Citation

Critiquer et combattre les religions est et restera toujours pour les incrédules non seulement un droit inaliénable, mais un devoir impérieux tant que ces religions resteront oppressives.Et elles ne peuvent mieux les inciter à le faire qu'en osant invoquer les droits de l'Homme au secours de Dieu qu'en osant se réclamer des Lumières pour défendre l'obscurantisme , qu'en osant brandir l'étendard de la tolérance contre le libre examen et qu'en osant prétendre lutter contre le racisme quand elles cherchent à perpétuer l'asservissement .

René Pommier
Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 12:56
Samedi 25 Février 2012


Eugène publie sur le Blog économique et social des articles de fond sur la société et... En savoir plus sur cet auteur

Une étude du cabinet Proxinvest publiée ce mardi montre que la rémunération moyenne des dirigeants des entreprises du CAC 40 a fait un bond de 34 % en 2010, pour un montant de 4,11 millions. Il faut noter toutefois qu'en 2006, avant la crise, elle s’élevait à 5,7 millions d’euros. Mais dans cette liste de patrons français, une « short liste » de onze patrons dépasse allègrement les 240 fois les SMIC (soit 4,0 millions d’euros par an). Le fossé se creuse...


Notez que les chiffres du cabinet Proxinvest prennent en compte les stocks options, mais pas les retraites chapeau qui peuvent s’élever à 500 000 euros par an. Si l’on prend le cas des quatre patrons qui dépassent les 9,5 millions d’euros, on peut estimer que leur salaire correspond aux frais de fonctionnement d’une usine d’au moins 150 personnes. Soit encore, pour pouvoir bien comparer, l’équivalent de 568 fois le SMIC annuel !


(Proxinvest)
(Proxinvest)

Invincibles

Le pire de cette situation est que ces rémunérations extraordinaires ne tiennent pas toujours compte de la réussite d’objectifs puisque certains patrons peuvent régulièrement rater leurs objectifs et empocher tout de même leur immense prime.
 
Que signifie ce monde ou l’écart entre le revenu du pauvre (à plein temps) et celui du riche salarié dépasse 600. Un homme, par son intelligence, son savoir, ses relations, ses performances peut-il valoir plus de 600 ouvriers ?
 
Ne peut-on pas trouver un dirigeant aussi bien, voire mieux et moins cher ?
 
Que penser des cas où les objectifs ne sont pas atteints et l’énorme prime systématiquement empochée ?
 
Que penser des patrons qui ont fait n’importe quoi dans leur précédente entreprise, mais qui sont « recasés » rapidement à un poste similaire ?
 
Il ne s’agit plus de surhomme, mais bien de brigandage, non ? Ceci est d’autant plus choquant que la crise est toujours présente et que les 11 patrons les plus gâtés ne sont pas toujours ceux qui ont fait le plus progresser leur entreprise. Il s’agit bien d’une caste d’invincibles qui décident de l’emploi des autres par une simple signature en bas d’une page et qui, en coulisse, se goinfre comme jamais.

Un système à défendre

Il est loin le temps au Rockefeller conseillait que le salaire d’un dirigeant ne dépasse jamais le rapport 40, aujourd’hui, en pleine crise nous somme parfois a 600 ! Pourtant, lorsque l’on se demande si un homme peut en valoir 40 autres ce chiffre est déjà grand.
 
Évidemment, certains diront que le pays a plus à faire que de se préoccuper d’une centaine de personnes. Certes, mais plus que des individus, c’est aussi une morale voir tout système qu’il faut défendre et réformer. Nous ne pouvons pas demander aux plus pauvres des efforts lorsque d’autres se « goinfrent » sans limites, l’appât du gain qui pousse à toujours plus de licenciements, à des salaires toujours plus bas et à plus de précarité doit être combattu, c’est un projet de société pas seulement une lutte contre une poignée de gens.

Le cas français

A qui la faute ? Au patronat français. Proxinvest souligne que « la transparence des grandes sociétés françaises et la lisibilité des performances sont inférieures à celles observées dans les pays où les dirigeants sont responsables de leur politique de rémunération devant l'assemblée générale des actionnaires ».
 
En France, « le patronat, qui entend définir seul les règles françaises de bonne gouvernance, s'oppose encore à la légitimation de la rémunération devant l'assemblée des actionnaires »
 
Seul point validé en France par les actionnaires : l’indemnité de départ, les régimes de retraite et les enveloppes d’options et d’actions gratuites.
 
Tout est dit. Les grands patrons sont prompts à délocaliser et monter des plans d’économies - même lorsque l’entreprise se porte très bien - mais ils refusent catégoriquement - contrairement à leurs homologues étrangers - de soumettre leur rémunération à l’actionnariat…

Responsabiliser

La position du MEDEF est encore une fois éloquente : l’autocontrôle ! Si les salariés manifestaient pour autocontrôler leurs salaires et leurs avantages divers, je ne pense pas que le MEDEF les soutiendrait ! Il s’agit donc bien d’un mépris, d’une volonté de mettre une barrière entre les salariés « esclaves » et les patrons « nobles »…
 
La situation est bien pire, une partie de ces fabuleuses rémunérations est sous forme de stock options et leur valeur réelle dépend de valeur de l’action de leur entreprise. Encore une raison pour ces riches personnages de toujours favoriser les annonces faisant plaisir aux actionnaires  - ce qui fait monter la valeur de l’action - au détriment d’une réelle politique saine et de long terme. Proxinvest parle même de manque de responsabilisation des patrons français.
 
Que faire alors ? Taxer plus encore les rémunérations extravagantes en ajoutant une nouvelle tranche d’impôts, interdire les parachutes dorés, limiter les indemnités de départ aux seuls départs où la performance n’est pas en cause - et dans des limites semblables aux autres salariés, interdire les stock-options et les actions gratuites et bien entendu les retraites dorées.

Légiférer afin d’indexer une partie du salaire des grands patrons sur les augmentations moyennes des employés de leur entreprise et en fonction de la variation du nombre d’employés et d’objectifs long terme, les obliger à soumettre le reste de leur rémunération à l’assemblée des actionnaires. Les solutions existent, qui osera les appliquer ?

Retrouvez le Blog économique et social.

Article paru sur le site:
http://www.marianne2.fr/Le-salaire-annuel-du-plus-riche-patron-de-France-568-fois-plus-haut-que-celui-d-un-smicard_a215820.html
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Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 12:52
Samedi 25 Février 2012


Jack Dion
Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre En savoir plus sur cet auteur

Rétrogradée comme simple graal du programme présidentiel sarkozyste, la mise en place d'une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif est avant tout une mesure démocratique nécessaire. Et à en croire Jack Dion : « Plus tôt la France institutionnelle ressemblera à la France réelle, mieux ce sera. »


(Assemblée Nationale - Flickr - Nicolas Buffard - cc)
(Assemblée Nationale - Flickr - Nicolas Buffard - cc)
En remettant sur le tapis la question de la proportionnelle, Nicolas Sarkozy a donné des sueurs froides à quelques ténors de l’Ump pour lesquels une telle hypothèse est l’abomination de la désolation. Ils ont été rejoints en cela pour une cohorte de commentateurs qui considèrent que les besoins d’une majorité stable doivent l’emporter sur toute autre considération. Les uns et les autres ont tort.

En fait, le Président agite un hochet qu’il avait déjà sorti de sa besace en 2007, lorsqu’il voulait appâter les électeurs du FN et du Modem en sachant parfaitement qu’il ne passerait pas à l’acte. S’il avait voulu instaurer une dose de proportionnelle, il en aurait eu tout le loisir puisque la mesure figurait explicitement à son programme.
Le problème est cependant bien réel. En effet, le système actuellement en vigueur est une machine infernale qui permet d’accoucher de majorités non représentatives de la nation.

Voilà une bien étrange conception de la souveraineté populaire qui est à la base de la République. En principe, un homme vaut une voix. Avec le scrutin majoritaire, certains hommes valent plus d’une voix et d’autres, moins. Ainsi, en 2007, la majorité présidentielle regroupée autour de l’Ump a obtenu 54,2 % des sièges alors qu’elle ne représentait que 45 % de l’électorat. Le PS (avec ses alliés) en a lui aussi profité puisqu’avec 24 % des voix, il s’est adjugé 42 % des sièges.  En revanche, les autres partis ont été laminés. Les communistes ont sauvé 15 députés sur 577, soit 2,6 % de sièges alors que leur score électoral était de 4,3 %. Les écologistes n’ont obtenu que quatre députés, soit 0,7 % des sièges pour 3,25% des voix. Le Modem, qui avait obtenu 7,6 % des voix, a dû se contenter de trois sièges (0,5 %). Quant au FN, il n’a eu aucun élu malgré un score de 4,3 %.


Comment pourrait-on se satisfaire d’un arasement qui pousse à une bipolarisation factice en nivelant les diverses sensibilités et en étouffant les légitimités démocratiques ? Par parenthèses, si les Verts et le PS ont signé un accord avant même l’élection présidentielle, c’est parce que les écolos savent que sans le parapluie électoral socialiste, ils risquent de sortir essorés de la future législative, quelle que soit leur influence réelle dans l’opinion.

Ajoutons que le scrutin majoritaire n’est pas sans conséquence sur le profil d’une Assemblée nationale, dont la composition sociologique est  passablement caricaturale. Le système assis sur la circonscription territoriale fait la part belle aux notables locaux et aux professionnels de la politique, rendant très difficile le renouvellement d’une institution où la diversité sociale semble interdite de séjour.

Certains arguent du danger FN pour vanter les mérites du scrutin majoritaire. Et alors ? Ce n’est pas en diabolisant le parti de Marine Le Pen et en l’excluant de toute représentation que l’on règlera le problème. On peut même considérer que l’un des moyens de combattre le FN, c’est de le mettre face à ses responsabilités, ne serait-ce que pour mettre à nu l’inanité de ses propositions.

Voilà pourquoi il est urgent d’en finir avec un système électoral qui fait de la France une anomalie en Europe. Il n’est pas question de prôner une proportionnelle intégrale dont on connaît les travers à travers l’expérience calamiteuse de la IVème République, ou celle d’Israël aujourd’hui. En revanche, il est parfaitement possible d’imaginer un système permettant d’insuffler une bonne dose de proportionnelle dans le scrutin majoritaire afin de donner un second souffle à la démocratie et d’éviter le péril du bipartisme.
Plus tôt la France institutionnelle ressemblera à la France réelle, mieux ce sera.
Article paru sur le site:
http://www.marianne2.fr/La-proportionnelle-incontournable-pour-donner-un-second-souffle-a-la-democratie_a215855.html
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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 18:14
Jeudi 23 Février 2012
Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

Les députés socialistes ont usé de tous les stratagèmes pour éviter d’aborder politiquement la question du Mécanisme Européen de Stabilité. Vote contre, erreurs de vote, refus de commenter. Si c’est et bien la droite qui porte la responsabilité du vote du MES, le PS s’est surtout fait remarquer par l'incohérence de sa consigne de vote, l'abstention, avant tout destinée à éviter le retour du clivage apparu au sein du PS lors du TCE.


cc flickr ell brown
cc flickr ell brown
Décidément, il plane sur l’Europe politique comme un épais brouillard. Mardi, les députés ont voté en majorité pour le Mécanisme Européen de Stabilité, 261 voix pour, 44 contre et 133 abstentions.
Les élus UMP ont à la quasi-unanimité –à deux exceptions près- voté pour ce « FMI européen ». Les députés socialistes, quant à eux, dans leur grande majorité (20 d'entre eux ont tout de même voté contre), ont choisi de s'abstenir alors même que le MES est étroitement lié au Traité Merkozy que François Hollande  affirme vouloir renégocier s'il parvient à l'Elysée.

En choisissant de ne pas choisir, les parlementaires socialistes ont surtout voulu éviter de faire resurgir les lignes de fracture apparues lors du débat référendaire de mai 2005, dont les leçons – le refus de tout débat sur le MES en est la meilleure preuve - n’ont toujours pas été tirées.  Car au-delà du contexte politique, c’est le fonctionnement même de l’Union européenne,  « une « boîte noire » au sein de laquelle les décisions sont prises sans que les exigences de publicité et de transparence soient complètement remplies, et sans que les raisons qui fondent les décisions prises soient suffisamment perceptibles par les citoyens » explique Thierry Chopin, docteur en Sciences politiques à l’IEP Paris. Un déficit de légitimité démocratique devenu intolérable au fur et à mesure que son intervention touche à la vie quotidienne de l’ensemble des citoyens européens. Avec la tutelle imposée par le MES, les peuples seront désormais dépossédés de tout pouvoir budgétaire.

La veille du vote, Elisabeth Guigou expliquait dans Le Monde que lors d’une réunion de groupe, elle s’était prononcée pour le « oui » : « Sur le principe, on ne peut pas être contre le Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Ce mécanisme, on en a absolument besoin, même si les conditions de sa mise en oeuvre ne sont pas totalement satisfaisantes. Nous l'avons réclamé. Nous avons intérêt à avoir un mécanisme pérenne et bien doté ».
Finalement, les socialistes se sont abstenus, Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS usant d’une formule qui devrait rentrer dans les manuels d’histoire de tartuferie politique : « Notre abstention est dynamique, offensive. Le vote non aurait donné l'impression de ne rien décider ».

Montebourg s'abstient et fait le pari d'une absence de majorité dans d'autres pays de l'Union

De son côté, c’est sur la pointe des pieds, toute en discrétion, que l’aile gauche du Parti socialiste a voté contre le MES. En témoigne le refus catégorique de Julien Dray et d’Henri Emmanuelli d’expliquer leur vote à Marianne2. Député de l’Ardèche, Olivier Dussopt voyait deux motifs de refus d’approbation du MES. Le premier juridique : « Le lien entre les deux textes, celui concernant le mécanisme européen de stabilité (MES) et le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), est juridiquement contestable. Tous les considérants du projet de traité instituant le MES renvoient à des politiques budgétaires d'austérité ». L’autre plus politique : « Ne pas s'opposer à ce texte risque de brouiller le message que nous voulons porter en ce qui concerne la politique européenne ».

Quant à Arnaud Montebourg,  d'ordinaire aux avant-postes sur ces thématiques, il en est réduit à des arguments relevant de la pure discipline politique pour justifier son abstention: « J'ai considéré que je devais à François Hollande, qui nous a demandé une position commune autour de l'abstention, la loyauté, le respect d'une position commune et unitaire. Je lui dois cela », a déclaré le député. « L'abstention et le vote contre appartiennent à la même famille » a même osé le président du conseil général de Saône-et-Loire avant de s’en remettre à un hypothétique blocage européen estimant que ce traité de discipline budgétaire « ne sera jamais ratifié » en raison de l’absence de majorité dans plusieurs pays de l’Union Européenne. Bref, le « salutaire boulot » que le Parti Socialiste n’aura pas eu l’audace de faire, d’autres le feront. On comprend que les partisans de l'abstention aient été encore plus discrets que ceux qui ont eu le courage de voter contre le MES.

A noter également six erreurs de votes. Selon le groupe socialiste six députés, qui comme par hasard, s’étaient prononcés contre le MES ont fait savoir aux services de l'Assemblée s'être trompés lors du scrutin électronique et avoir voulu s'abstenir.

Interdit de raviver les vieux démons européens

Du même auteur
Abstention, vote contre, erreurs de votes, refus de participer au scrutin. Décidément, beaucoup d’hypocrisies, de louvoiements, de stratégie aussi. Et un seul mot d’ordre, à deux mois des présidentielles, tout le monde en rangs d’oignons et interdiction de raviver les vieux démons dans un tel contexte politique, économique et social.

On notera cependant l'évolution des écologistes qui ont voté contre le mécanisme de stabilité lors d’un premier vote avant de s’abstenir sur les détails du mécanisme. Daniel Cohn-Bendit coprésident des Verts au Parlement européen, avait pourtant déploré l'«hypocrisie de la gauche française, Verts compris» à l'égard du MES dans une interview  à Libération, y voyant «une des rares choses positives qu'on a pu arracher au Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement, et surtout à l'Allemagne». « Il n’est pas question de tomber dans ce piège grossier » avait répliqué Noël Mamère. Pour le député apparenté communiste Jean-Pierre Brard, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel « veulent faire de la Grèce un exemple pour nous faire peur, pour que nous votions sans les regarder de trop près ces textes ».

De son côté, le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a brandi dans l'hémicycle, lors des questions au gouvernement, un faux chèque géant de 140 milliards d'euros à « l'Union européenne » prétendument signé par Nicolas Sarkozy, François Hollande et François Bayrou. Une somme correspondant à la part de la France dans le capital du MES, d'un total de 700 milliards d'euros. Intervenant au Sénat sur la Loi de finances rectificatives, Jean-Pierre Chevènement a exprimé de sérieux doutes quant à l'efficacité du MES« Le MES, en cas de crise grave, ne serait qu’un emplâtre sur une jambe de bois. La mise en œuvre du MES, que vous nous proposez, est liée, dans les considérants des deux traités, à l’acceptation du traité dit TSCG qui impose une austérité à perpétuité : inscription d’une prétendue règle d’or, en fait règle d’airain, dans des procédures constitutionnelles ou quasi constitutionnelles : prohibition du déficit structurel au-dessus de 0,5 % du PIB, apurement sur vingt ans de la dette publique actuellement proche de 90 % du PIB jusqu’à 60 %, soit 1,5 % du PIB supplémentaire par an. Ce n’est plus de la rigueur c’est un exercice de mortification à perpétuité qui nous est offert ».

A trop souligner l'ambivalence  quasi-génétique du Parti Socialiste sur la question européenne on en oublierait presque que c’est d’abord et avant tout le vote de 261 députés UMP qui a permis l’adoption de ce Mécanisme d'Etouffement Social. De la même manière qu’en 2005, les partisans du texte constitutionnel avaient complètement écarté l’hypothèse qu’une critique du texte puisse être formulée, François Fillon a qualifié mardi de « faute historique » l'abstention annoncée des députés socialistes sur la création du MES en s'exprimant devant le groupe UMP à l'Assemblée : « Ils préfèrent fragiliser la zone euro que de voter avec la majorité. Ils préfèrent leur intérêt électoral que l'intérêt général européen. C'est une vraie faute politique qui démontre leur sectarisme ».

Autant d'arguments déjà ressassés en 2005 par des gouvernants qui s'abritent derrière les nécessités supérieures européennes pour s'affranchir des contraintes de la vie politique nationale. Une «  machine à neutraliser politiquement les peuples » pour Marcel Gauchet, un vaste projet de dépossession démocratique, qui outre d’assurer la paix entre les Etats devait pourtant dès son avènement renforcer la prospérité économique de ses adhérents. Aucune clause ne prévoyait la date de présentation de la « douloureuse»: l'addition des abandons de souveraineté et reculs démocratiques dont on mesure aujourd’hui la portée. Le vote négatif du Traité Constitutionnel Européen, aussitôt contourné, mit fin à l'illusion du bouclier européen. Avec le Mécanisme Européen de Stabilité, c'est bel et bien l'avènemenent d'une  « Europe post-démocratique », selon l'expression de Jean-Pierre Chevènement, qui se dessine sous nos yeux.


Va, lis et reviens :

Retrouvez ci-dessous ou en cliquant ici tous les articles de Marianne2 évoquant le MES

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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 22:14

Hamid Zanaz vient de publier L'islamisme, vrai visage de l'islam (Les éditions de Paris, Max Chaleil). Originaire d'Algérie, libre penseur, Zanaz est également l'auteur de L'impasse islamique, la religion contre la vie, préfacé par Michel Onfray, dont j'avais publié la revue par Atheisme.org ICI.

Traducteur et journaliste indépendant, Hamid Zanaz collabore à différentes publications arabes et françaises. Contributeur permanent à la revue de la ligue des rationalistes arabes, Al Awan, il donne aussi des conférences sur l’islam. Il est l’auteur de nombreux essais, tant en arabe qu’en français, sur différents problèmes sociétaux touchant à la religion, à la sexualité, à la politique ou à la science dans le monde islamique.

Voici la présentation de son dernier livre sur la couverture.

Hamid-zanaz

Lire aussi :

Le coup de semonce d'Hamid Zanaz aux fanatiques et islamogauchistes

L’islam des fondamentalistes : une idéologie antisociale, par Hélios d'Alexandrie

_____________________

L’intégrisme islamique est parmi nous, insidieux d’abord puis affirmé, revendiquant ses droits jusqu’au moment où, assez fort, il impose sa loi et punit ceux qui tendent de se dérober à sa tyrannie, comme on le voit dans certaines banlieues avec le voilement forcé des filles et les agressions contre celles qui s’y refusent.

État dans l’État, nourrissant les communautarismes, refusant de se plier aux lois de la République, il proclame que c’est à la République de s’adapter à l’islam. Hamid Zanaz, issu de famille musulmane, connaît l’islam et ses avatars pour avoir vécu en Algérie où il a enseigné la philosophie à l’Université. Sa maîtrise de la langue lui donne accès à des textes savants et des articles habituellement inaccessibles. Écrivain et penseur libre, il dévoile le double visage de l’islam, ses complicités et ses stratégies.

Apprenez à connaître le péril qui guette la démocratie, la liberté de conscience et celle des femmes

À l’heure des printemps arabes, on lira ici avec profit les propos d’un étudiant en médecine égyptien prêt à se débarrasser des vestiges de la civilisation pharaonique et qui considère que l’histoire commence avec l’islam. On découvrira aussi Al Quassimi, cheikh « repenti » du Wahhabisme, devenu l’un de ses critiques les plus radicaux.

L’auteur montre qu’islamisme et islam visent en réalité le même but : imposer la loi musulmane partout dans le monde, l’un ouvertement, l’autre masqué. Ce livre est un cri d’alarme lancé par un homme courageux : ouvrez les yeux au lieu de pratiquer la politique de l’autruche, ne faussez pas le débat par des indignations de pacotille. Apprenez d’abord à connaître le péril qui guette la démocratie, la liberté de conscience et celle des femmes, et sachez déjouer les pièges et les mensonges car, selon la taqîya, mentir pour le bien de la religion n’est pas un péché en islam. Derrière l’affirmation d’une prétendue supériorité de l’islam sur tout pacte social et républicain, se profile l’avant-garde du djihad. Il est grand temps de le savoir.

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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 19:18

Rien. Pas même un point. Avec 25 % d’intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle et 41 % au second, Nicolas Sarkozy obtiendrait aujourd’hui les mêmes scores qu’il y a quinze jours. L’électrochoc par lui espéré d’une entrée en campagne lui permettant de rattraper son retard considérable sur François Hollande n’a pas eu lieu.

Tel est l’enseignement majeur de la dixième vague du baromètre Ipsos-Logica Business Consulting, réalisée les 17 et 18 février – c’est-à-dire après sa déclaration de candidature à la télévision – auprès de 969 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, pour Le Monde, France Télévisions et Radio France.

Jusqu’alors, l’histoire voulait que les présidents sortants, en officialisant leur candidature, bénéficient d’une embellie – ne fût-elle qu’éphémère – dans les sondages. Ce fut le cas de Valéry Giscard d’Estaing, début mars 1981, et de Jacques Chirac, début février 2002. Même chose pour les premiers ministres. Edouard Balladur, fin janvier 1995, et Lionel Jospin, mi-février 2002, avaient eux aussi gagné quelques points après avoir annoncé leur candidature à la présidence de la République. Seul François Mitterrand n’avait pas tiré profit de sa tardive entrée en campagne, fin mars 1988. Mais il était déjà si haut qu’il pouvait difficilement progresser.

Pour Nicolas Sarkozy, cette stagnation est d’autant plus étrange que l’offre électorale, à droite, s’est resserrée. Entre les deux dernières vagues de notre baromètre, Hervé Morin et Christine Boutin ont en effet jeté l’éponge. Certes, l’un et l’autre étaient crédité de scores dérisoires. Mais tout de même : numériquement sans importance, leur retrait n’est, politiquement, pas anodin. Que deux anciens ministres de M. Sarkozy, au moment même où celui-ci entre en campagne, décident de retirer leur candidature et de le soutenir aurait pu avoir quelque impact dans les sondages. Or apparemment, il n’en est rien.

Voilà donc Nicolas Sarkozy en bien mauvaise posture. Outre l’intention de vote, d’autres indicateurs traduisent le caractère délicat de sa situation. Ainsi, quand on demande aux Français qui ils souhaitent voir élu à la tête de l’Etat le 6 mai, 30 % citent spontanément – c’est-à-dire sans qu’une liste de candidats ne leur ait été donnée – le nom de François Hollande, celui de l’actuel président venant en deuxième position (22 %). En mars 2007, le rapport était inversé : 31 % des Français souhaitaient la victoire de Nicolas Sarkozy et 24 % celle de Ségolène Royal.

L’autre indicateur embarrassant pour le président est le pronostic de victoire. 39 % des Français pensent que M. Hollande sera élu, quand 30 % croient en la réélection de M. Sarkozy. Selon les électorats, la certitude de l’emporter est toutefois variable : les électeurs de M. Sarkozy doutent davantage de la victoire de leur champion que ceux de M. Hollande, puisque 20 % des premiers pensent que le candidat du PS sera élu, quand seuls 10 % des seconds estiment que l’actuel président sera reconduit. Partir à la bataille quand une partie des troupes doute de la victoire est toujours délicat.

A deux mois du premier tour, le rapport de forces entre les deux principaux candidats est donc extrêmement stable. Il l’est en réalité depuis trois mois : quand l’un monte ou baisse, l’autre progresse ou régresse dans les mêmes proportions, de sorte que l’écart entre les deux reste à peu près le même.

Dès lors, on voit mal ce qui, désormais, pourrait radicalement changer la donne de l’élection. C’était différent il y a un mois. A l’époque, le resserrement des courbes entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen jetait un doute sur la capacité du premier à se qualifier au second tour.

Quant à la forte poussée enregistrée par François Bayrou entre début décembre et mi-janvier, rien n’empêchait de penser qu’elle perdurerait. Devant le risque d’une élimination du chef de l’Etat au premier tour, certains imaginaient même que le président du MoDem pût servir de recours à une droite prête à changer de leader pour éviter un "21 avril 2002 à l’envers", c’est-à-dire un duel entre le candidat du PS et la présidente du FN.

Aujourd’hui, cette hypothèse d’un "match à quatre" s’éloigne. Depuis la mi-janvier, M. Bayrou et Mme Le Pen se tassent dans les intentions de vote. Après une entrée en campagne d’autant plus réussie qu’elle s’était faite à un moment où l’espace était relativement vacant entre un Nicolas Sarkozy pas encore candidat et un François Hollande encore sans projet, le président du MoDem n’a pas réussi à imposer ses idées dans le débat.

Quant à Mme Le Pen, ni sa participation au bal organisé le 28 janvier par l’extrême droite autrichienne, ni la polémique autour des 500 signatures nécessaires à sa candidature ne lui ont profité.

Quelles menaces pèsent aujourd’hui sur M. Hollande ? La montée de Jean-Luc Mélenchon ? Elle est progressive, mais réelle : en quatre mois, le candidat du Front de gauche est passé de 6 % à 9 % des intentions de vote. Est-ce pour autant un danger pour le candidat socialiste ? A ce jour, non : 87 % des électeurs de M. Mélenchon voteraient pour M. Hollande au second tour.

Mi-janvier, avant le meeting du candidat du PS au Bourget, ils n’étaient que 76 % à faire ce choix. Ce jour-là, en désignant la finance comme son principal adversaire, M. Hollande n’a donc pas empêché M. Mélenchon de progresser au premier tour, mais il a convaincu la quasi totalité de ses électeurs de voter pour lui au second.

Ce qu’il gagne à gauche, M. Hollande le perd en revanche au centre et à l’extrême droite. Mi-janvier, 46 % des électeurs de M. Bayrou et 31 % de ceux de Marine Le Pen se disaient prêts à voter pour lui au second tour. Aujourd’hui, ils ne sont respectivement que 37 % et 19 %. Concernant Nicolas Sarkozy, les reports de voix en provenance de ces deux candidats sont plus stables, la part de ceux refusant de choisir entre lui et son adversaire socialiste ayant tendance à augmenter.

Compte tenu de l’avance de M. Hollande, M. Sarkozy n’a pas le choix : pour resserrer l’écart, il doit absolument mener l’offensive auprès des 35 % d’électeurs de François Bayrou et des 46 % d’électeurs de Marine Le Pen qui refusent aujourd’hui d’exprimer un choix pour le second tour. Ce qui, vu le temps qui reste, ne lui laisse qu’une option : mener une guerre-éclair sur un double front.

T. W.
Rapport complet Baromètre Intention de vote Vague10

 

Article paru sur le site:

http://sondages.blog.lemonde.fr/2012/02/21/353/

Par laique - Publié dans : Présidentielle 2012
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Le courage ,c'est de chercher la vérité et de la dire , c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Jean  Jaurès ( Juillet 1903)

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