du président de la République, qui n'est donc pas lié par la majorité parlementaire. La nouvelle Assemblée devra adopter des amendements à la Constitution, en principe avant l'élection présidentielle, prévue pour 2014. 

Au sein de l'Etat, aussi: depuis la fin des années 1990, et notamment depuis la politique de "réconciliation nationale" voulue par le président Abdelaziz Bouteflika, certains islamistes ont été associés au pouvoir. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) de Bouguerra Soltani aligne ainsi une cinquantaine de députés et quatre ministres. Tandis qu'au Maroc ou en Tunisie les partis appartenant à cette mouvance, majoritaires dans les urnes, représentent de véritables courants d'opinion, la classe politique algérienne reste, elle, largement déconnectée du pays réel. Y compris les formations qui se réclament de l'islam politique. "Il y a d'un côté le système, ses appareils et ses réseaux; de l'autre, le reste de la population. Ce sont deux sociétés qui s'ignorent", souligne le politologue Chafik Mesbah.  

Abdallah Djabballah et Bouguerra Soltani. Ces deux islamo-conservateurs sont à la tête de partis politiques et participeront aux élections du 10 mai.

Abdallah Djabballah et Bouguerra Soltani. Ces deux islamo-conservateurs sont à la tête de partis politiques et participeront aux élections du 10 mai.

Reuters/Ramzi Boudina

Ces dernières années, les islamo-conservateurs se sont, selon l'heureuse expression du sociologue Nacer Djabi, "rapprochés de la rente" [NDLR : l'argent du pétrole]. Répartis dans une demi-douzaine de petites formations politiques, toutes plus ou moins affiliées à la mouvance des Frères musulmans (1), ils ont aujourd'hui leurs réseaux dans les administrations locales et sont très présents dans les institutions de l'Etat, où ils n'ont aucun mal à trouver un terrain d'entente avec ceux que les Algériens ont surnommés les "barbéfélènes", l'aile conservatrice du FLN. Auront-ils davantage de poids dans la future Assemblée populaire nationale ?  

"Les salafistes ont une vraie capacité de mobilisation"

Constamment surveillé, celui-ci continue d'animer régulièrement des cercles de prière. Postés sur YouTube, ses prêches, très politiques, lui valent toujours des milliers de clics. Il est néanmoins difficile de dire ce qu'il représente encore dans un pays dont près de la moitié de la population a moins de 25 ans. "Les jeunes ne savent pas ce qu'a été le FIS", affirme Chafik Mesbah. Une chose est sûre : la mode est aujourd'hui au salafisme "scientifique", qui préfère réislamiser la société plutôt que de s'impliquer directement sur la scène politique. 

Le salafisme c'est quoi ?

Cette mouvance fondamentaliste revendique le retour à l'islam des origines. Dans sa forme "scientifique" ou "quiétiste", elle prône la prédication et s'oppose à la désobéissance civile. Il existe principalement deux autres catégories: le salafisme "activiste", qui croit à l'action politique, à l'oeuvre depuis les printemps arabes dans plusieurs pays, et le salafisme "djihadiste", version Al-Qaeda, partisan de la violence.  

C'est l'autre visage de l'islamisme algérien. Celui, notamment, du cheikh Mohamed Ali Ferkous. Tous les jours, après la prière du matin et celle de l'après-midi, cet imam de 58 ans, formé en Arabie saoudite, rassemble ses disciples dans une boutique qui jouxte la mosquée verte et blanche du Vieux Koubah - un quartier algérois qui fut un fief du FIS -, dans laquelle il officie. L'accoutrement salafiste - la longue tunique des hommes du Golfe, un peu raccourcie afin de montrer le peu d'intérêt que l'on apporte à sa toilette, le calot de coton - est ici de rigueur. La barbe, elle, se porte longue, de préférence en broussaille, parfois teintée au henné, comme celle du cheikh. Afin de diffuser ses fatwas et ses conseils, le maître dispose également d'une permanence téléphonique et d'un site Internet. Il est aidé dans cette tâche par une équipe de bénévoles. Ali, désigné pour répondre aux questions de L'Express, en fait partie. Selon le jeune homme, les préoccupations exprimées le plus souvent par les fidèles concernent le couple et le divorce. L'enseignement du cheikh porte aussi sur les "mécréants", dont il convient de "s'éloigner", et qu'Ali classe en trois catégories, selon qu'ils sont plus ou moins fréquentables : les "gens du Livre", les "idolâtres", qui professent d'autres religions, et les athées. 

Une vraie capacité de mobilisation

Dans un pays où les adhérents des partis et les clients du pouvoir sont pratiquement les seuls à se déplacer pour aller voter, le dosage entre les différents courants cooptés pour participer au jeu politique est le seul enjeu des élections législatives du 10 mai. Trois formations islamo-conservatrices, dont le MSP, ont décidé d'unir leurs forces en présentant des listes uniques. Deux autres ont préféré rester à l'écart de cette "alliance verte", dans l'espoir de séduire une partie l'électorat de l'ex-FIS. Elles ont d'ailleurs obtenu le soutien de certains de ses anciens dirigeants, dont Hachemi Sahnouni. Mais pas celui d'Ali Belhadj, le chef de file de la branche salafiste de l'ex-FIS, qui a, lui, appelé au boycott du scrutin.  

Leur discours moralisateur, égalitaire et anticorruption séduit les jeunes 

On aurait tort de croire cette mouvance marginale. "Contrairement aux islamo-conservateurs officiels, peu représentatifs, les salafistes ont une vraie capacité de mobilisation, affirme Zoubir Arous, chercheur en sociologie et enseignant à l'université d'Alger II. Ils sont très présents dans les quartiers populaires et dans le commerce informel. Leur discours moralisateur, égalitaire et anticorruption séduit les jeunes. La dévitalisation du champ politique leur ouvre un boulevard." Un constat partagé par H'mida Ayachi, directeur du quotidien Algérie News et spécialiste reconnu du fondamentalisme algérien. "Les salafistes, dit-il, assurent aujourd'hui l'encadrement idéologique et culturel de la société. Ils sont aussi très impliqués dans les associations qui militent pour la construction de nouvelles mosquées, comme dans le secteur caritatif. Les jeunes n'écoutent qu'eux."  

Les mosquées sontpleines et, danscertains quartiers,les habitants étalentleur tapis de prièredans la rue.Ici, à Babel-Oued.

Les mosquées sontpleines et, danscertains quartiers,les habitants étalentleur tapis de prièredans la rue.Ici, à Babel-Oued.

JPGuilloteau/L'Express

Ce "prêt-à-penser" salafiste est relayé auprès des croyants ordinaires, dans une version plus grand public, par certains imams du vendredi. Construite dans les années 1970, la mosquée du Plateau, en plein centre-ville, est devenue trop exiguë pour le nombre de fidèles qui s'y pressent chaque vendredi. Les retardataires ont pris l'habitude d'étaler leurs tapis de prière à l'extérieur, entre les voitures, sur une petite place qui sert aussi de parking. Tandis qu'ils s'installent, le haut-parleur crache le prêche du jour. Les fidèles sont invités à se méfier de "ceux qui glorifient l'Occident", à ne jamais "pactiser avec les mécréants", ni avec les "musulmans hypocrites"... Un message troublant de la part d'un imam fonctionnaire de la République. 

(1) Mouvement islamo-conservateur panarabe né en Egypte en 1928, véritable matrice de l'islam politique. 

 

Article paru sur le site :

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/algerie-des-mosquees-et-des-urnes_1112934.html?xtor=RSS-3011&google_editors_picks=true

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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 10:49

Analyse: la carte de France du second tour

Par , publié le 07/05/2012 à 17:47, mis à jour à 19:51

Analyse: la carte de France du second tour

Les chiffres du second tour de l'élection présidentielle, qui a vu la victoire de François Hollande.

REUTERS REUTERS/Yves Herman

Quel département a le plus voté? Le moins? Blanc, nul? Où Hollande fait-il son meilleur score? Où Sarkozy en a-t-il perdu le plus? L'analyse du second tour, région par région. 

Le vote Hollande

L'outre-mer a plébiscité le nouveau président de la République. La liste décroissante de ses scores par département place aux 3 premières places la Guadeloupe (71,9%), la Réunion (71,5%) et la Martinique (68,4%). En 2007, la Réunion et la Martinique étaient respectivement 1ère et 2e pour le vote en faveur de Ségolène Royal, avec déjà plus de 60% des suffrages, mais la Guadeloupe était alors bien plus loin (29e, avec 50,8% seulement). Il faut sans doute voir, dans ce bond de 21 points pour le candidat socialiste, un rejet particulièrement fort du président sortant dans l'archipel guadeloupéen. Les émeutes du début 2009 ont visiblement laissé des traces. 

Suivez en direct les dernières infos après l'élection de François Hollande 

Retrouvez les résultats du second tour de l'élection présidentielle dans votre commune sur notre carte interactive 

Hier, 61 départements français sur 101 (il faut désormais compter Mayotte) ont accordé une majorité de leurs suffrages à François Hollande alors qu'ils n'avaient été que 32 à faire de même pour Ségolène Royal en 2007. En métropole, c'est en Seine-Saint-Denis que le nouveau président obtient son meilleur score (65,3%), devant la Corrèze (64,9%) et l'Ariège (64,7%). Viennent ensuite la Haute-Vienne, les Hautes-Pyrénées, la Guyane, le Lot, la Creuse et le Puy-de-Dôme. Au total, douze départements ont voté à plus de 60% pour François Hollande. Le 10 mai 1981, 65 départements avaient placé François Mitterrand en tête mais il n'avait passé la barre des 60% que dans sept d'entre eux. Le tiercé gagnant de l'époque était l'Aude (63,7%), l'Ariège (63,2%) et la Seine-Saint-Denis (63%), devant la Nièvre et la Haute-Vienne. 

Certes, François Hollande a réalisé hier, avec 51,63%, un score quasi équivalent à celui de François Mitterrand en 1981 (51,76%). Certes, l'Ariège, la Haute-Vienne et le 93 sont toujours des bastions de la gauche. Mais les similitudes s'arrêtent là ou presque. 

En 1981, l'Outre-mer était encore très légitimiste, Valéry Giscard d'Estaing avait obtenu plus de 78% en Guadeloupe, 80,5% en Martinique et 63% à la La Réunion. François Hollande a réalisé hier entre 28 et 50 points de plus que son illustre pérédécesseur dans les 5 DOM, les temps ont bien changé... 

En métropole, la géographie des écarts entre Hollande 2012 et Mitterrand 1981 est très instructive. Le nouveau président fait beaucoup mieux que l'ancien en Ille-et-Vilaine (+ 9,9 points), dans le Finistère et les Deux-Sèvres (+ 9,8), en Lozère (+ 9,4), à Paris (+ 9,2), dans la Manche (+ 9), dans le Cantal (+ 8,7) et le Puy-de-Dôme (+ 8,5). Dans l'ouest de la France et à Paris, le glissement à gauche de l'électorat est un phénomène déjà ancien, qui a été beaucoup analysé. Dans le massif Massif central (hors Corrèze), c'est une spécificité du nouveau président de la République, qui semble récupérer sur ces terres une bonne partie d'une l' électorat jadis chiraquien. 

La liste des départements où Hollande recule par rapport au score de Mitterrand en 1981 est tout aussi édifiante. Près de 11 points de perdus dans le Var et le Vaucluse, -10 dans les Alpes-Maritimes, -9 dans les Bouches-du-Rhône et le Gard, -7 dans l'Aube, l'Aude et l'Oise, -6 en Haute-Marne et dans le Territoire de Belfort, -5 points dans les Pyrénées-Orientales, le Lot-et-Garonne, l'Hérault et l'Ain... En trois décennies, la gauche a fortement reculé sur toute la façade méditerranéenne, où la population a beaucoup progressé en "s'embourgeoisant" nettement, mais aussi dans le nord-est de la France, du bassin parisien aux portes de l'Alsace. 

Le vote Sarkozy

Avec 48,4% des voix, le président sortant n'est resté majoritaire que dans 40 départements, quand il l'avait emporté dans 69 d'entre eux en 2007. Un seul lui a fait confiance hier après avoir préféré Ségolène Royal en 2007: Mayotte. A ce confetti de l'Océan indien, peuplé de 252 000 habitants, Nicolas Sarkozy a accordé au 31 mars 2011 le statut très envié de département d'outre-mer et les électeurs lui en ont été reconnaissants en votant pour lui à près de 51% (40,2% il y a cinq ans).  

Les 51% de Mayotte sont loin de faire de l'île tropicale un fief de la droite. Les meilleurs scores de Sarkozy, c'est sur la Côte d'Azur et en Alsace qu'on les observe: 64,2% dans les Alpes-Maritimes, 63,4% dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, 62,6% dans le Var et 60,1% en Haute-Savoie. En Corse-du-Sud, dans l'Aube, l'Ain, le Vaucluse, la Vendée et la Marne, l'ancien président rassemble entre 55 et 60% des suffrages. Comme le montre notre carte interactive, c'est la France du bassin parisien, de l'Est et du sud-est qui est restée fidèle à Nicolas Sarkozy. Le centre du pays, mais aussi le nord, le sud-ouest et l'ouest - à l'exception de quelques départements ruraux allant de la Vendée au Cotentinà la Manche -, se sont ralliés hier à son adversaire socialiste. 

Entre 2007 et 2012, le recul de Nicolas Sarkozy n'a pas été uniforme sur l'ensemble du pays. Au-delà de la dégringolade de 21 points déjà évoquée en Guadeloupe, on notera que son score a baissé en cinq ans de 15 points en Guyane, de 12 en Corrèze, ce qui ne constitue pas une surprise, de 9 en Seine-Saint-Denis et de près de 8 points en Martinique, à la Réunion, en Haute-Vienne, ainsi que dans la Creuse et le Cantal. L'ensemble de l'outre-mer, mais aussi le massif Massif central et les banlieues populaires franciliennes ont rechigné à déposer le même bulletin dans l'urne qu'en 2007. En revanche, dans une petite dizaine de départements, Nicolas Sarkozy ne connaît qu'un recul très limité. En Vendée tout d'abord (-1,5), dans les deux départements alsaciens, en Mayenne, dans les Deux-Sèvres, le Morbihan, le Var, la Haute-Savoie et le Maine-et-Loire, l'érosion du vote Sarkozy est inférieure à 3 points, contre -4,7 dans l'ensemble du pays. 


http://pouvoirpolitique.com/wp-content/uploads/2012/05/carte-resultat-second-tour-2012-677x677.jpg

La participation

Comme au premier tour, le département le plus civique de France a été le Lot, où 86,6% des électeurs se sont déplacés. Juste derrière vient la Corrèze, mobilisée à fond pour soutenir son champion. Comme d'habitude, c'est dans les DOM-TOM que la participation a été la plus faible, de 38,1% (Saint-Martin) à 76,5% (Wallis et Futuna). En métropole, les électeurs les plus abstentionnistes se rencontrent dans les deux départements corses (75,7% au sud, 76,9% au nord), en Seine-Saint-Denis (76,4%), dans le Nord (77,9%) et en Moselle (78,1%). 

Entre les deux tours, l'abstention a reculé de 0,9 points en moyenne sur la France, passant de 20,5% à 19,6%. Le recul a été beaucoup plus net dans les quatre DOM - + 9,6 points de participation en Guadeloupe notamment - mais ce sont des départements où elle était très faible au premier tour, ce qui atténue la portée du phénomène. En métropole, c'est en Ile-de-France et en Corse que sont enregistrés les plus forts réveils d'abstentionnistes du premier tour: + 3,4 points de participation dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine, autour de + 3 points dans le Val d'Oise, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne et à Paris. Le réveil a donc été quasiment identique dans les zones marquées à gauche ou à droite.  

Cette mobilisation n'a pas été générale. Dans 32 départements, les électeurs ont même été moins nombreux hier qu'au premier tour. Dans la Loire, en Savoie, en Haute-Garonne, dans l'Isère, la Sarthe et l'Ille-et-Vilaine, le recul de la participation est supérieur à 0,5 point entre les deux tours. Et aucun de ces départements ne figure parmi les 20 plus beaux scores de Marine Le Pen. Il s'agirait plutôt de zones de force pour François Bayrou, Eva Joly ou Jean-Luc Mélenchon et il est possible que certains de leurs électeurs aient choisi l'abstention. 

Les blancs et les nuls

2,146 millions de bulletins blancs ou nuls (5,8% des votants), c'est un record absolu sous la Ve République. La géographie de leur répartition est intéressante: c'est en Haute-Saône qu'ils ont été les plus nombreux (8,3% des votants), devant les Vosges, la Haute-Loire et le Territoire-de-Belfort. Puis viennent, tous avec des taux de blancs et nuls supérieurs à 7%, la Martinique, la Meuse, la Haute-Marne, l'Indre, le Cher, le Pas-de-Calais, la Guadeloupe, l'Allier, le Jura, l'Aude et le Lot-et-Garonne.  

Les points communs de tous ces départements, hormis les DOM? Un vote Le Pen partout supérieur à sa moyenne nationale au premier tour et un faible niveau d'instruction de la population. Si on ajoute que les quatre départements où le nombre de bulletins blancs et nuls a été multiplié par 4 et plus entre les deux tours (les Ardennes, la Meuse, l'Aisne et le Gard) ont tous voté Marine à plus de 25%, la corrélation entre vote FN au premier tour et vote blanc au second est flagrante. 

A contrario, les départements où le plus faible nombre de blancs et nuls a été enregistré hier sont ceux où le vote FN était relativement faible au premier tour: les Hauts-de-Seine, les Yvelines, le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis et le Rhône n'en ont comptabilisé qu'entre 4 et 5% et Paris détient le record  (3,2% seulement). 

Les reports de voix entre les deux tours

Pour analyser ces reports de voix, L'Express s'est basé sur les projections concernant le vote des électeurs de Marine Le Pen et de François Bayrou. A savoir qu'un électeur centriste sur 3 et un électeur du FN sur 6 aurait voté socialiste au second tour et qu'un électeur du FN sur 6 aurait fait de même. Ce n'est pas un scénario de politique-fiction mais bien une analyse issue des enquêtes d'opinion, d'une observation attentive des scrutins antérieurs antérieurs et des intentions de vote exprimées par les électeurs, des phénomènes qui se reproduisent depuis quelques années, aussi bien pour les sympathisants centristes que lepénistes. 

Avec ce scénario, François Hollande aurait dû rassembler au second tour 50,4% des suffrages. Les 1,2 points supplémentaires observés dans la réalité électorale d'hier peuvent venir de deux phénomènes: soit le candidat socialiste a bénéficié du renfort d'abstentionnistes plus nombreux que son adversaire, mais notre chapitre précédent surla géographie de la participation prouve que cela n'a pas été flagrant; soit il a bénéficié de meilleurs reports de la part des électorats centriste et frontiste. Cette clé de répartition est légèrement sous-évaluée et c'est sans doute plutôt de cela qu'il s'agit. 

En appliquant cette projection département par département, il est possible de tirer des conclusions sur les disparités géographiques de reports des électeurs FN et Modem. Ainsi, dans le Pas-de-Calais, la Somme et l'Aisne, mais aussi en Charente, dans la Nièvre, la Haute-Vienne et la Creuse, la projection préparée a minoré de plus de 4 points le résultat final de François Hollande. Autrement dit, dans le nord de la France, où Marine Le Pen avait réalisé quelques-uns de ses meilleurs scores du premier tour, une bonne partie de ses électeurs sont revenus dans le giron de la gauche, qui sont souvent leurs anciennes amours, et François Hollande a réalisé un meilleur score qu'attendu. Il en est de même, à un moindre niveau, en Charente, dans la Nièvre, la Haute-Vienne et dans la Creuse, même si là-bas, les scores du FN étaient beaucoup moins impressionnants. Dans toutes ces régions, les électeurs du FN se sont manifestement davantage reportés sur François Hollande qu'ailleurs. 

A l'inverse, la projection (basée, on le rappelle, sur un scénario de vote socialiste par un électeur centriste sur 3 et par un électeur frontiste sur 6) ne s'est pas vérifiée en Alsace et en Paca. Ddans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, les scores de François Hollande sont inférieurs à ce que l'on pouvait attendre. A priori, les reports du Front national et de François Bayrou, ont davantage profité à Nicolas Sarkozy. Il en est de même en Provence-Alpes-Côte d'Azur où l'électorat lepéiniste a massivement choisi le président sortant. François Hollande aurait "dû" faire près de 3 points de plus que son score effectivement réalisé hier. Or cette région d'Alsace présente la particularité de voter davantage Bayrou et Le Pen que le reste du pays. En Paca, où le nouveau président perd entre 1 et 2 points par rapport au score prévu, ce sont les électeurs du FN (Bayrou a obtenu en Paca des scores très faibles, entre 6 et 7%) qui sont venus grossir les rangs déjà bien fournis d'électeurs sarkozystes. 


Conclusion, les électeurs de Marine Le Pen n'ont pas voté de la même manière au second tour selon les régions. Ils ont plutôt voté à droite quand ils habitent en Alsace (et en Paca), davantage à gauche en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais. Et ça, c'est une information riche d'enseignements dans la perspective du mois de juin: c'est dans ces régions que se situeront la plupart des points chauds des législatives à venir .

Article paru sur le site :

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/les-resultats-du-second-tour-a-la-loupe_1112219.html

 
Par laique - Publié dans : Présidentielle 2012
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Le courage ,c'est de chercher la vérité et de la dire , c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Jean  Jaurès ( Juillet 1903)

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